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  • Il aura fallu patienter une année entière après son double sacre retentissant à CannesSeries 2025 (Meilleure série courte et Meilleure performance) pour que Oh, Otto ! débarque enfin sur Canal+. Ce délai de mise en diffusion n’a fait que renforcer l’aura de cette pépite belge qui s'éloigne radicalement des sentiers battus de la fiction queer habituelle.


    Le récit nous plonge dans le sillage d'Otto, incarné par le magnétique Willem De Schryver. Jeune homme en quête de sens dans un Bruxelles nocturne et mélancolique, il erre entre désir charnel et solitude numérique.  Largué par son copain et abandonné par sa meilleure amie qui déménage, il plonge dans les affres des applis de rencontres, des coups du moment, des pulsions instantanées et des retours de flammes qui nous font tomber dans les méandres de la solitude la plus drue. Télérama décrit avec justesse ces « charmantes aventures d’un ingénu au pays de Grindr ». Mais sous ses airs de chronique urbaine, la série propose de suivre un parcours de vie sous forme d’introspection, celle du protagoniste dans la découverte d’une liberté sexuelle exacerbée et sentimentale cabossée.

     

    Pour cela, le réalisateur privilégie un naturalisme brut, presque clinique, loin des artifices d'un Euphoria. Ici, l'homosexualité n'est plus un « sujet militant » mais le décor d'une mélancolie universelle et d'un vide existentiel capturé avec brio. La réussite totale du projet repose sur l’interprétation habitée de De Schryver. Comme le soulignait Le Soir lors de son prix d'interprétation, sa vulnérabilité désarmante porte littéralement l'œuvre. 
    Si le format court de quinze minutes peut frustrer les amateurs de fresques denses, il sert ici une narration nerveuse, évitant tout superflu. Cette série transforme l’errance en poésie visuelle. Malgré une noirceur parfois frontale, Oh, Otto ! s’impose comme une œuvre nécessaire, capturant l'essence d'une génération ultra-connectée mais profondément isolée. Une pépite brève, brute et indélébile.
    A découvrir en streaming sur Canal+.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Alors que la PrEP injectable bimestrielle (Apretude) vient d’être déployée et remboursée en France au début de l’année 2026, la recherche scientifique passe déjà à la vitesse supérieure. Les regards de la communauté médicale se tournent désormais vers le lénacapavir, une molécule révolutionnaire administrée par injection sous-cutanée seulement tous les six mois.


    La France participe activement à cette avancée majeure à travers l’essai clinique international PURPOSE 5, mené par le laboratoire Gilead, qui évalue précisément l’efficacité et la tolérance de ce traitement sur le territoire. D’après les données réglementaires analysées par les associations de lutte contre le VIH, le lénacapavir a déjà fait l’objet d’une demande d’autorisation auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA).


    Si les négociations tarifaires et les validations de la Haute Autorité de Santé (HAS) s’enchaînent sans accroc, les spécialistes espèrent une mise à disposition effective pour le public entre la fin de l’année 2026 et le courant de l’année 2027.
    « Deux injections annuelles suffiraient à se protéger du VIH », souligne l’association Sidaction lors de l’analyse des premiers résultats cliniques. Cette innovation promet d’alléger considérablement la charge mentale liée à la prévention quotidienne et d’ouvrir une nouvelle ère, hautement sécurisée, pour la santé sexuelle.

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  • Face aux infections invasives à pneumocoque (IIP), responsables de pathologies graves comme les pneumonies, les septicémies et surtout les méningites, la stratégie préventive s’allège pour les patients.

    Le vaccin pneumococcique 23-valent VPP23 (Pneumovax®), destiné aux personnes à risque de tout âge (maladies chroniques, déficits immunitaires), n’exige plus des rappels incessants tous les deux ans. Désormais, les autorités de santé, dont la Haute Autorité de Santé (HAS) et Vaccination Info Service, valident une simplification majeure : après la primovaccination, l’injection ultérieure de VPP23 ne nécessite qu’un délai minimal de 5 ans, évitant ainsi le phénomène d’hyporéponse immunitaire.

