33 millions d’euros, voilà le budget que l’état autrichien a prévu pour indemniser les quelques 11 000 citoyens homosexuels qui ont été condamnés pour leur orientation sexuelle par le passé. Pour rappel, bien que l’homosexualité soit décriminalisée depuis 1971, celle-ci a été pénalisée jusqu’en 2002, date à laquelle la Cour constitutionnelle a définitivement abrogé les dispositions encore en vigueur dans les textes de loi. Voilà pourquoi depuis le 1er février, un guichet des demandes de réhabilitation et d'indemnisation destiné aux personnes condamnées dans le passé pour homosexualité a été ouvert par l’État autrichien. Il suffit de remplir un formulaire et de le déposer au tribunal de grande instance ou par mail. Après examen, différents montants peuvent être alloués avec un montant de base de 3 000 € par jugement annulé. D’autres dédommagements peuvent s’ajouter comme 1 500 € par année d’emprisonnement. Une compensation symbolique qui solde une injustice majeure comme l’a déclaré le Ministre de la justice : « la dignité et l'humanité de ces personnes ont été bafouées par les institutions censées les protéger. En tant que ministre de la Justice, je voudrais une fois de plus m'excuser auprès des personnes concernées pour l'injustice survenue et aussi pour le long silence qui a suivi ».
Le 12 mars à 20h, MonCiné diffusera en avant-première le film All the colors of the world are between black and white, en présence du réalisateur nigérian Babatunde Apawolo. L'histoire raconte le lent rapprochement de deux hommes dans une société où les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont considérées comme taboues et passibles de poursuites. Cette diffusion s’inscrit dans le cadre du festival Rendez-vous des cinémas d'Afrique en partenariat avec Vues d'en face. Le festival du film LGBTQI+ soutient ce film pour sa sortie nationale. Mon Ciné, 10 avenue Ambroise Croizat, 38400 Saint-Martin-d’Hères
C’est presque un CQFD. Au moment où Sonia Tir sort un livre où elle se demande si la France est prête à élire un.e président.e gay, lesbienne, bi ou trans, voici qu’un premier ministre gay est nommé à Matignon. Certes, Gabriel Attal n’a pas été élu au suffrage universel, mais le symbole est là malgré tout.
L’équipe n’est jamais avare de nouveautés. Le samedi, il faudra désormais compter sur la ch’ti Birdy Leen qui prend le contrôle de la scène avec la Warning drag, en lipsync’ ET en live (19h-22h30) avec le traditionnel DJ set jusqu’à pas d’heure ! 37 rue des Lombards.
Un professeur de 27 ans a été retrouvé sans vie à son domicile. L’enseignant à l’IUT de Saint-Malo aurait mis fin à ses jours selon les informations recueillies par le quotidien Le Télégramme. Le jeune homme avait reçu à plusieurs reprises des menaces de mort à caractère homophobe et avait déposé plainte. L’enquête qui a suivi la découverte de son corps le 14 janvier permettra de déterminer la cause exacte du décès. A suivre.
Primé à Montpellier au 45e Festival International du cinéma méditerranéen, le film turc Nuit noire en Anatolie est une mise en abîme sombre et tortueuse autour d’un évènement dramatique qui remonte à la surface. Ishak est obligé de retourner dans son petit village qu’il a quitté voilà 7 ans car sa mère est mourante. Il n’y va pas de guaîté de cœur, loin de là. S’il est parti c’est qu’il a ses raisons. Cela n’aurait pu être qu’un bref passage, mais après le décès de sa maman, il décide de rester afin de trouver la paix avec ce qui s’est passé bien des années en amont. Ça ne fait pas des heureux à commencer par son ancienne petite amie, ses copains. Il faut dire qu’il est parti du jour au lendemain laissant derrière lui une trace indélébile. A l’image ultra soignée, au jeu sur les lumières et à la beauté des paysages s’ajoute un suspens qui ne fait que grandir au fil des presque deux heures de film. Tenus par des révélations qui au fur et à mesure structurent le puzzle, des flashbacks viennent nous donner des éléments de compréhension face à ce qui a meurtri ces montagnes anatoliennes dans lesquelles nous évoluons avec le héros. Ici on veut faire taire un secret, le lynchage d’un jeune homme étranger vu comme « sensible ». C’est bien plus complexe qu’il n’y paraît car c’est un regard sur la violence de la masculinité et son caractère traditionaliste qui est décortiqué, exposé, comme une critique de cette impossibilité à accepter l’autre dans sa différence. Le traumatisme est flagrant, les remords sont vivaces. Cet acte abject l’obsède, il veut savoir, comprendre. Car bien plus qu’une explication, c’est en effet miroir, d’Ishak dont il s’agit, de sa relation avec cet homme. Jamais provocatrice, toujours évocatrice, les images se référant à cette complicité ne sont amenées avec finesse pour laisser imaginer ce qui a bien pu se passer, sans jamais en dévoiler trop. Par sa profondeur rare, Nuit noire en Anatolie de Özcan Alper ne vous laissera pas indifférent.e.s.
Après Les girafes roses et bleues, un premier roman sous forme de saga, François Mallet nous dévoile une histoire d’amour comme il y en a peu entre deux garçons. Sébastien et Benjamin vivent à Cosne-sur-Loire d’où est originaire l’écrivain, mais à première vue rien ne les prédestine à se croiser. Issus de deux conditions sociales et de milieux bien différents, le destin va pourtant les lier à jamais. D’une écriture facile et prenante, on devine l’inspiration puisée dans les trames des contes de fées se profiler dans ces destins croisés. Tout y est. La découverte de l’amour, de l’homosexualité, le coup de foudre, la passion, les tourments de la vie qui les éloignent, le cours de l’existence qui prend le dessus, les souvenirs puis un évènement autour de Lady Di qui vient tout chambouler. Ce qui aurait pu verser dans le classique prend son envol sur la manière dont François Mallet s’amuse à nous donner à voir les travers de deux mondes. Là où on aurait pu imaginer que le bât blesse, l’acceptation est érigée en évidence ; à l’inverse, les préjugés, l’homophobie, le conservatisme obligent à cacher sa vraie nature pour faire bonne impression. La question du coming out, l’émancipation personnelle et familiale, le respect de l’autre dans sa différence sont au cœur de ce joli récit qui nous fait croire encore en toujours dans la force des sentiments. Ce second roman de François Mallet brosse tel un chemin initiatique, un portrait bicéphale de ce qu’est d’être gay aujourd’hui, des réalités auxquelles on se confronte et de la résilience dont il faut faire preuve pour être pleinement soi sans concession.
Mother F*cker. 
Chanceux niçois, l’association Polychromes propose pléthore d’activités culturelles dans divers lieux de la ville : ateliers chorale, écriture et théâtre, polyapéro, café culturel, ciné club, etc. De quoi occuper son temps libre de manière ludique.