Articles | Brèves
  • Il est des personnalités hors cadre, foutraques, plurielles et tellement singulières. Elian Lille dit Elian pine Carrington en est une. Dans EpC L’inqueerable, aux éditions Maïa, tout est dit sans pincette, ni délicatesse quoique si parfois. Mais ce qui est bon, c’est d’aller à sa rencontre. Et quoi de plus efficace qu’une autobiographie pour tout balancer. Plus de 353 pages qui filent comme la folie douce de cette créature. De 1961 à 2023, 40 anecdotes nous sont comptées comme autant de moments qui ont façonné une existence entre le vrai, le faux et le réel. Une accumulation de mots qui s’enchevêtrent et qui brossent le portrait d’un performeur en perpétuelle transformation.

    Mais de ces multiples instants, on traverse toute une époque, on croise des amis, on foule des lieux mythiques, on vit par procuration la rétrospective d’une vie aux multiples facettes, où jamais rien n’est définitif. Une galaxie percutante qui crie la fureur de vivre, les désillusions, les joies insolentes, le pire comme le meilleur, mais franc du collier à n’en pas douter. Etes-vous prêt.e.x.s ? Prenez une grande inspiration, embarquement immédiat pour une virée en apnée un récit queer, celui de l’Inqueerable par excellence, l’incontournable EpC !

    EpC L’Inqueerable, de Elian Lille, Ed. Maïa, 26€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le 3 juillet, un communiqué officiel signé de sept organisations (Toutes Des Femmes, Acceptess-T, Outrans, SOS Homophobie, l’Inter-LGBT, Aides et la Fédération LGBTI) demande l’abrogation du fichier de police sur les personnes trans et immigrées ayant changé d’état civil. Les associations citées ont déposé des recours auprès du ministre de l’Intérieur et du Premier Ministre pour que ce décret soit déclaré nul au plus vite.

    Au regard du contexte politique actuel, ce fichier porte atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux des personnes trans. En effet, en créant un « traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « table de correspondance des noms et prénoms », cela signifie la mise en place d’un fichier automatique, systématique et indifférencié de chaque personne ayant changé de prénom et/ou nom. Mais en rendant accessible ces données aux forces de l’ordre, l’inquiétude monte face aux dérives que cela pourrait entraîner et « favoriser des violences policières transphobes ». Le risque (écarté pour le moment heureusement) d’une arrivée au pouvoir du RN renforce ces inquiétudes et l’urgence de supprimer ce texte.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Imaginez ce que peut provoquer la collaboration entre « l’enfant terrible de la mode » Jean Paul Gaultier et le chausseur de talent romanais connu pour son fameux tressé cuir Stéphane Kélian ! Le musée de la Chaussure à Romans-sur-Isère propose jusqu’au 3  novembre de vous glisser dans la magie des réalisations nées de l’imagination de ces deux génies français. 

    Quand l’audace rencontre l’excentricité. C’est bien cela qu’Olivier Jault, designer de chaussure et collectionneur, co-commissaire de l’exposition Jean Paul Gaultier pour Stéphane Kélian « Roman d’une rencontre » a voulu mettre en scène au cœur d’une chapelle. Un lieu unique, tel un écrin pour la rétrospective d’une aventure créative faite de confiance, d’insolence, de savoir-faire et de désinvolture. Olivier Jault, le passionné d’histoire et des techniques de confection autour du monde de la chaussure, qui a longtemps travaillé aux côtés de Jean Paul Gaultier s’est pris de passion à l’idée de mettre en lumière les trésors qui sur plus d’une vingtaine de défilés prêt-à-porter du créateur ont vu naître des chaussures qui accompagnaient les tenues.

