Dans Camp !, on parle cinoche, et surtout genre. Et pour le coup, Pascal Françaix nous délecte de sa prose pour des explorations sous forme de compile autour de thématique. Après un premier opus dédié à l’horreur et à l’exploitation, ce second volume, somme presque biblique s’attarde sur l’esprit Pop, les comédies et films musicaux. On y croise les comiques Jerry Lewis et Mel Brooks, Jayne Mansfield, Mae West, Raquel Welch dans la peau d’un homme, Bob Fosse. Un opus qui permet de sauver de l’oubli certains nanars d’envergure (Xanadu). Eclectisme, pointillisme saupoudré de folie douce, de rire, de larmes, de sexe.
Camp ! vol.2 - Pop Camp, Comédie, Ed. Marest, 25€
Suite aux 238 projets lois LGBTphobes déposés depuis le début de l’année aux USA, les sœurs Wachowski, se mobilisent. Elles ont décidé de vendre aux enchères des objets issus notamment de leurs films Matrix, Cloud Atlas et de séries comme Sense 8, afin de venir aider les enfants trans, cibles directes de ces déferlements de haine. Le fruit de cette vente commencée le 12 mai, va à Protect & Defend Trans Youth, structure initiée par Ariana Grande pour récolter des fonds qui sont ensuite redistribués à des organisations protégeant les jeunes trans.
Destination New York, USA. Deux mecs, un coup de foudre. Derrière une belle histoire d’amour se profile un avenir moins glamour. On suit un joli et jeune couple formé par J&J, Jérémie le Frenchy et Jérémy, le local. De leur rencontre aux accents de love story déboule une lassitude à double tranchant. Les rencontres vont se multiplier, le sexe aussi, les drogues s’en mêler, peut-être trop même. Avec "Le chant des moineaux sous la neige", Christophe Garro met le doigt sur la boite de Pandore qui guette tous ceux qui se perdent dans les excès… mais lorsque tout semble perdu, le souffle de la vie peut nous surprendre.
Un livre coup de poing qui aborde sans concessions les ravages du « Chem-sex ». Entre désespoir subi et espoir renouvelé, promesses non tenues et tentatives répétées pour décrocher afin de renouer avec le monde réel, Yann B déballe six années d’une vie sous l’emprise de drogue. Là où l’on fait en général état d’une accoutumance aux produits, conduisant à une déchéance progressive, lui creuse dans un style brut, acéré, expéditif, un sillon rarement relaté, ce qui se cache derrière les produits et ce que l’on est capable de faire pour assouvir nos besoins quotidiens. Entre désillusion et voies de sortie, tout ne peut pas finir en poudre.
Pour ceux qui connaissent, la simple évocation de ce lieu au nord-est des Etats-Unis, résonne comme le paradis pour les gays. Et à n’en pas douter, on comprend dès les premières images pourquoi Fire Island jouit d’une telle réputation. Des beaux mecs, des soirées un peu partout, du sexe. Le décor est posé. On file aux antipodes du documentaire pour plonger dans une comédie romantique, légère et pleine de peps. On suit les vacances de Noah, un Américain d’origine asiatique, son meilleur ami et leur groupe d’amis qui débarquent comme chaque été chez leur copine lesbienne qui tient un gite, afin de profiter du bon temps. On peut trouver que les clichés s’accumulent mais le réalisateur Andrew Ahn joue chose rare la carte de la diversité et cela paie. En déconstruisant les stéréotypes, il rend l'histoire plus accessible. Sur Disney +.
En 2005, François Jonquet nous régalait d’un film intitulé Les Années Palace retraçant la destinée de ce lieu unique en son genre qui fit frissonner des milliers de clubbers durant des années. C’est sans compter que quelques années auparavant, 
cet amoureux des artistes, avait consacré une fascinante biographie à Jenny Bel’Air, célèbre physionomiste du Palace, icône transgenre des nuits parisiennes. Il lève à travers un florilège d’anecdotes croustillantes le voile sur ce personnage haut en couleurs, né Alain Sapho, véritable créature de la scène Underground des années 80. L’auteur passe au tamis autant les moments de gloire que les déceptions.
Le ministère de la Tolérance a statué ! Buzz l'éclair, le nouveau et si attendu film animé signé Pixar ne pourra pas être diffusé aux Emirats Arabes Unis. Il contrevient aux règles médiatiques en vigeur dans le pays en présentant pour la première fois dans l’histoire de la production américaine une scène de baiser entre deux personnes de mêmes sexes, à savoir deux femmes. Autant dire de l’homophobie claire et assumée. Mais les diffusions sous le manteau prendront assurément le relai.
Dix jours déjà. Dix jours sans soleil, mais sans l’ombre d’un regret. Dix jours que j’ai quitté Marseille pour Paris où je savais avoir rendez-vous avec mon destin. Dix jours que j’ai dit au revoir à mon enfance, que j’ai quitté définitivement ce déguisement de garçon dont on m’avait affublée. Dix jours que j’ai abandonné l’idée de marcher dans les chaussures d’un autre.
Née garçon à Marseille, Galia Salimo narre les débuts exaltants et truculents de sa vie de reine des nuits parisiennes. De la capitale festive des années 1970 aux scènes du monde entier - Singapour, Hong Kong, Sydney, Hiroshima... -, elle raconte tout : les quartiers chauds d’Anvers, les palaces de Djakarta, la concurrence entre artistes transformistes, ses amitiés et ses amours, les shows et leurs coulisses chez Madame Arthur, au Carrousel et à l’Alcazar... On s’amuse, on sourit, on s’émeut aussi lorsqu’elle évoque la difficile recherche de sa véritable identité. Le rire au bord des larmes, l’humour en bandoulière, bravant les tabous et les diktats de la société post soixante-huitarde, en dix ans, la chenille s’est transformée en un papillon persuadé... que rien n’est impossible.
Six épisodes pour Escort Boys, une série signée Ruben Alves, voilà ce qui a été annoncé chez Amazon Prime Vidéo. Avec un tel titre, difficile de ne pas s’y intéresser, avouons-le. Librement adaptée d’une série israélienne intitulée Johnny and the Knights of Galilee, quatre garçons se lancent dans l’escorting en mode business. Déboires en pagaille seront le lot de cette aventure qui sortira, on l’espère en 2023.