300 ans de poésies érotiques

Yannick Barbe

Vilains gaillards, ce fut d’abord un spectacle, initié et mise en scène par notre confrère journaliste Luc Biecq et mis en bouche par les comédiens Vincent Gaillard et Vincent Vilain. Une lecture gourmande, drôle et émouvante de poèmes érotiques gays du XIXe et XXe siècles, qui a enchanté les nuits d’Olympe, le restaurant-cabaret inclusif de Pantin. C’est désormais un recueil érudit, édité par La Musardine. On y retrouve des auteurs connus comme Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire et son troublant VoyouSa queue éclatait sous mes lèvres. Comme une prune de juillet »), mais aussi des pépites oubliées comme le magnifique Sonnet pour l’Androgyne de Francis Latouche (mort à 28 ans !) ou la frondeuse Pipe au bois d’Albert Glatigny (« Je suis celui qui suce ! Au détour des sentiers… »). Le trio aux manettes voulait « une représentation vive, un hommage explosif et pétaradant aux orgasmes, aux plaisirs, au charme furtif – ou durable – des rencontres rapides, ratées ou délicieusement joyeuses ». Mission réussie.

On se délecte de ces « coïts de lascars » et autres « ébats passionnés », souvent très crus, jouant avec les interdits et le mélange des classes sociales. Grâce à ce projet, ils ont une seconde vie salutaire, loin de la censure et de la morale bourgeoise.


Vilains gaillards, de Luc Biecq, éditions La Musardine, 18€. En librairie depuis le 13 mai. 
Signature aux Mots à la Bouche (Paris) le 28 mai  avec lecture des poèmes par Vincent Gaillard et Vincent Vilain 
et reprise de la lecture- spectacle chez Olympe (Pantin) le 11 juin.

Partager:
PUB
PUB