    Une rencontre, un partage

    De 1984 à 1996, ce qui va émerger de « l’union » de ces deux artistes va dépasser l’entendement. Bien plus que de simples réalisations, ces chaussures sont de véritables œuvres d’art. Fusion fantastique et détonante entre l’univers atypique et tourbillonnant du jeune créateur et la capacité presque renversante de l’expert à concrétiser tout concept même les plus impensables en réalité. Pour rendre hommage à ce mariage de déraison consenti entre deux esprits loin des stéréotypes, qui de mieux que ceux qui ont été les acteurs historiques des deux maisons, les amis, les férus de mode ?

    Tout tenté, tout créé

    Il en ressort, une scénographie qui invite à explorer l’anticonformisme du duo, la technicité dans chaque réalisation, les détails, l’exécution, le rendu, l’âme de chaque pièce qui ne fait pas qu’habiller une paire de pieds, mais surtout les sublime et leur donne une visibilité toute nouvelle, dans un ensemble esthétique. Car de la fantaisie, il y en a eu en plus de 10 ans de collaboration parsemés de projets originaux. L’un inspirant l’autre, c’est la mutualisation de leur liberté d’imaginer un produit fini, de qualité, beau et souvent très complexe à élaborer qui les excitait. Rien n’était impossible, rien. De la paire de boots pour homme à talons haut avec le talon transparent avec un flash lumineux au derby évidé d’une partie de son cuir, en passant par les bottines à talon mi-mollet issues de la collection Les rap’pieuses ou encore les sneakers montants avec bout et broche métal de la collection French gigolo, l’humour flirte avec les références culturelles quand le sportswear et le streetwear envahissent les podiums.

    Une aventure hors pair qui laissera à jamais ses empreintes au fil des paires qui ont été imaginés et foulé les défilés comme autant d’accessoires de mode à part entière. En répondant aux « désirs les plus fous » de Jean Paul Gaultier, chaque innovation de Stéphane Kélian « laisse place à une chaussure « tendance», adaptée à chaque silhouette, devançant chaque nouvelle mode, donnant naissance à de nouvelles identités », comme l’explique si joliment le journaliste Patrick Cabasset, un proche de jean Paul Gaultier.

    Jean Paul Gaultier pour Stéphane Kélian « Roman d’une rencontre », jusqu’au 3 nov. 2024 au musée de la Chaussures, 26100 Romans-sur-Isère.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le théâtre du Rond-Point débute sa saison 2024/25 avec l’artiste argentine Marina Otero. Autant dire que la salle Renaud-Barrault va vibrer avec cette chorégraphe, danseuse et performeuse, icône de la scène alternative qui vient y présenter un portrait en trois volets aux noms explicites tout comme les thématiques qu’ils abordent.

    Tout commence avec Fuck Me, qui convoque cinq « sex-symbols » masculins, puis vient Love Me, dans lequel elle se livre à un solo sans artifice et sans filet pour finir avec Kill Me, dans lequel elle aborde sa crise de la quarantaine et la folie amoureuse. Du 22 au 29 septembre, la dramaturge déshabille au sens littéral comme figuré sa vie et sa troupe. A travers une succession de tableaux, la nudité sert de prétexte à explorer des interstices de cette trilogie scénique autofictionnelle intitulée Recordar para vivir (Se rappeler pour vivre). 

    Irrévérencieusement jouissif

    Basée sur la construction d’une œuvre sans fin sur sa propre vie, ces œuvres sont des témoins des différentes phases de son existence. Avec Fuck Me, Marina assise sur le rebord de la scène raconte l’histoire de son pays, l’Argentine, de la dictature à aujourd’hui. Là, cinq hommes uniquement vêtus de bottes et de grenouillères évoluent dans des déambulations rythmées pour s’adonner à un érotisme de cuir et de latex pittoresque, burlesque à souhait et étincelant. Un rendez-vous fascinant, sans tabou qui ose tout et laisse simplement bouche-bée d’étonnement.

