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  • Artiste idolâtrée dans le monde entier, Céline Dion est à l’honneur cet été à travers deux documentaires passionnants qui proposent d’explorer deux moments intimes et constitutifs de sa vie. 

    A commencer par Céline, la note parfaite de l’Eurovision disponible sur Arte. 54 minutes qui nous ramènent en 1988, lorsque la jeune québé-coise a remporté le grand con-cours de chant européen. A base d’images d’archives et de témoignages, on y découvre une jeune fille pleine de vie qui, en remportant ce show pour un pays qui n’est pas le sien, va propulser sa carrière vers le firmament. Je suis : Céline Dion, le second programme est quant à lui diffusé en exclusivité sur Prime Vidéo. Celui-ci se veut plus brut, plus incisif, plus dérangeant même diront certains. Vous y voyez la chanteuse dans tout ce qu’il y a de plus grandiloquent. De concerts en enregistrements jusqu’aux confidences et la lutte contre cette maladie qui l’affecte et l’a obligé de mettre en retrait sa carrière, Céline Dion se livre comme jamais.

    Forte et fragile, inquiète et battante, elle met enfin des mots sur le syndrome de la personne raide dont elle souffre. « Ces dernières années ont été un grand défi pour moi, de mon diagnostic jusqu'à l'apprentissage d’une façon de vivre avec la maladie et de la gérer, sans la laisser me définir », écrivait en janvier la principale intéressée. « Alors que je marche vers un retour à ma carrière de chanteuse, je réalise à quel point elle me manque, à quel point mes fans me manquent. Pendant mon absence, j'ai choisi de documenter cette partie de ma vie pour sensibiliser les gens à cette maladie peu connue et aider ceux qui partagent ce diagnostic » déclare-t-elle sur son profil Instagram. Un moment inédit, un poil voyeur parfois dans la réalisation de la nominée aux Oscars Irène Taylor, mais un rendez-vous authentique. Du vrai Céline Dion comme on l’aime.

    A voir sur Prime Vidéo : Je suis : Céline Dion - primevideo.com/-/fr/detail/Je-Suis-Céline-Dion

    A voir sur Arte : www.arte.tv/fr/videos/118452-000-A/celine-dion-la-note-parfaite-a-l-eurovision

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le 3 juillet, un communiqué officiel signé de sept organisations (Toutes Des Femmes, Acceptess-T, Outrans, SOS Homophobie, l’Inter-LGBT, Aides et la Fédération LGBTI) demande l’abrogation du fichier de police sur les personnes trans et immigrées ayant changé d’état civil. Les associations citées ont déposé des recours auprès du ministre de l’Intérieur et du Premier Ministre pour que ce décret soit déclaré nul au plus vite.

    Au regard du contexte politique actuel, ce fichier porte atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux des personnes trans. En effet, en créant un « traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « table de correspondance des noms et prénoms », cela signifie la mise en place d’un fichier automatique, systématique et indifférencié de chaque personne ayant changé de prénom et/ou nom. Mais en rendant accessible ces données aux forces de l’ordre, l’inquiétude monte face aux dérives que cela pourrait entraîner et « favoriser des violences policières transphobes ». Le risque (écarté pour le moment heureusement) d’une arrivée au pouvoir du RN renforce ces inquiétudes et l’urgence de supprimer ce texte.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Après un défilé si triste en 2023, la Marche des fiertés a renoué cette année avec son côté festif. C’était encore un peu timide pour créer de belles ambiances festives au-delà des 10 premiers mètres derrière chaque char car les sonos étaient souvent trop faibles du fait de leur petitesse.

    Bon, dans l’ensemble, on est sur la bonne voie. Encore un petit effort sur le volume sonore, une taxe carbone pour les chars non-électriques, une autre taxe pour les entreprises LGBTQ+ qui voudraient défiler et qui seraient si fières de contribuer au succès de la marche et des actions écolo de l’Inter-LGBT avec cette taxe, on n’enlève rien du caractère politique et militant de la marche, on ajoute un soupçon de fête, et on y sera. En tous cas, bravo, malgré cela, c’était une belle marche. 

