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  • Avec la sortie le 17 mai de Baise platine, second album de Sébastien Delage, le chanteur-auteur-compositeur construit un concept autant organique qu’orgasmique. Un titre évocateur qui se fait ode à l’Amour et la sexualité gay dans sa beauté et sa pluralité. Sans tabou, ni retenue, il fouille, explore, dissèque et rend compte de ces plaisirs charnels qui l’obsèdent. Dans la continuité de Chanson de Baise du premier opus Rien compris, il passe au tamis les questionnements sociétaux sur l’intimité. Le désir brut et cru s’exprime sous toutes ses formes. Des relations amoureuses au polyamour, du consentement au chemsex en passant par le sexe libre, ces textes ciselés, ces images fiévreuses, ces rythmes saccadés donnent à l’ensemble une envie d’y retourner encore et encore, de se faire du bien, de profiter, de partager des moments de purs plaisirs.

    Avec un clip qui expose des ébats érotiques et flirtent avec la pornographie sans tomber l’atteindre, Sebastien fait de ce nouvel album une expérience à part entière. En effet, la sortie de Baise platine s'accompagne de tout un champ d’expressions et de réflexions autour des thématiques abordées dans ces titres. En effet pour prolonger l’expérience auditive et visuelle de Baise Platine, Sébastien Delage proposera une série de podcasts et un fanzine qui célèbrent « les sexualités queer à travers les yeux d’autres artistes LGBTQIA+ puisqu’elles sont uniques à chacun.e. » Nous vous proposons de retrouver l’artiste dans le numéro de juin de Strobo pour pénétrer plus profondément dans ses différents univers.

    Infos ici.

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  • Le 4 avril, les éditions Gallimard publient Heliogabale, une pièce inédite en 4 actes de Jean Genet. Le manuscrit de ce drame jamais monté sur scène sort des oubliettes, 80 ans plus tard. Jamais publiée, cette création écrite lors de son séjour en prison de Fresnes en 1942 pour vol de livre dans la librairie Stock.  Il n’a que 31 ans et parmi ces premiers écrits, on constate que celui-ci est une recherche, il tâtonne sur le vocabulaire, le style. Il nous présente les dernières heures de Héliogabale, un jeune prince romain assassiné. Jean Genet joue sur les thèmes qu’il affectionne avec un lyrisme incomparable : homosexualité, travestissement, réprobation et déchéance. Il magnifie l’abject. Un écrit qui en apparaissant de la Houghton Library de Harvard pose les bases de la légende qu’il se construit. Le génie de Genet à l’état pur.

    Héliogabale, de Jean Genet, ed. Gallimard, 15€, 112 pages.

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  • Instragam, Facebook, Youtube, TikTok, Snapchat, Twitch, Twitter, OnlyFans, JustForFans, Vimeo… sont leurs terrains de jeux favoris. Au fil de ses numéros, Strobo vous les présente, iels sont funs, engagé.e.s, tendances et font bouger les lignes

    maviedepapa

    C‘est l’histoire d’un couple de garçons, Pierre et Romain ainsi que de leurs trois filles et de leur Carlin. Tout ce monde prend vie sous forme de posts sur un compte Instagram dédié à mettre en lumière la vie de papa Pierre. On y croise des moments intimes du duo de papas, des photos de vie du quotidien, des voyages, et bien entendu la vie de leurs progénitures. On les voit grandir au fil des photos avec des commentaires qui nous permettent de prendre part à leur bonheur et de mieux comprendre ce que sont les questionnements et les petits bonheurs relatifs à la paternité, les coups de cœurs et les victoires. On apprend beaucoup, on découvre sans cesse et on s’aperçoit aussi que la vie de papa gay reste encore un coming out à faire qui n’est pas toujours simple. Voilà pourquoi, cette visibilité sur les réseaux sociaux sous une forme décontractée, sans tabou mêlant photos et vidéo est nécessaire et utile pour permettre de rendre banals ces nouveaux formats de familles.

