Pour le magazine So Foot, qui l’a mis en Une, Nicolas Pottier est « l’homme qui fait trembler le foot français ». Pourquoi ? Parce que cet ancien arbitre assistant international est gay et qu’il dénonce aujourd’hui l’homophobie dont il a été victime au sein de la Fédération Française de Football (dont il est aujourd’hui salarié) et qui l’a conduit à arrêter sa carrière d’arbitre et aller travailler dans des bureaux. Celui qui était le parrain du tournoi international de Paris 2023, organisé par la Fédération sportive LGBT, a déposé trois plaintes contre X.
Pendant ce temps-là, le nouveau président de la FFF, Philippe Diallo déclare ne pas voir « en quoi le football aurait un problème particulier avec l’homophobie ». En plus de l’affaire Nicolas Pottier, on pourrait peut-être citer les chants homophobes dans les stades, le refus de certains joueurs de s’associer à la lutte contre les LGBTphobies, le fait qu’aucun joueur professionnel français n’ose faire son coming-out, et on en passe…


Lors de sa pesée avant d’affronter son adversaire Liam Smith, le boxeur Chris Eubank Jr a arboré un brassard aux couleurs du rainbow flag en guise de réponse aux propos homophobes que son adversaire avait formulé lors de la conférence de presse. Une prise de position claire qu’il a renchérit par un tweet précisant « nous ne discriminons pas… nous n’aliénons pas. Nous voulons que la boxe et le sport dans leur ensemble soient inclusifs ». Une remise en place élégante et fair-play pour rappeler aux boxeurs que le respect fait figure de valeur cardinale chez les pratiquants de cet art.
Simon Dunn était connu pour son engagement sans faille auprès de la communauté LGBT. Pour ce sportif australien de haut niveau ouvertement gay, la question ne se posait pas, les sportifs n’avaient à se cacher. Le jeune athlète a été retrouvé mort dans son appartement le 21 janvier 2023 à tout juste 35 ans.
Campbell Johnstone, l’ancien pilier de 43 ans de la célèbre équipe de rugby néo-zélandaise vient de faire son coming out gay, le 30 janvier dernier. Cette annonce résonne comme une délivrance et une première au sein de cette sélection trois fois championne du monde. « Si je peux être le premier All Black à révéler son homosexualité et qui permet d’empêcher la stigmatisation autour de ces questions, cela peut aider d’autres personnes. Tout le monde saura qu’il y a en un parmi les All Blacks », a déclaré Johnstone. Une déclaration saluée sur le compte officiel Instagram des All Blacks. « Cette histoire contribuera à aider à créer un jeu plus inclusif », ont-ils déclaré. L’ovalie ouvre une fois de plus la voie.
Côté ballon rond, la sortie de placard tout aussi positive vient de l’international tchèque Jakub Jankto. Il a annoncé via un message vidéo sur les réseaux sociaux : « comme tout le monde, j’ai mes forces, j’ai mes faiblesses, j’ai une famille, j’ai des amis, j’ai un métier que j’exerce au mieux de mes capacités depuis des années, avec sérieux, professionnalisme et passion. Comme tout le monde. Je veux aussi vivre ma vie en toute liberté. Sans peur. Impartial. Pas de violence. Mais avec amour. Je suis homosexuel et je ne veux plus me cacher ». Lui qui évolue actuellement au Sparta Prague a été ovationné à la suite de cette annonce.
La 17ème édition du TIP aura lieu du 26 au 28 mai prochain. Plus de 2000 athlètes de 28 pays se retrouveront sous l’égide de la Fédération sportive LGBT+ et de 42 associations sportives. Cette année, l’accent sera encore plus porté sur la diversité et l’inclusion. Les organisateurs indiquent que « chaque personne se définit notamment par son orientation sexuelle et son identité de genre, mais il ne s’agit que d’une des nombreuses composantes de qui elle est. Nous sommes citoyen·ne·s engagé·e·s pour que chacun·e trouve la place qui lui convient et l’égal respect dû à tout être humain, quels que soient ses origines, son âge, son apparence et sa condition physique son état de santé, son handicap, ses convictions politiques et religieuses, sa situation financière, son sexe, son identité de genre, son orientation et ses pratiques sexuelles ».