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  • Un combat, une vie. L'essai Sexe et utopie pour une sexualité radicale tire son essence de treize articles issus de Public Sex, écrits par Patrick Califia. Sa publication par les Editions La Musardine s'inscrit dans un contexte socioculturel où les discours sur la sexualité évoluent rapidement. Cet ouvrage propose une réflexion audacieuse sur la sexualité contemporaine, en interrogeant les normes et les tabous qui l'entourent pour changer. Notre regard sur nos envies et ce que l’on aime.

    Patrick Califia, militant des droits sexuels et de la diversité des genres, invite le lecteur à envisager une sexualité libérée des contraintes patriarcales et hétéonormatives. Dans une interview récente, il déclare : « la sexualité ne peut être réduite à des schémas traditionnels. Il est temps de penser en dehors des cases, d'explorer des formes d'amour et de désir qui nous ressemblent vraiment. » Cette assertion résume parfaitement l'essence de son propos : la nécessité d'une réinvention radicale des pratiques sexuelles. Au fil des pages, l’auteur aborde des thèmes variés, allant du consentement à la polyamorie, en passant par la déconstruction des stéréotypes sexuels. Il souligne que « la sexualité doit être un terrain d'expérimentation et de joie, non un champ de bataille où les individus se battent pour des normes imposées ». Par cette phrase, l'auteur met en avant l'idée d'un espace où chacun peut explorer sa propre sexualité sans crainte de jugement.

    Cet essai intervient à un moment où le mouvement #MeToo a profondément bouleversé les mentalités autour de la sexualité. Califia, lors d'une interview précise : « si l'on veut vraiment changer les choses, il faut aller au-delà des débats moraux et proposer des alternatives concrètes. La sexualité radicale n'est pas une utopie, mais un projet de société. » Cette vision utopique, mais réalisable, est au cœur de son ouvrage. Cette sélection de textes ne se contente pas de poser un diagnostic, il propose également des pistes de réflexion. Patrick Califia évoque l'importance de la communication dans les relations intimes et la nécessité de redéfinir les rapports de pouvoir au sein des couples. Il écrit : « la sexualité doit être un dialogue, un échange où chacun peut exprimer ses désirs sans peur. » Loin de n’être que théorique, Sexe et utopie  est un manifeste pour une sexualité émancipée. Cette œuvre a un impact majeur sur nos émancipations et nous invite à repenser nos désirs tout en envisageant une sexualité qui nous libère, plutôt que de nous enfermer. En ces temps de bouleversements sociaux, Patrick Califia nous rappelle que l'utopie sexuelle est à portée de main, à condition d'oser la revendiquer et de l'incarner.

    Sexe et utopie pour une sexualité radicale, de Patrick Califia, Editions La Musardine, Coll. L’attrape-corps, 222 p., 18€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La confusion règne autour des déclarations de Donald Trump concernant l’aide financière destinée aux personnes LGBTQ au Lesotho. Dans un discours devant le Congrès, le président américain a affirmé que « huit millions de dollars pour promouvoir les LGBT+ » étaient alloués à ce petit royaume d'Afrique australe, suscitant l'incrédulité.

    Cependant, la principale ONG du pays, People’s Matrix, a catégoriquement démenti cette affirmation. Son porte-parole, Tampose Mothopeng, a déclaré : « on ne reçoit littéralement pas de fonds américains », précisant qu’ils n’ont « aucune idée de l’affectation de ces 8 millions de dollars ».

    Ce démenti intervient alors que le site gouvernemental américain foreignassistance.gov, qui compile les subventions, ne mentionne aucun financement destiné à des ONG soutenant les personnes LGBTQ. Les déclarations de Trump semblent donc sans fondement. « On ne sait pas qui a reçu ou va recevoir cet argent », a ajouté Mothopeng, soulignant l'absence totale de budget correspondant à la somme évoquée comme précisé dans les colonnes du quotidien Sud-Ouest. Le Lesotho, avec un taux de prévalence du VIH parmi les plus élevés au monde, bénéficie d’une aide américaine significative depuis des années, notamment pour la lutte contre cette maladie. Selon les ONG, l'absence de financement pour les programmes LGBTQ risque d’affaiblir encore davantage la lutte contre le VIH dans ce pays vulnérable. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La World Pride, qui se tiendra à Washington D.C. les 6 et 7 juin, ainsi que celle de San Francisco, annoncent des marches résolument politiques en réponse aux nombreuses attaques de Trump contre la communauté LGBTQ+, et en particulier contre les personnes transgenres. « Plus que jamais, nous mesurons l’ampleur du combat à mener. Mais la joie est une forme de résistance. Se rassembler, s’entraider et affirmer notre fierté est plus essentiel que jamais. » C’est le message fort posté sur les réseaux sociaux par le comité organisateur de la World Pride.

