
Le théâtre du Rond-Point débute sa saison 2024/25 avec l’artiste argentine Marina Otero. Autant dire que la salle Renaud-Barrault va vibrer avec cette chorégraphe, danseuse et performeuse, icône de la scène alternative qui vient y présenter un portrait en trois volets aux noms explicites tout comme les thématiques qu’ils abordent.

Tout commence avec Fuck Me, qui convoque cinq « sex-symbols » masculins, puis vient Love Me, dans lequel elle se livre à un solo sans artifice et sans filet pour finir avec Kill Me, dans lequel elle aborde sa crise de la quarantaine et la folie amoureuse. Du 22 au 29 septembre, la dramaturge déshabille au sens littéral comme figuré sa vie et sa troupe. A travers une succession de tableaux, la nudité sert de prétexte à explorer des interstices de cette trilogie scénique autofictionnelle intitulée Recordar para vivir (Se rappeler pour vivre).
Irrévérencieusement jouissif
Basée sur la construction d’une œuvre sans fin sur sa propre vie, ces œuvres sont des témoins des différentes phases de son existence. Avec Fuck Me, Marina assise sur le rebord de la scène raconte l’histoire de son pays, l’Argentine, de la dictature à aujourd’hui. Là, cinq hommes uniquement vêtus de bottes et de grenouillères évoluent dans des déambulations rythmées pour s’adonner à un érotisme de cuir et de latex pittoresque, burlesque à souhait et étincelant. Un rendez-vous fascinant, sans tabou qui ose tout et laisse simplement bouche-bée d’étonnement.

Love Me est une autre histoire. Changement radical de paradigme. Marina est seule, elle vit l’instant. Sur scène, elle se confie directement aux spectateurs. Le corps est au centre des préoccupations, toujours, encore, inlassablement. Ses angoisses, ses préoccupations, sa violence, elle l’exploite, le force, le contraint, le libère, l’absout. Danser pour exister, danser pour se décharger, pour rompre avec la lourdeur du monde et ces incidences.
Kill Me, là où tout est né. La prise de conscience de la quarantaine, l’urgence de vivre, de ne rien rater, de profiter. Un déclic qui a provoqué la nécessité de tout filmer pour se livrer à cœur ouvert 24h sur 24. Jusqu’à la chute. Celle qui annonce un changement : un diagnostic psychiatrique est posé. C’est un tourbillon de folie douce qui se met en place. Avec 5 danseurs atteint de troubles mentaux et d’un acteur, elle sonde la passion amoureuse jusqu’à son paroxysme. Impulsive, tendre, rageuse et éclectique, Marina Otero va vous faire voyager dans sa tête, dans ses mondes, dans cette expression théâtrale où tout est possible, comme tout ce qui se passe au sein du théâtre du Rond-Point.
Fuck Me du 18-22 septembre 2024,
Love Me le 24 septembre,
Kill Me du 25 au 29 septembre, Salle Renaud-Barrault, Théâtre du Rond-Point.
Crédit photos : Ale Carmona, Maca de Noia, Matias Kedak



Rien n’est jamais acquis. Le Refuge et l’institut de sondage BVA Xsight ont dévoilé le 27 juin dernier les résultats d’un baromètre sur la perception des personnes LGBT+ en France. Et les tendances révélées sont inquiétantes. « Pour la première fois depuis le début de ce sondage annuel, l'acceptation des personnes LGBT+ au sein de la société française est en net recul », écrivent les deux organisations.




Le plus grand festival des Geeks & Gamers LGBT+ d’Europe a lieu du 4 au 7 juillet. Au programme : soirée stand up, soirée jeux de rôle Donjon & DragOut, tables rondes. On peut participer en présentiel mais aussi en distanciel (via Twitch).
Triste nouvelle : après plus de 68 ans d’existence, le célèbre cabaret parisien a fermé ses portes le 30 juin. Face à des difficultés financières depuis la crise du covid, la direction n’a pas d’autre solution que de mettre l’établissement en liquidation judiciaire, à la recherche d’un repreneur :
L’équipe de la VendrediX investira une ancienne usine de chaudière à la Courneuve le 6 juillet prochain. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça va chauffer : 4000 m2 sous une voûte de 15 mètres de haut, 6 DJs, chill zone, bestial room, de quoi passer une très bonne soirée.


Bonne nouvelle, le site de rencontre coco.gg (pour Cocoland) qui se voulait le premier chat de cul ouvert à tous et à toutes, hétéros comme homos ou trans, est enfin fermé. Créé en 2003, ce site à l’inscription on ne peut plus simple - il suffisait de renseigner âge, genre, code postal sans vérification aucune - était pointé du doigt depuis plusieurs années pour accueillir et favoriser pédocriminalité, prostitution organisée, trafic de stupéfiants, revenge porn et autres joyeusetés. La volatilité des messages (effacés au bout de quelques heures), l’absence totale de modération, la facilité d’emploi du site l’ont rendu à la fois populaire (le site annonçait 500000 connexions mensuelles), mais l’ont aussi transformé en un repaire d’individus animés de sombres desseins. Ces derniers mois, le site a été impliqué dans de nombreuses agressions homophobes qui ont fait la une des médias. En 2018 Michel Sollossi a été tué à coups de couteaux par un homme rencontré sur Coco, le site est visé dans la sordide affaire des viols de Mazan où un homme droguait son épouse et la livrait sexuellement à des hommes recrutés sur Coco, sans compter les nombreux pédophiles qui l’utilisaient pour approcher des jeunes filles ou garçons (notamment l’ancien chanteur du groupe Il Etait Une Fois). Et ce alors que depuis de nombreuses années, les associations de protection de l’enfant comme les structures LGBT alertent régulièrement le gouvernement des dérives de Coco. D’ailleurs, devant la multiplication des agressions homophobes (sans compter toutes celles passées sous silence par des personnes n’osant pas aller porter plainte à la police), en octobre 2023 SOS Homophobie lançait un appel aux services publics demandant la fermeture du site.