« Je veux du temps, de l’argent, une liberté de mouvement et une liberté de création. Le travail du sexe est une réponse. Le travail du sexe peut être délibérément choisi », écrit Déborah Costes dans son premier roman intitulé Reprendre corps, aux éditions Globe. Rentrer dans ce livre, c’est accepter d’emblée de se prendre à pleine volée une gifle monumentale. Racontée à la première personne, on file la vie de Déborah, une jeune adulte pas encore la trentaine, qui raconte son parcours dans la « puterie », comprenez la prostitution.
Fatigué d’une lutte permanente contre une maladie qui tait ses origines, elle décide d’arrêter ses études. De retour chez son père, elle se confronte à une précarité si grande que le seul moyen qu’elle trouve pour s’en sortir est de vendre son corps. Elle use de ses charmes pour commencer derrière un écran en mode Camgirl, puis en tant qu’escorte et enfin en dominatrice. De cette évolution dans le milieu du sexe monnayable, ce récit tonne comme une nécessité absolue, celle d’un déballage public pour se libérer d’un poids, assumer ses choix, les expliquer et reprendre enfin possession de son corps.
176 pages écrites qui défilent à toute vitesse dans un style haletant, rempli de fureur et d’urgence qui au fil du temps, gagne en confiance, en estime de soi et en maturité. Ce chemin introspectif permet à l’autrice de prendre toujours plus de recul sur sa situation et d’analyser le statut de prostituée. Elle déconstruit sa manière d’être, ainsi que celle de ses proches, des clients, des anonymes. Elle déchiquette sans gêne tous les pans de son métier, dans les moindres détails, de la honte aux clichés, du tabou au silence en passant par les fantasmes et l’âpreté de la réalité qui se donne. On l’accompagne à chaque instant. Ce romain nous tient en haleine grâce une présentation poignante et cabossée, martelée de fêlures et lacérée d’interrogations sur la parole des travailleuses du sexe au cœur d’une société patriarcale anxiogène. Sans concession, lucide, sincère de bout en bout et à la fois intimidant et glaçant, la vérité tombe avec violence.
Reprendre corps de Déborah Costes, Ed. Globe 176 pages, 17€
Burlesque Freaky Follies recherche activement de nouveaux talents qui se produiront notamment sur la scène ouverte du Montecito. Paillettes, strass, make up, émotion, burlesque, etc. Bien sûr, qui dit scène ouverte dit modestie du cachet (au chapeau), mais l’ambiance du bar est toujours au top.
L’adaptation d’un roman en version graphique n’est pas une mince affaire. Coller au récit, être juste dans la transposition des personnages, de l'enchaînement des scènes, toucher le lecteur. Un pari que Quentin Zuttion a relevé après la lecture du court roman de l’auteur mexicain Mario Bellatin Salon de beauté, finaliste du prix Médicis étranger en 2000. D’une intensité dévorante et d’une délicatesse poignante, il nous projette dans la vie de Jeshua, propriétaire de Beauty Fish !, un salon qui propose des soins de coiffure, maquillage, manucure à sa clientèle. Il s’y affaire avec ses deux collègues et amis Isai et Alex, travestis comme lui. Leur quotidien est empreint de désinvolture et d’une folie douce. Quand la nuit arrive, ces joyeux drilles se laissent porter par la danse et par une sexualité libre dans les bains publics comme dans les sous-bois.
À la suite d’un rapport rendu public le 29 août 2024, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante autour de la santé sexuelle des jeunes. On y constate une baisse notable de l’usage des préservatifs. Ce qui signifie que les adolescents européens âgés de 15 ans se protègent moins lorsqu’ils ont une sexualité dite active, ce qui entraîne de facto une augmentation des risques de transmission d'IST et de grossesses non désirées.
Le Conseil d’État a tranché. Sniffy, la poudre énergisante blanche à sniffer avec une paille, a été formellement interdite à la vente en France. Fin juillet, la ministre démissionnaire de la Santé, Catherine Vautrin, avait demandé la suspension du produit. La société le commercialisant, Power Factory, avait fait un recours dans la foulée.
Commercialisé sous le nom Sunlenca, ce traitement révolutionnaire qui ne nécessite que deux injections par an chez les personnes infectées par le VIH et qui serait être utile en prévention PrEP, pourrait « changer la donne », si son prix n’était pas si exorbitant.


Depuis le 1er septembre, les personnes de moins de 26 ans peuvent désormais se faire dépister gratuitement sans ordonnance dans les laboratoires d'analyses médicales, pour quatre infections sexuellement transmissibles.