    Love Me est une autre histoire. Changement radical de paradigme. Marina est seule, elle vit l’instant. Sur scène, elle se confie directement aux spectateurs. Le corps est au centre des préoccupations, toujours, encore, inlassablement. Ses angoisses, ses préoccupations, sa violence, elle l’exploite, le force, le contraint, le libère, l’absout. Danser pour exister, danser pour se décharger, pour rompre avec la lourdeur du monde et ces incidences.

    Kill Me, là où tout est né. La prise de conscience de la quarantaine, l’urgence de vivre, de ne rien rater, de profiter. Un déclic qui a provoqué la nécessité de tout filmer pour se livrer à cœur ouvert 24h sur 24. Jusqu’à la chute. Celle qui annonce un changement : un diagnostic psychiatrique est posé. C’est un tourbillon de folie douce qui se met en place. Avec 5 danseurs atteint de troubles mentaux et d’un acteur, elle sonde la passion amoureuse jusqu’à son paroxysme. Impulsive, tendre, rageuse et éclectique, Marina Otero va vous faire voyager dans sa tête, dans ses mondes, dans cette expression théâtrale où tout est possible, comme tout ce qui se passe au sein du théâtre du Rond-Point.

    Fuck Me du 18-22 septembre 2024,

    Love Me le 24 septembre,

    Kill Me du 25 au 29 septembre, Salle Renaud-Barrault, Théâtre du Rond-Point.

    Infos et résa ici.

    Crédit photos : Ale Carmona, Maca de Noia, Matias Kedak

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Artiste idolâtrée dans le monde entier, Céline Dion est à l’honneur cet été à travers deux documentaires passionnants qui proposent d’explorer deux moments intimes et constitutifs de sa vie. 

    A commencer par Céline, la note parfaite de l’Eurovision disponible sur Arte. 54 minutes qui nous ramènent en 1988, lorsque la jeune québé-coise a remporté le grand con-cours de chant européen. A base d’images d’archives et de témoignages, on y découvre une jeune fille pleine de vie qui, en remportant ce show pour un pays qui n’est pas le sien, va propulser sa carrière vers le firmament. Je suis : Céline Dion, le second programme est quant à lui diffusé en exclusivité sur Prime Vidéo. Celui-ci se veut plus brut, plus incisif, plus dérangeant même diront certains. Vous y voyez la chanteuse dans tout ce qu’il y a de plus grandiloquent. De concerts en enregistrements jusqu’aux confidences et la lutte contre cette maladie qui l’affecte et l’a obligé de mettre en retrait sa carrière, Céline Dion se livre comme jamais.

    Forte et fragile, inquiète et battante, elle met enfin des mots sur le syndrome de la personne raide dont elle souffre. « Ces dernières années ont été un grand défi pour moi, de mon diagnostic jusqu'à l'apprentissage d’une façon de vivre avec la maladie et de la gérer, sans la laisser me définir », écrivait en janvier la principale intéressée. « Alors que je marche vers un retour à ma carrière de chanteuse, je réalise à quel point elle me manque, à quel point mes fans me manquent. Pendant mon absence, j'ai choisi de documenter cette partie de ma vie pour sensibiliser les gens à cette maladie peu connue et aider ceux qui partagent ce diagnostic » déclare-t-elle sur son profil Instagram. Un moment inédit, un poil voyeur parfois dans la réalisation de la nominée aux Oscars Irène Taylor, mais un rendez-vous authentique. Du vrai Céline Dion comme on l’aime.

    A voir sur Prime Vidéo : Je suis : Céline Dion - primevideo.com/-/fr/detail/Je-Suis-Céline-Dion

    A voir sur Arte : www.arte.tv/fr/videos/118452-000-A/celine-dion-la-note-parfaite-a-l-eurovision

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Merci à nos amis du Croque Bedaine qui nous permettent de distribuer Strobo sur toute la région niçoise. Le Croque Bedaine, c’est tout l’art d’associer avec doigté une large sélection de bières bien fraîches avec des croques aussi généreux que savoureux, des plus classiques aux déclinaisons les plus goûteuses

    Infos ici.