    Cette mesure soulage particulièrement les personnes vivant avec le VIH, hautement exposées. « La répétition rapprochée des vaccinations induit une baisse de l’immunité », rappellent les experts de la HAS pour justifier cet espacement protecteur et durable. Un soulagement pour les patients.

    Source photo : Wikipedia

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  • Paris: Dracula, queer forever

    Quelle idée vous faîtes-vous de la sexualité de Dracula ? Le metteur en scène Gaspard Legendre vient de signer la première adaptation française de Dracula, la pièce à succès de Gordon Greenberg et Steve Rosen. C’est une version truculence, ancré dans les codes contemporain, résolument queer et irrévérencieux qui nous est proposée avec « Dracula, la parodie hilarante et terrifiante ». 
    Incarnés par 6 acteurs multi-rôles, cette histoire prend un nouveau tournant sans dénaturer l’histoire d’origine. Au contraire, sous couvert d’une variation mêlant humour et hommage, une réflexion toute particulière est posée sur l’hypersexualisation du personnage. L’univers camp sert à cette caricature sans virer dans le potache. Dracula, l’assoiffé de sang, va autant vous faire rire aux larmes que sursauter de terreur. Avant son arrivée sur les planches en septembre prochain, venez découvrir ce spectacle  déjanté lors du mois des fiertés les 22 et 23 juin 2026 pour deux avant-premières exceptionnelles ! Rendez-vous à l’Apollo Théâtre...

    Julien Claudé-Pénégry
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  • L'ancien joueur de l’AFL Mitch Brown a brisé le silence lors d'un entretien poignant sur ABC Radio. En révélant sa bisexualité, l’ex-attaquant de Melbourne et West Coast affirme avoir enfin trouvé une « paix intérieure » inédite.

    Durant sa carrière, il avoue avoir mené une « double vie » épuisante, hanté par la peur que son orientation ne définisse son image sur le terrain : « la peur du jugement était pesante », confie-t-il. Soutenu par sa famille, ce processus de guérison marque une étape libératrice. Aujourd’hui retiré du sport, Brown souhaite que sa vérité aide les jeunes athlètes à se sentir moins seuls.

    Son témoignage bouscule les codes du football australien, bastion de la masculinité traditionnelle, et s'inscrit dans un mouvement nécessaire pour plus d’inclusion et d’authenticité dans le sport de haut niveau.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • « Quand vous vous déclarez lesbienne, il y a toujours quelqu’un sur votre route pour tenter d’improviser une petite thérapie de conversion à vos dépens », écrit la journaliste Marie Kirschen, ex-rédactrice en chef du site internet des Inrocks et fondatrice de la revue lesbienne Well Well Well. Avec ce petit essai qui se lit vite et bien, elle prend à bras le corps cette idée tenace selon laquelle les femmes seraient un choix « par défaut », que les lesbiennes seraient en réalité des hétéros n'ayant pas encore eu la chance de « tomber sur le bon ».
    Ce livre est à la fois un tour de piste des préjugés sur les lesbiennes, que l'autrice dézingue à coups de bons arguments et une réflexion sur l'effacement historique des lesbiennes et son corollaire : le dénigrement de la légitimité des couples lesbiens. Combien de couples de lesbiennes célèbres, écrivaines, artistes, intellectuelles, que les livres d'histoire ont longtemps présentées comme de simples amies ?
    Cette invisibilisation des lesbiennes va également de pair avec un manque sidéral de représentations dans les films et les séries télé, et quand bien même, les rares personnages lesbiens à l'écran cessent souvent de l'être au cours de l'intrigue, renforçant cette croyance lesbophobe selon laquelle cette identité ne serait qu'un pis-aller, une salle d'attente avant que « le bon » débarque et les remette dans le droit chemin. Un livre à offrir aussi bien à la pote un peu trop hétéronormée, au père pudique, à la grand-mère un peu trop curieuse ou à l'oncle facho de la famille. Mais aussi une mine de références culturelles saphiques à mettre entre toutes les mains lesbiennes.
    C'est parce que t'es pas encore tombée sur le bon : #lesbienne de Marie Kirschen, Ed. La Meute, 96 p., 11,50€.

