Elle sait de quoi parle la photographe américaine Nan Golding quand elle s’attaque au grand mécène de l’art, la famille Sacker au nom de l’artwashing. Celle qui a bouleversé la photographie en figeant sur pellicule le quotidien de ses proches dans les années 80 où le Sida frappe de plein fouet se révèle aussi activiste de poigne. Dans Toute la beauté et le sang versé , le film documentaire de Laura Pointras primé d’un Lyon d’Or au festival du Film de Venise 2022, on file dans l’intimité de l’artiste en prise avec une époque qui s’aventure dans les opiacés qui font fureur dans le milieu festif gay de Brooklyn. Mais voilà la fameuse crise des Opioïdes pointe le bout de son nez et s’enchaîne un épisode tragique de surdoses aux USA dû à l’administration combinée du médicament l’OxyContin et d’héroïne qui ravage des vies par centaines. Anne Goldin apprend que le laboratoire Purdue Pharma appartenant au Sackeler bloque un médicament préventif. Là naît un combat de chaque instant qu’elle porte avec le collectif P.A.I.N. (Prescription Addiction Intervention Now) qu’elle a monté. L’objectif est de s’attaquer à l’image dorée de cette institution en apparence bienveillante qu’est Sackler pour montrer la réalité. Que l’art ne peut voiler les méfaits et les mains sales sur lesquelles ces investisseurs engrangent de millions de bénéfices sur la vie des gens. Sa lutte s’internationalise, ses actions se multiplient. Elle cravache, sans relâche, elle déconstruit l’image glorieuse des Sackler mettant sous les projecteurs la fragilité dans laquelle se trouve les LGBT et la perfidie des grands groupes sous couverts de vertus factices. Cette intimité qui nous est livrée est poignante, forte. La puissance d’une femme en prise avec le système, cloitré dans un don de soi, un regard réconfortant et impliqué qui touche au sublime.
Première dans la baie de Somme, la ville d’Abbeville accueille Rainbow, le premier Festival cinématographique LGBTQI+ de la région des Hauts-de-France. A quelques jours de la Journée Internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, l’accent sera mis sur la pédagogie, la tolérance et le divertissement. Pour que cette première édition soit à la hauteur des grands évènements dédiés au 7e art LGBTQI, le centre de la ville se transforme du 5 au 7 mai en un espace de découvertes, de discussions, de fêtes, et de respect. Un village composé des associations Le Refuge, Aides, Enipse, SOS Homophobie, des food-trucks, des commerçants locaux,... sera au centre des activités. Des spectacles, une parade, des shows viendront ponctuer ces 3 jours. Et bien entendu, les festivaliers sont attendus tout au long du week-end à de multiples séances au centre culturel Le Rex où seront diffusées 8 réalisations LGBT. Vous explorerez une belle sélection dont le film choc Animals du réalisateur Nabul Ben Yadir et la Revanche des crevettes pailletées. Un documentaire réalisé par Movie Moon nommé Homolution servira de machine à remonter le temps à travers 250 ans d’homosexualité en France.
Lors de sa pesée avant d’affronter son adversaire Liam Smith, le boxeur Chris Eubank Jr a arboré un brassard aux couleurs du rainbow flag en guise de réponse aux propos homophobes que son adversaire avait formulé lors de la conférence de presse. Une prise de position claire qu’il a renchérit par un tweet précisant « nous ne discriminons pas… nous n’aliénons pas. Nous voulons que la boxe et le sport dans leur ensemble soient inclusifs ». Une remise en place élégante et fair-play pour rappeler aux boxeurs que le respect fait figure de valeur cardinale chez les pratiquants de cet art.
Le plus grand club de la capitale ouvre ses portes sous l’Accor Arena. Dans les entrailles de la salle de spectacle, près de 3500 personnes sont attendues pour venir faire la fête. Ce nouveau temple XXL baptisé Le Phantom a été imaginé par le groupe Paris Society de Laurent Gourcuff, l’un des gros ambassadeurs de la nuit parisienne, connu pour ses adresses festives et trendy. Au menu : de la musique électro avec notamment au programme des DJ sets par Tiësto, Bob Sinclar ou Eric Pridz et I Hate Models.
Ca bouge pas mal du côté des marques de luxe quant à l’évolution des genres. Elliot Page, acteur trans, sera une des trois égéries de Gucci, aux côtés du rappeur A$AP Rocky et de l’actrice Julia Garner. « Ils personnifient une ode à l’acceptation de soi, à l’amitié et à l’amour sous toutes ses formes à travers une histoire de tendresse, d’imagination et de curiosité » : ok, c’est un peu du bla bla marketing mais force est de constater qu’on va dans le bon sens, et au moins là, ce n'est pas du pink washing.