    Instagram : @maviedepapagay (222K followers)

    2papasgays

    Éric et Jérôme sont les heureux papas de Augustine née au Canada de GPA. Leur profil Instagram et Facebook sont le récit de leur vie à trois. Ils y partagent leur aventure en détail. On suit les démarches pour se lancer dans une GPA. De deux garçons qui souhaitent devenir papas à deux papas gays, ils livrent leur parcours. Celui de la relation unique qui les lie avec Ashley la mère porteuse de leur fille, au transfert de l’embryon en passant par les échographies, les premiers achats jusqu’à l’annonce du sexe de l’enfant… tout est référencé. Si certains peuvent trouver cette démarche gênante car elle affiche un processus légalement interdit en France, elle offre la possibilité de saisir les différentes étapes obligatoires à entreprendre. Ils répondent aux questions, explique le nouveau rythme avec un petit bout de chou. C’est tendre, délicat, plein de bonnes ondes et ultra enrichissant côté pratique. A picorer sans modération.

    Instagram : @2papasgays (3974 followers)

    Facebook : @2papasgays (9200 followers)

    2papas1fille

    « La vraie famille, c’est celle que l’on se choisit, que l’on se crée ». Comment ne pas adhérer à une telle philosophie de vie de ce compte discret et si attendrissant ? Pierre et Steve ne sont pas peu fiers avec leur petite Charlotte, une petite beauté au regard malicieux. Tout n’est que joie, douceur et moments précieux. Dans cet album, peu de textes, mais des messages qui passent par la beauté des photos. Le regard perçant de Charlotte, l‘amour immodéré de ses pères, leur complicité nous projette dans un monde enchanteur. Photogénique à souhait, habillée avec goût, cette jeune personne joue les modèles avec aisance jusqu’à figurer dans les pages du Marie Claire Enfants. En voyage, de la plage à la campagne, en famille ou dorlotée par ses papas, Charlotte est le sujet principal de ce compte. On la voit épanouie, grandir et s’amuser, entourée et aimée. N’est-ce juste pas cela faire famille ? 2papas1fille en est l’expression.

    Instagram : @2papas1fille (609 followers)

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  • Inclusivité en entreprise : l’évolution en chiffres

    lesbiennes, gay, transgenres, bisexuel.le.s

    L’Association l’Autre Cercle a publié la 4ème édition de son baromètre. On avance dans le bon sens, mais…

    Si 60% des personnes sont aujourd’hui out (+10 points en 3 ans), il reste pas mal de chemin à parcourir à propos de l’homophobie, latente ou visible. Ainsi, si les violences physiques diminuent (10% des interrogés contre 14% en 2021), les violences verbales stagnent : 53% déclarent avoir été insultés ou victimes de remarques.

    Près de la moitié des gays, lesbiennes ou trans n'osent pas parler de leur orientation sexuelle au travail. Un long chemin…

    https://autrecercle.org/barometre-lgbt/

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  • Felicia, Mitzi et Bernadette vont reprendre du service 30 ans après le premier opus du film éponyme. Le réalisateur Stephan Elliott a convaincu les 3 comédiens originaux de rempiler pour une suite : « je ne voulais pas me répéter, alors il m’a fallu beaucoup de temps pour trouver quelque chose, pour réaliser qu’il y avait quelque chose à raconter sur la tolérance », argumente-t-il. Une histoire drôle et touchante, des répliques cultes et de nombreuses récompenses internationales pour le premier, alors le numéro 2 est attendu au tournant. On a hâte !

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  • Ce qui fut à une époque le Thermik, puis les Souffleurs vient de raccrocher. Enième lieu à baisser le rideau dans le Marais, cette adresse discrète en journée, rameutait toute la scène queer alternative la nuit venue. Espace étriqué en apparence, mais à l’esprit ultra ouvert, on venait boire des verres, refaire le monde, explorer de nouvelles sensations, se déhancher jusqu’à plus d’heures dans la cave voûtée où la chaleur humaine vous laissait un goût de plaisir infini.

    Quant au Bar’Ouf, le bar lesbien de la rue Saint Martin qui proposait des apéros-concerts, des expositions et des jeux de société et bien d’autres activités, il vient lui aussi à son tour de fermer ces portes. En guise de clap de fin, une soirée dansante pour une dernière fois, faire vibrer cette aventure humaine, lieu d’échange unique où les filles se sentaient comme à la maison. Merci pour ces moments. 