    Bruno De
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  • On se souvient d’un 22 novembre 1963. De ces quelques images glaçantes et du regard perdu de la Première Dame que fut Jacqueline Kennedy lors des tirs qui emportèrent son mari, le 35e Président des Etats-Unis d’Amérique JFK lors d’un voyage à Dallas. Le mythe naissait. Mais qui était-elle vraiment côté public et privé ? Pour le découvrir, une exposition magistrale à l’Espace Hôtel de Lagoy à Saint Rémy de Provence vous invite à rendre hommage à cette femme d’exception, à l’occasion du 30e anniversaire de sa disparition. Celle qui a marqué des générations entières par sa prestance, son élégance, ses activités philanthropiques et son goût prononcé pour l’art se voit aujourd’hui honorée à travers Jacqueline Kennedy : parlez-moi d’amour. Une mise en scène immersive sous forme d’autobiographie de Jacqueline Kennedy Onassis à travers le temps.

    Plus de 220 photos retracent les grands moments de sa vie, de l’image léchée que nous en avons à son intimité avec John Fitzgerald Kennedy.

    Grace à la reconstitution la plus fidèle du bureau ovale à la Maison Blanche tel qu’il était sous le mandat de son défunt époux à la cabine présidentielle dans l’avion Air Force One, vous pénétrez dans les coulisses d’une vie à la fois politique et privée. Sans compter l’impact de la Première Dame dans le monde de la culture et les arts américains. Vous pourrez notamment revivre les concertos de l’époque qui sont interprétés dans la cour en plein air de l’Hôtel de Lagoy. Et si vous souhaitez prolonger cette balade dans l’univers de Jackie Kennedy, pourquoi pas participer sur réservation à un dîner de Gala des plus prestigieux, le 10 août à Tête d’Ail pour mettre une touche d’exceptionnel à cette visite sur les traces de l’une des icônes du XXe siècle.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • L’été offre son lot de festivals et Montpellier n’est pas en reste : ce festival aura lieu du 23 au 25 août dans le bel écrin de verdure du parc du château de Grammont. Une vingtaine d’artistes indie-pop-rock se succéderont sur 2 scènes à partir de 16h, histoire de se déhancher à la fraîche. Les organisateurs promettent un événement « atypique, éco-responsable et mettant en avant l'artisanat et les producteurs locaux ».

    https://palmarosa-festival.fr

    Bruno De
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  • Depuis quelques jours vous pouvez visionner sur Netflix un documentaire très bien monté entièrement consacré à l’histoire de l’humour queer. Outstanding : a comedy revolution, comme son nom l’indique, va bien plus loin qu’une compilation des bons jeux de mots et sketchs par des grands noms du stand up LGBTQIAP+, c’est une magistrale rétrospective historique de cette visibilité que la scène à pu apporter à la communauté par le biais de l’humour. En effet, lorsqu'on sait qu’on ne peut pas forcément rire de tout, montrer que ceux qui sont les premiers intéressés peuvent une fois de plus retourner le sujet pour en faire une arme est juste génial. Adossé à Stand Out, un spectacle organisé en mai 2022 et dans lequel de 22 artistes queer ont performé, ce documentaire parsemé d’une sélection d’images d’archives, de spectacles et de témoignages démontre comment la scène est devenue une tribune de revendications à chaque époque pour réclamer l’égalité des droits.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Bordeaux : nouveau local pour le Girofard

    gay, transgenres, bisexuel.le.s, Queer

    Le centre LGBTI+ change d’adresse : à partir du 5 septembre, l’accueil se fera au 21 rue du Loup, dans les mêmes locaux qu’ENIPSE et Bordeaux Ville sans Sida. Que ce soit pour une consultation avec un psychologue ou un tabacologue, une aide juridique, un dépistage, l’équipe est au taquet. Pour plus d'informations ou prendre rendez-vous : contact@le-girofard.org ou www.le-girofard.org.

    Bruno De
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