Vingt ans de prison pour aimer. En adoptant son nouveau Code pénal, le Niger franchit un cap historique et glacial : la criminalisation de l’homosexualité. Jusqu’ici légal, le choix d’un partenaire de même sexe devient un crime d’État, calqué sur les récents tournants du Sénégal, du Burkina ou du Ghana.
« Une réponse à la déchéance morale importée », justifient les autorités de Niamey, portées par une transition militaire qui érige la tradition en bouclier souverainiste. Le texte, d’une sévérité inouïe, prévoit de 10 à 20 ans de réclusion ferme, pulvérisant les derniers refuges des minorités.
Pour les défenseurs des droits humains, c’est l’effroi. « Ce vote légitime la chasse aux sorcières et condamne toute une communauté à la clandestinité ou à l'exil », s’alarme un activiste local.
Dans ce Sahel en pleine mutation géopolitique, les libertés individuelles s’effacent sous les postures populistes. En verrouillant sa loi, Niamey s’offre un symbole politique fort. Le Niger a bel et bien choisi son camp : le camp des noirs barreaux et du silence tragique.