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  • Une association australienne a entrepris de rénover ce véhicule iconique de Priscilla, queen of the desert, film qui l’est tout autant pour la communauté LGBTQI. Le bus Hino Freighter de 1976 avait été laissé à l’abandon après le tournage. History Trust of South Australia cherche 2,2 millions de $ australiens (1,35 millions d’euros) pour l’intégrer dans une exposition immersive.

    https://shoutforgood.com/fundraisers/savethequeen

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  • Dans ce roman écrit à la première personne, Paul Varjak relate l’histoire d’un gay parisien… La sienne ? La question reste en suspens. Dans ce périple qui nous conduit des années 1970 à aujourd’hui nous remontons le fil de la vie d’un homme partage des moments fondateurs de son existence. On pourra se dire, que c’est un énième livre du genre et que l’on n’y trouvera rien de neuf. Cela serait bien hâtif et malheureux. Tout parcourt est un ajout précieux à la compréhension sociologique de l’homosexualité dans son quotidien.

    Et pour le coup, ce roman dresse le portrait d’un garçon qui dès son plus jeune âge à tout de suite su qu’il était en marge du profil classique mais qui malgré tout va tomber dans les travers d’un couple monotone, muré dans la routine et l’ennui jusqu’à la découverte d’une vie parallèle faite de visite de lieux de dragues et abandons à de nouveaux plaisirs. Construit comme une pièce en 5 actes, ces chroniques progressent dans la dramaturgie d’une vie qui s’avère bien plus atypique qu’il n’y parait. Véritable bouffée d’air, il s’engage sur une nouvelle voie : après 13 ans, il retrouve le célibat à quarante et un ans et s’amuse en multipliant les plans sexuels à la chaîne sans tabou. Ce partage est de l’ordre du chemin initiatique, celui d’une renaissance, d’un déclic. Celui qui libère dans un sens et le construit de l’autre.

    Truffé de références à la culture gay, d’expériences que nous avons vécus, nous l’accompagnons d’un œil goguenard, d’une réflexion légère pour en fin de compte, se rendre compte que ses questionnements entre noir et blanc sont nôtres.

    Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? Chroniques d’un gay parisien, de Paul Varjak, Ed. Edilivre, 20€,  302 pages.

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  • L’application de rencontre pour la communauté LGBT la plus connue au monde aurait partagé le statut sérologique de ses utilisateurs avec des agences de publicité. Le propriétaire américain de l’application aurait permis l’accès aux informations privées des utilisateurs, en violation de la loi britannique rapporte The Guardian. Le cabinet d’avocats Austen Hays a déposé le lundi 22 avril une plainte devant la Haute Cour de Londres, affirmant que des milliers d’utilisateurs britanniques de Grindr ont vu leurs informations utilisées à mauvais escient. Jusqu’à présent, 670 personnes se sont portées partie civile et l’entreprise a déclaré que des « milliers » d’autres personnes avaient exprimé le souhait de se joindre à elle.

    Grindr avait annoncé qu’il cesserait de partager le statut VIH des utilisateurs avec des entreprises tierces en avril 2018 après qu’un rapport de chercheurs norvégiens a révélé le partage de données avec deux entreprises.

    En 2021, l’autorité norvégienne de protection des données a infligé à Grindr une amende de plus de 5,5 millions d’euros (10 % de son chiffre d’affaires mondial) pour avoir enfreint le règlement général sur la protection des données.

    Chaya Hanoomanjee, directrice générale d’Austen Hays, qui dirige la plainte, a déclaré : « nos clients ont éprouvé une grande détresse parce que leurs informations très sensibles et privées ont été partagées sans leur consentement. » Un porte-parole de Grindr a rétorqué : « nous nous engageons à protéger les données de nos utilisateurs et à nous conformer à toutes les réglementations applicables en matière de confidentialité des données, y compris au Royaume-Uni. » Affaire à suivre !

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  • De la prison ferme ! Le polémiste Alain Soral ira y séjourner pendant 40 jours suite à la décision du Tribunal Fédéral l’incriminant pour discrimination et incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle. Souvenez-vous des faits.

    En aout septembre 2021, Alain Soral tient « un langage rabaissant, déshumanisant et outrancier », et invitant les internautes à « mépriser une journaliste en raison de son orientation sexuelle en particulier », précise la Cour suprême helvétique. Ce sont bien des propos insultants et discriminant qui ont été proférés à l’attention de Cathy Macherel, journaliste à la Tribune de Genève. C’est une première sur cette norme pénale qui servira désormais de jurisprudence sur des cas similaires.

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