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  • Le parlement suédois, à majorité de droite conservatrice, a adopté une double loi, l'une abaissant de 18 à 16 ans l'âge minimum pour changer de genre à l'état civil, et la seconde pour simplifier l'accès à des interventions chirurgicales pour les majeurs.

    La Suède a été le premier pays à autoriser le changement de sexe à l’état civil en 1972. Le débat a été très clivé, dans l’hémicycle mais aussi dans la société civile.  La coalition au pouvoir a fait passer le texte grâce à l’appui de l’opposition de gauche.  La Suède emboîte le pas à l’Espagne et à l’Allemagne. Espérons que la récente proposition de loi française n’atterrira pas aux oubliettes…

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  • Dans ce roman écrit à la première personne, Paul Varjak relate l’histoire d’un gay parisien… La sienne ? La question reste en suspens. Dans ce périple qui nous conduit des années 1970 à aujourd’hui nous remontons le fil de la vie d’un homme partage des moments fondateurs de son existence. On pourra se dire, que c’est un énième livre du genre et que l’on n’y trouvera rien de neuf. Cela serait bien hâtif et malheureux. Tout parcourt est un ajout précieux à la compréhension sociologique de l’homosexualité dans son quotidien.

    Et pour le coup, ce roman dresse le portrait d’un garçon qui dès son plus jeune âge à tout de suite su qu’il était en marge du profil classique mais qui malgré tout va tomber dans les travers d’un couple monotone, muré dans la routine et l’ennui jusqu’à la découverte d’une vie parallèle faite de visite de lieux de dragues et abandons à de nouveaux plaisirs. Construit comme une pièce en 5 actes, ces chroniques progressent dans la dramaturgie d’une vie qui s’avère bien plus atypique qu’il n’y parait. Véritable bouffée d’air, il s’engage sur une nouvelle voie : après 13 ans, il retrouve le célibat à quarante et un ans et s’amuse en multipliant les plans sexuels à la chaîne sans tabou. Ce partage est de l’ordre du chemin initiatique, celui d’une renaissance, d’un déclic. Celui qui libère dans un sens et le construit de l’autre.

    Truffé de références à la culture gay, d’expériences que nous avons vécus, nous l’accompagnons d’un œil goguenard, d’une réflexion légère pour en fin de compte, se rendre compte que ses questionnements entre noir et blanc sont nôtres.

    Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? Chroniques d’un gay parisien, de Paul Varjak, Ed. Edilivre, 20€,  302 pages.

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  • Du 14 février au 17 août 2025, la Philharmonie de Paris et le Musée de la Musique consacrent une exposition sur la disco. En qualité de commissaires d’exposition pour nous faire voyager dans ce monde, la crème des experts seront de la partie. Jean-Yves Leloup sera aux côtés de Patrick Thévenin et Marion Challier, la capitaine des expositions temporaires de l’établissement à qui on doit celles sur David Bowie, Django Reinhardt ou encore Jamaica Jamaica sur Bob Markley.

    Quelques petites infos circulent : la bande-son sera assurée par Dimitri From Paris. Cette expo entend approcher le phénomène disco d'un point de vue à la fois musical, culturel, sociétal, sexuel et politique, réunissant de nombreux documents, photos, vidéos, pochettes, instruments, vêtements et œuvres d'art. Un bon sonore, sensoriel et émotionnel dans ce phénomène qui conquit et influença dès le début des années 1970 la planète entière. Encore quelques mois de patience.

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  • Une websérie avait été réalisée avec peu de moyens et avait eu son petit succès (youtube.com/@Qlaserieetlefilm). La Compagnie Galante a donc décidé de se lancer dans l’écriture d’une « comédie romantique chorale 100% lesbienne qui raconte avec humour différentes histoires d’amour « gouines » d’aujourd’hui". Un chassé-croisé amoureux qui réunit les amies et amantes de la websérie Q, entre intimité et solitude, amitiés et coups de foudre. » Le but est de montrer avec tendresse et autodérision les différentes facettes et configurations amoureuses des histoires de cœur et de corps, autre chose que des histoires de sortie d'hétérosexualité et des films lesbiens tragiques. Mais pour garder son indépendance de production, et donc d’artistes, une levée de fonds a été lancée à hauteur de 20 000 €. C’est très peu vis-à-vis de productions nationales, mais suffisant pour louer du matériel et un espace de tournage.

    Pour aider et voir son nom au générique : helloasso.com/associations/compagnie-galante

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  • La Rando de Bruno

    Depuis 3 ans, la Rando de Bruno propose des rencontres sur les chemins d’Ile-de-France et au-delà. Au-delà du grand air et plus conviviale que sportive, Bruno l’a voulue inclusive et donc ouverte à tous. Déjà 500 membres ont rejoint le groupe et Bruno propose même des séjours à la montagne.