    De son côté, la pride de San Francisco, dont le mot d’ordre est “Queer Joy is Resistance”,  a déclaré par l’intermédiaire de sa directrice, Suzanne Ford : "nous voulons envoyer un message au reste du pays : ici, à San Francisco, notre communauté est célébrée, et nous ne resterons pas les bras croisés face à ce que nous subissons. Ensuite, nous voulons offrir un espace sûr où chacun peut se retrouver, être en communauté et célébrer la joie. Nous ne les laisserons pas nous priver de notre joie.»

    Jean Jacob
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  • L'acteur australien Jacob Elordi, devenu sex symbol grâce à la série Euphoria et au film Saltburn, fait son retour au cinéma avec On Swift Horses, prévu pour le 30 avril 2025 en France. Dans cette adaptation du roman de Shannon Pufahl, il incarne Julius, un personnage gay qui bouleverse la vie d’un couple dans les années 1950.

    Le film, réalisé par Daniel Minahan, promet une histoire intense, marquée par un triangle amoureux imprévisible avec, à ses côtés, Diego Calva, récemment vu dans Babylon et Daisy Edgar-Jones, célèbre pour son rôle dans Normal People. Diego Calva a d’ores et déjà évoqué des scènes de sexe audacieuses entre lui et Elordi, créant une attente palpable. La bande-annonce laisse entrevoir un film palpitant à bien des égards. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le second roman d'Arthur Cahn, publié aux éditions Christian Bourgois, est une entaille violente et à vif sur la perte, la résilience et l’homophobie. Avant de vous installer pour commencer ce livre, munissez-vous d’un stock conséquent de mouchoirs, car cette histoire ne vous laissera pas insensible. Paul, un musicien, et Fabien, son compagnon, vivent un bonheur doux avec leur fils adoptif, Octave. Mais un matin, tout bascule : Octave est retrouvé sans vie, victime d’un tragique accident domestique. Alors que Paul tente de survivre à l’insurmontable, son deuil intime est brutalement exposé. Une figure politique détourne le drame pour alimenter un discours de haine contre l’homoparentalité, plongeant Paul et son couple dans une détresse plus profonde encore. « Comment se console‐t‐on ? Est‐ce qu’il existe un lieu pour faire la paix avec l’absence, un lac où déposer son tourment ? ».

    À travers le prisme de la paternité, Cahn tisse un récit qui interroge notre rapport à l’existence, à la résilience. La dureté et la brutalité de la perte de Octave, nous plonge dans un ouragan de remise de questions, d’incompréhension, de peur… Cet ouvrage est un cahier de deuil, celui qui laisse libre court aux ressentis à l’expression d’une fracture. Celle d’un couple fragmenté, déchiré qui est en proie aux tourments de l’absence et d’un déferlement de haine de tous ceux qui d’un seul coup les jugent. Mais eux dans le silence absurde dans lequel le départ d’Octave les a fait glisser, les emmure dans un torrent de pourquoi la douce joie qui faisait d’eux une famille heureuse s’est d’un seul coup éteint. Comment se relever ? Comment faire face ? Ce livre uppercut met des mots sur une situation que l’on ne voudrait jamais vivre. De leur souffrance naît un texte poignant, déstabilisant, fragile et puissant. Arthur Cahn parvient à capturer l'essence même de l'amour et du souvenir. Le traitement du sujet se distingue par sa sensibilité empreinte d’un amour intarissable.

    La puissance de cette fiction est déstabilisante tant elle semble réelle. Dans l’injustice d’un tel évènement, le bonheur du passé semble faussé. Le deuil est à appréhender, les deux papas doivent conjuguer avec.

    Et pourtant la vie doit se poursuivre, coûte que coûte. Cri de douleur, et cri d’amour, hurlement de haine et hurlement d’espoir malgré tout, Arthur Cahn fait de sa plume délicate et douce, le terrain d’un moment de grâce.