    Annabelle Georgen
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  • Montpellier : butch power

    Il se dit que les butchs sont moches, bagarreur.euses, dépassé.es, vieux.eilles, misogynes, qu’iels font peur… Point de tout cela ! Vendredi 5 juin (0h-6h), on célèbrera la butchness au son de DJ sets, avec des performances, des bras de fer et un dresscode « dirty butch cliché ». Butches de tous les pays et leurs allié.es, unissez-vous !
    Evénement du bar Madrediosa au Rockstore, 20 rue de Verdun
     instagram.com/madrediosa_bar

    Bruno De
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  • Rapinoe vs Trump : le tacle olympique

    Megan Rapinoe ne décolère pas. L’ex-star du foot dénonce l’exclusion des athlètes trans, une mesure « horrible » qui la « dégoûte ». Selon RMC Sport, elle a fustigé l'équipe de hockey aux JO 2026, qualifiée de « clowns de Donald Trump ». 
    Sur le podcast A Touch More, elle affirme que ces politiques « ne génèrent que de la haine contre un petit pourcentage de gens ». Elle conteste tout fondement scientifique : « ce n’est pas vrai. Cela empêchera juste des personnes de concourir ». Rappelant que les sportifs trans se comptent « sur les doigts d'une main », Rapinoe s'oppose frontalement à une rhétorique qu'elle juge discriminatoire.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • L’autrice a scellé le destin de la future série Harry Potter sur HBO tout en confirmant son virage radical. En adoubant cette nouvelle adaptation dont elle sera productrice exécutive, l’autrice n’a pas seulement validé un projet financier colossal, elle a profité de l’arène numérique pour réitérer ses positions transphobes, notamment en saluant la décision des JO de bannir les athlètes transféminines des compétitions.

    Comme le souligne le Huffington Post, ce timing illustre une stratégie de « provocation systématique ». Ce mélange des genres — entre business magique et militantisme d'exclusion — crispe une fan-base déchirée. Pour beaucoup, le passage de « l'école de la tolérance » à la rhétorique TERF est une trahison pure et simple. Rowling ne se contente plus d'écrire des mythes, elle détruit le sien, prouvant que même avec une baguette, on ne peut effacer le mépris.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Ne laissons pas nos mémoires au placard. Avec l’exposition Résistances Queer à la bibliothèque municipale Buffon (75004) le dessinateur Pochep et le sociologue Antoine Idier transforment l’histoire LGBTQI+ en une immersion graphique mêlant humour et rigueur documentaire et brise le silence.

    Adapté de leur ouvrage chez Delcourt, ce parcours arrache un demi-siècle de luttes à l'invisibilité. L'objectif est sans détour : « Raconter l’histoire d’une minorité qui a dû se battre pour exister ». Du 1er au 30 juin, le trait de Pochep sert de bouclier contre l’oubli, mêlant humour et rigueur pour incarner les figures héroïques, de Stonewall aux combats actuels.

    A l’occasion du Mois des Fiertés, cette mission de transmission est vitale. Le point d’orgue : une rencontre-débat avec les auteurs le samedi 15 juin à 15h. Un rendez-vous nécessaire pour rappeler que, face à l'oppression, nos libertés ne sont jamais acquises. Un acte militant pour rappeler que nos libertés ne s’attendent pas, elles se dessinent.
    Infos : www.paris.fr

    Julien Claudé-Pénégry
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