Vous cherchez un thérapeute queer friendly ?

Luc Biecq

Co-fondée par Claire Alquier et Lucie Groussin, militantes de la lutte contre le sida, sexologues et spécialistes de la prévention, l’association Les allié·e·s a été lancée en septembre dernier. Son objectif ? Fédérer un réseau de thérapeutes aux valeurs féministes et inclusives et mettre à disposition un annuaire public de thérapeutes. Claire nous en dit plus.

Comment avez-vous fait le constat d’un besoin de thérapeutes féministes proposant un accueil inclusif et queer friendly ?
Nous connaissions des listes de soignants et soignantes dites « safe » qui existaient dans le milieu lesbien et gay, ou encore les gynécos et sages-femmes des Clés de Vénus, mais cela n’est pas toujours évident de tomber sur les bons réseaux. Trouver un endroit qui réunit des professionnel·le·s varié·e·s, avec un engagement politique situé et militant, n’est pas si facile. Nous voulions de rassembler au même endroit un grand nombre de thérapeutes, quelle que soit leur discipline, pour proposer des approches pluridisciplinaires et complètes.

 

Dans les engagements des thérapeutes, la croyance en la science est mentionnée. Est-ce parce que les médecines non conventionnelles flirtent parfois avec le complotisme ?
Dans cet annuaire, nous voulions du sérieux en termes de formation et de pratique, qui garantissent un cadre. Pas de personnes qui se sont formés en quelques jours, qui viennent de milieux très éloignés de la relation d’aide ou qui n’ont pas d’endroit pour penser leur pratique. Nous ne voulions pas non plus être figé·e·s uniquement sur le diplôme : nous restons ouvert·e·s à d’autres disciplines car à tout moment de la vie, on peut avoir besoin de suivre divers types de thérapies. Les apports peuvent être très complémentaires et c’est ce qui nous intéresse.

 

Vous proposez aussi des webinaires de formation pour vos membres…
Oui, un webinaire mensuel et deux séminaires par an. Nous avons proposé des sujets « premier recours » en sexo, sur l’accueil des personnes trans, des personnes racisées, sur la grossophobie. Des professionnel·le·s de l’association viennent partager leurs compétences, des réflexions professionnelles et humaines sur des sujets variés qui concernent nos approches. Les espaces de rencontre que nous souhaitons proposer plusieurs fois par an seront des espaces de travail un peu plus larges, autour de la thérapie féministe par exemple, ce qui nous aide à aiguiser notre regard, avec une grille de lecture féministe et engagée qui vient interroger notre pratique.

 

Combien de thérapeutes ont adhéré ? Sont-iels sur l’ensemble du territoire ?
Il y a un processus de validation : chaque personne qui veut adhérer au réseau et être présente dans l’annuaire passe un entretien avec un·e des membres formé·e·s. L’idée, c’est de voir comment les gens travaillent, comment iels se sont formé·e·s, comment iels situent leur engagement féministe dans leur pratique. Il y a plus de 200 personnes validées dans tout le pays, mais pas encore dans tous les territoires. Et certain·e·s sont même en Belgique, en Suisse.
En savoir plus : therapeutesfeministes.org

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