    Infos ici.

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  • Quel beau nom pour cette première compilation du label Warriorrecors. C’est un florilège aux couleurs du rainbow flag que cet album entièrement curatée par Rebeka Warrior, elle-même. Au menu, 15 morceaux originaux imaginés par 15 artistes provenant d’horizon multiples et toustes issues de la scène queer. L’occasion de se laisser emporter par un flow qui va vous booster. C’est enivrant, punchy et diablement bon. L’occasion aussi de retrouver toute l’ambiance de cet opus au plus près de chez vous avec le RainboWarriors Tour qui fera escale le 1er juin à la Laiterie de Strasbourg, le 7 au Warehouse de Nantes, le 22 au Slalom de Lille ou encore le 23 juin au Large Festival de Marseille. 

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  • L’application de rencontre pour la communauté LGBT la plus connue au monde aurait partagé le statut sérologique de ses utilisateurs avec des agences de publicité. Le propriétaire américain de l’application aurait permis l’accès aux informations privées des utilisateurs, en violation de la loi britannique rapporte The Guardian. Le cabinet d’avocats Austen Hays a déposé le lundi 22 avril une plainte devant la Haute Cour de Londres, affirmant que des milliers d’utilisateurs britanniques de Grindr ont vu leurs informations utilisées à mauvais escient. Jusqu’à présent, 670 personnes se sont portées partie civile et l’entreprise a déclaré que des « milliers » d’autres personnes avaient exprimé le souhait de se joindre à elle.

    Grindr avait annoncé qu’il cesserait de partager le statut VIH des utilisateurs avec des entreprises tierces en avril 2018 après qu’un rapport de chercheurs norvégiens a révélé le partage de données avec deux entreprises.

    En 2021, l’autorité norvégienne de protection des données a infligé à Grindr une amende de plus de 5,5 millions d’euros (10 % de son chiffre d’affaires mondial) pour avoir enfreint le règlement général sur la protection des données.

    Chaya Hanoomanjee, directrice générale d’Austen Hays, qui dirige la plainte, a déclaré : « nos clients ont éprouvé une grande détresse parce que leurs informations très sensibles et privées ont été partagées sans leur consentement. » Un porte-parole de Grindr a rétorqué : « nous nous engageons à protéger les données de nos utilisateurs et à nous conformer à toutes les réglementations applicables en matière de confidentialité des données, y compris au Royaume-Uni. » Affaire à suivre !

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  • Inclusivité en entreprise : l’évolution en chiffres

    lesbiennes, gay, transgenres, bisexuel.le.s

    L’Association l’Autre Cercle a publié la 4ème édition de son baromètre. On avance dans le bon sens, mais…

    Si 60% des personnes sont aujourd’hui out (+10 points en 3 ans), il reste pas mal de chemin à parcourir à propos de l’homophobie, latente ou visible. Ainsi, si les violences physiques diminuent (10% des interrogés contre 14% en 2021), les violences verbales stagnent : 53% déclarent avoir été insultés ou victimes de remarques.

    Près de la moitié des gays, lesbiennes ou trans n'osent pas parler de leur orientation sexuelle au travail. Un long chemin…

    https://autrecercle.org/barometre-lgbt/

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  • La Ligue de Football Professionnel a décidé de coupler les 17 et 18 mai ses campagnes de lutte contre l’homophobie et le racisme. Dans la tempête suite au refus de certains joueurs de porter un maillot arc-en-ciel, la LFP a décidé de botter en touche : un logo discret sur les maillots et une bâche déployé avant les rencontres de ce week-end. Le menu paraît bien maigre… L’association Panamboyz and Girls s’est dissociée de la campagne : « nous sommes reconnaissants à la Ligue d'agir contre l'homophobie, mais invisibiliser les couleurs LGBT à ce point, c'est donner raison à ceux qui ont refusé de porter le maillot » regrette son porte parole. Même chose pour les sanctions contre les supporters et joueurs malveillants, anecdotiques jusqu’ici, alors que certains pays voisins font beaucoup mieux.

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  • Nommée au ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations en janvier 2024, Aurore Bergé se retrouve régulièrement prise à partie sur les réseaux sociaux pour d’anciennes prises de position problématiques sur les questions LGBT.