    La lecture d’une Berceuse pour Octave et Paul vous happera d’une traite et vous laissera sur un sentiment désemparent et plein d’espérance. Éprouvant mais sublime.

    Berceuse pour Octave et Paul, de Arthur Cahn, Editions Christian Bourgois, 256 p., 19€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le collectif Scandal Family organise une scène ouverte drag avec une subtilité : aucune performance solo. Duo, trio ou performances collectives sont à l’honneur, dans un esprit de cohésion, d’union et d’adelphité. Réunir ce qui est épars, voilà le but de ce concept. Rendez-vous pour la No solo drag zone #1 au Korrigan le samedi 29 mars.

    20 Rue du Vieux Marché aux Grains, 67000 Strasbourg.

    instagram.com/thescandalefamily

    Bruno De
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  • Nous vous avions parlé dans le précédent numéro de Strobo du lancement fin février par Disney+ de la série Pixar Gagné ou perdu, qui initialement avait prévue d’inclure un personnage d'adolescente transgenre. Cependant, la plateforme a décidé de modifier le script, gommant toute référence à la transidentité de la protagoniste.

    Cette décision, bien qu’assumée par Disney, suscite des réactions vives, notamment de la part de Chanel Stewart, l'actrice trans qui prête sa voix au personnage. Elle a exprimé sa déception face à cette censure, soulignant l'importance de la représentation authentique. Disney enfonce le clou en introduisant un personnage ouvertement chrétien dans cette production, ce qui a provoqué des interrogations sur les choix narratifs de la compagnie.

    Ce rétropédalage s'inscrit dans un contexte plus large, où Disney est critiqué pour son soutien financier aux partisans des lois « Don't Say Gay ». Ce choix de Disney interroge sur son engagement en faveur de la diversité et de l'inclusion, un sujet qui demeure au cœur des débats sociétaux actuels aux USA.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Du « pur altruisme » ! C’est par ces mots que la maire de la municipalité de La Corogne en Galice, Inés Rey a honoré deux migrants sénégalais, Ibrahima Diack et Magatte N'Diaye, pour leur bravoure lors d'une attaque homophobe en juillet 2021.

    Alors qu'ils se trouvaient en situation irrégulière, les deux hommes avaient tenté de sauver Samuel Luiz, un aide-infirmier brésilien de 24 ans, agressé par un groupe d'individus. Samuel n'a pas survécu à ses blessures, mais le geste héroïque des deux migrants a marqué les esprits. Ils sont désormais en règle.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le Stonewall National Monument (SNM) a été érigé en hommage aux émeutes de Stonewall en 1969, parties du bar du même nom fréquenté par les gays, les travestis et les transgenres, et considérées comme le point de départ symbolique de la libération LGBTQ+. Depuis l’arrivée de Trump au pouvoir, le site du SNM a été expurgé de ses références aux transgenres, et de figures militantes historiques, comme Marsha P.Johnson ou Syvia Rivera, en faveur d’un texte qui ne prend en compte que les gays, les lesbiennes et les bisexuels. « On ne peut pas réécrire l’histoire en supprimant quelques mots sur un site web », a déclaré Stacy Lentz, co-propriétaire du Stonewall Inn. « Nous continuerons à nous battre pour que le rôle des personnes trans, en particulier des femmes trans racisées, soit pleinement reconnu. »

    Jean Jacob
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  • Les JO auréolés

    Les cérémonies des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ont été honorées par la Victoire du Meilleur Concert lors des Victoires de la Musique. Ce trophée a été remis à Victor Le Masne, compositeur de la musique originale, et à Thomas Jolly, metteur en scène de cet événement tant attendu. Leur collaboration a su capturer l'essence de l'esprit olympique, mêlant innovation artistique et célébration des valeurs d'inclusion et de diversité.

    En remportant ce prix, Le Masne et Jolly soulignent l'importance de la culture dans le cadre des Jeux, tout en plaçant Paris sous les feux des projecteurs. D’une expérience hors du commun, ces deux génies ont offert un spectacle qui célébrait non seulement le sport, mais aussi l'art et l'humanité. Un souvenir à jamais gravé dans les mémoires des spectateurs du monde entier, des Parisiens et des sportifs. 

    Julien Claudé-Pénégry
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