    Franck Desbordes
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  • Le 30 juin, Brenda Biya, fille du président du Cameroun, a publié sur Instagram une photo d’elle en train d’embrasser une autre fille, la mannequin brésilienne Layyons Valença. Un coming out visuel dans un pays qui pénalise l’homosexualité comme un délit de droit commun. En guise de légende, la jeune rappeuse de 26 ans aussi connu sous son nom de scène King Nasty déclare : « je suis folle de toi, et je veux que tout le monde le sache ». Le cliché a bien évidemment provoqué une polémique au sein du pays alors que de nombreuses personnalités se sont empressées de la remercier pour un tel courage et de la féliciter en espérant que cet acte puisse faire bouger les lignes dans le pays dirigé depuis quatre décennies par Paul Biya, son père. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Quand on est un couple homosexuel au féminin et que l’on souhaite faire famille, on doit slalomer plus que de raison entre les injonctions sociétales et les diktats d’un monde hétéronormé. Patience mon amour est une série publiée depuis le 24 juin sur le compte Instagram arte_asuivre, le site d’Arte et leur chaîne Youtube. Après une première saison - diffusée sur Instagram et récompensée au festival de La Rochelle par le prix de la meilleure série de format court, ces 31 épisodes de 2 à 4 minutes qui composent cette seconde saison, nous propulsent dans l’intimité de la parentalité à proprement parler. 

    On y suit Alice et Gabrielle qui élèvent leur fils né après un long parcours de PMA. C’est incisif, tendre, non dénué d’humour, parfois grinçant mais surtout pointant du doigt le chemin qui reste à ce duo pour se définir, se construire en tant que parents dans les méandres d’une administration alambiquée. S’inspirant de sa propre expérience de la maternité, la réalisatrice Camille Duvelleroy fait de l’irruption du confinement de 2020 un ressort narratif qui, en menaçant de dynamiter le couple, souligne la difficulté d’élever un enfant en vase clos. Mais surtout le traitement du sujet se veut avant tout ouvertement politique et montre les luttes et les difficultés d’être une famille lorsque l’on est hors cadre.

    arte.tv/digitalproductions/fr/patience-mon-amour/

    Crédit photo Bachibouzouk

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le théâtre du Rond-Point débute sa saison 2024/25 avec l’artiste argentine Marina Otero. Autant dire que la salle Renaud-Barrault va vibrer avec cette chorégraphe, danseuse et performeuse, icône de la scène alternative qui vient y présenter un portrait en trois volets aux noms explicites tout comme les thématiques qu’ils abordent.

    Tout commence avec Fuck Me, qui convoque cinq « sex-symbols » masculins, puis vient Love Me, dans lequel elle se livre à un solo sans artifice et sans filet pour finir avec Kill Me, dans lequel elle aborde sa crise de la quarantaine et la folie amoureuse. Du 22 au 29 septembre, la dramaturge déshabille au sens littéral comme figuré sa vie et sa troupe. A travers une succession de tableaux, la nudité sert de prétexte à explorer des interstices de cette trilogie scénique autofictionnelle intitulée Recordar para vivir (Se rappeler pour vivre). 

    Irrévérencieusement jouissif

    Basée sur la construction d’une œuvre sans fin sur sa propre vie, ces œuvres sont des témoins des différentes phases de son existence. Avec Fuck Me, Marina assise sur le rebord de la scène raconte l’histoire de son pays, l’Argentine, de la dictature à aujourd’hui. Là, cinq hommes uniquement vêtus de bottes et de grenouillères évoluent dans des déambulations rythmées pour s’adonner à un érotisme de cuir et de latex pittoresque, burlesque à souhait et étincelant. Un rendez-vous fascinant, sans tabou qui ose tout et laisse simplement bouche-bée d’étonnement.

    Love Me est une autre histoire. Changement radical de paradigme. Marina est seule, elle vit l’instant. Sur scène, elle se confie directement aux spectateurs. Le corps est au centre des préoccupations, toujours, encore, inlassablement. Ses angoisses, ses préoccupations, sa violence, elle l’exploite, le force, le contraint, le libère, l’absout. Danser pour exister, danser pour se décharger, pour rompre avec la lourdeur du monde et ces incidences.

    Kill Me, là où tout est né. La prise de conscience de la quarantaine, l’urgence de vivre, de ne rien rater, de profiter. Un déclic qui a provoqué la nécessité de tout filmer pour se livrer à cœur ouvert 24h sur 24. Jusqu’à la chute. Celle qui annonce un changement : un diagnostic psychiatrique est posé. C’est un tourbillon de folie douce qui se met en place. Avec 5 danseurs atteint de troubles mentaux et d’un acteur, elle sonde la passion amoureuse jusqu’à son paroxysme. Impulsive, tendre, rageuse et éclectique, Marina Otero va vous faire voyager dans sa tête, dans ses mondes, dans cette expression théâtrale où tout est possible, comme tout ce qui se passe au sein du théâtre du Rond-Point.