    Nous sommes à la soirée officielle des 30 ans de SOS homophobie, le 11 avril dernier. Après le discours des co-présidents Joël Deumier et Véronique Godet, Aurore Bergé prend la parole. En préambule de son discours, la ministre se plaint d’être en permanence ramenée à tweet de novembre 2012 contre le mariage pour tous et souhaite réaffirmer son soutien de longue date à l’égalité des droits. De quoi s’agit-il ? En novembre 2012, la militante, alors membre de l’UMP, a 26 ans. Le débat autour du mariage pour tous commence à monter en puissance. Dans un tweet, elle dénonce les propos homophobes d’un des membres de son parti, Nicolas Dhuicq. Un autre élu l’interpelle alors : « dans un précédent tweet vous vous disiez contre l'adoption par les homosexuels. Qu'en est il du mariage ? », la questionne-t-il. Elle fait cette réponse : « je suis contre le mariage et l'adoption par les couples homos et contre la bêtise crasse et l'homophobie. » Or, Aurore Bergé affirme ensuite avoir manifesté en faveur du mariage pour tous, le 27 janvier 2013, à peine deux mois après. Un article du Journal du dimanche atteste en effet de sa présence ce jour-là. « Si elle bat le pavé ce dimanche, c’est parce qu’elle dit constater « une vraie libération de la parole homophobe », écrit le journal. Son tweet de novembre ressort le 23 avril dernier, jour anniversaire du dernier vote à l’Assemblée pour l’ouverture du mariage. Elle se félicite : « je suis fière d'avoir été de ceux qui avaient marché pour le #mariagepourtous ! Fière de m'être engagée pour cette liberté. »Le compte Le coin des LGBT+ lui rappelle son tweet de novembre. Elle y répond : « vous résumez mon engagement à un tweet, daté de 2012 dont la première vocation était de dénoncer l'homophobie. La vérité est différente. Elle est documentée. En 1 minute sur internet vous retrouvez tribune, interview, article de presse qui expliquent mon engagement EN FAVEUR du mariage pour tous dès janvier 2013. A un moment où à droite, nous étions si peu nombreux à nous engager. A un moment où je n'avais rien à y gagner mais tout à y perdre puisqu'on me menaçait d'exclusion, moi qui était candidate aux municipales. Je l'ai fait par conviction, sincère. J'ai écouté les auditions à l'Assemblée nationale. J'ai écouté mes proches. Et j'ai vite compris l'importance du mariage pour tous, de cette reconnaissance par la République de l'amour, de l'égalité et de fraternité. J'ai donc milité et marché pour le mariage pour tous. Un engagement et une conviction ancrés en moi et qui n’ont pas bougé depuis. » Dont acte.

    Rencontre avec les TERFS

    Autre sujet, les droits des personnes trans. En novembre 2022, Aurore Bergé, alors présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée reçoit Dora Moutot et Marguerite Stern, militantes transphobes (ou TERF, pour Trans Exclusionary Radical Feminist), qui viennent de commettre l’horrible livre Transmania. La future ministre pose alors tout sourire avec les deux femmes. Et se justifie ensuite sur Twitter : « oui je reçois des militantes des droits des femmes et de leurs libertés », Puis reprenant le vocable TERF : « l’égalité des droits ne passe pas par l’invisibilisation des femmes ». Peu après, elle propose un amendement à la loi de constitutionnalisation de l’IVG qui a été compris comme une exclusion des hommes trans. Pour l’égalité des droits, on a vu mieux. Sur ce point on attend toujours une explication. Joël Deumier a bien tenté d’en obtenir une lors de la soirée des 30 ans de SOS homophobie. A la fin de son discours, il demande à la ministre de se prononcer sur la proposition de loi de la sénatrice Mélanie Vogel, qui permettrait un changement d’état civil libre, gratuit et déjudiciarisé (voir Strobo n°30). Quelques minutes plus tard, la ministre répond, mais à côté. Le gouvernement s’opposera à une autre proposition de loi, celle des sénateurs LR, qui veulent interdire les transitions pour les mineurs, explique-t-elle. Silence sur la proposition de loi Vogel. Et pas un mot cette fois-ci pour remettre en cause le tweet concernant Dora Moutot et Marguerite Stern. Qui lui est pourtant autant reproché que son tweet contre le mariage pour tous, et qui va vraisemblablement continuer à l’être, à juste titre.  Si elle veut que cessent les tweets hostiles à son encontre, la ministre a encore un peu de chemin à faire. Sur la question du mariage pour tous, même si son revirement en peu de temps interpelle, elle a commencé à clarifier les choses. En revanche, pourquoi avoir reçu deux militantes violemment anti-trans et n’avoir jamais condamné leurs propos et leurs agissements ensuite ? Pourquoi s’opposer à une proposition de loi transphobe, mais garder le silence sur une proposition de loi progressiste pour les personnes trans ? Pour l’instant, on est dans le flou le plus complet. Et pour citer la grand-mère de Martine Aubry, « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup. » Un peu gênant pour une ministre justement chargée de lutter contre les discriminations.

    Xavier Héraud
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