    Fuck Me du 18-22 septembre 2024,

    Love Me le 24 septembre,

    Kill Me du 25 au 29 septembre, Salle Renaud-Barrault, Théâtre du Rond-Point.

    Infos et résa ici.

    Crédit photos : Ale Carmona, Maca de Noia, Matias Kedak

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Après la Marche des Fiertés du 22 juin dernier, la librairie Sauramps devait accueillir une lecture de contes par des drag queens. Le collectif la Culotte, qui en est à l’origine, valorise l'art transidentitaire et lutte contre les discriminations à l'encontre des artistes transgenres. 

    Après un déluge de haine sur les réseaux sociaux mais aussi des appels anonymes, la direction a préféré renoncer pour des raisons de sécurité : « nous sommes désolés que la visibilité que nous leur avions apportée se retourne aujourd'hui contre eux à cause de quelques personnes qui revendiquent régulièrement le droit à la liberté d'expression, mais ne tolèrent pas  l'expression libre à partir du moment où elle n'est pas en accord avec leur point de vue. »

    L’événement est reporté sine die, un signalement effectué aux forces de l’ordre. En outre, l’association déplore un manque de soutien de la mairie.

    Bruno De
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  • Deux jours avant le premier tour des élections législatives anticipées, une boulangerie d’Avignon a été incendiée. Dans la nuit du 25 au 26 juin, l’établissement L’Arto a été ravagé par les flammes. 

    Selon l’enquête, la boulangerie a été visée par sept départs de feu et des traces d'effraction ont été également constatées.

    Mais ce sont les inscriptions racistes et homophobes laissées à l’intérieur du local qui laissent à penser que ce geste criminel visait potentiellement le jeune apprenti Ivoirien que le patron emploie depuis un an.

    Aux sorties des urnes et de la progression du FN aux élections européennes, de nombreux actes de vandalisme, verbaux et physiques ont été dénombrés à l’intention des personnes LGBTQIAP+ sur l’ensemble du territoire. Des paroles et des gestes décomplexés tenus par des membres et sympathisants du Rassemblement national, prouvant explicitement leur haine à l’attention de notre communauté.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le laboratoire pharmaceutique Gilead vient de rendre public le 20 juin les résultats d’un premier essai clinique autour de son traitement Sunlenca (la molécule s’appelle le lénacapavir), destiné à protéger du VIH avec deux injections annuelles seulement. Ce nouveau médicament est intéressant à la fois pour les personnes qui vivent avec le VIH et qui voient ainsi leur vie facilitée par cet allègement thérapeutique, mais aussi en prévention (PrEP) puisqu’à l’issue d’un premier essai, les retours sur ce médicament expérimental sont très positifs : aucune des 5 300 femmes dans l’essai n’a été contaminée par le VIH. Gilead prévoit de partager les données d’un deuxième essai de prévention du lénacapavir, en cours, sur les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes en début d’année prochaine. Si ces résultats sont également positifs, la société pourrait commercialiser le lénacapavir pour la PrEP dès fin 2025.

    Franck Desbordes
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  • Le 26 juin, le Président américain a déclaré vouloir réparer un « tort historique » à l’encontre des soldats homosexuels. « Malgré leur courage et leur sacrifice, des milliers de militaires LGBT+ ont été exclus de l'armée à cause de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Certains de ces patriotes ont été envoyés devant des cours martiales et ont porté le fardeau de cette lourde injustice pendant des décennies », a déclaré Joe Biden dans un communiqué. En proposant de réparer cette injustice, le Président cible spécifiquement l'article 125 du code de justice militaire, datant de 1951 et que le Congrès a rendu obsolète en 2013.

    Ce texte faisait alors de la sodomie entre adultes consentants un crime passible de la cour martiale. Les personnes LGBT+ étaient directement exclues de l'armée aux États-Unis jusqu'en 1994, date à laquelle la règle du « don't ask, don't tell » (« ne rien demander, ne rien dire ») est entrée en vigueur. La démarche de grâce présidentielle ne sera cependant pas automatique. Les soldats ayant subi des préjudices devront se manifester. Ils et elles se compteraient par milliers. Au-delà de la portée symbolique, cette reconnaissance permettra de manière très pratique aux anciens soldats de faire rectifier leurs documents militaires et ainsi pouvoir  avoir accès à des prestations qui leur étaient interdites jusqu'alors.

    Bruno De
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