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  • Le 21 février restera gravé dans l’histoire de l’Assemblée de Madrid. La sénatrice trans espagnole Carla Antonelli y a prononcé un discours fort, poignant dénonçant l’acharnement de l’extrême droite contre les personnes trans. Son intervention est survenue alors que le parti Vox tentait, sans succès, de supprimer une loi protégeant cette communauté. « Tout le monde veut savoir si nous sommes trans, ce que nous sommes, si nous avons des orgasmes, si nous sommes heureux », a-t-elle déclaré, visiblement émue. Son cri du cœur a été accueilli par une ovation, et son message, devenu viral sur les réseaux sociaux, a résonné au-delà des frontières espagnoles. Carla Antonelli, figure emblématique de la lutte pour les droits des personnes trans, est la première à siéger dans une législature espagnole. Depuis son élection en 2011, elle a joué un rôle déterminant dans l’adoption de lois protégeant les droits des LGBT+.

    Dans un contexte législatif où l’Espagne dispose de 19 lois régionales en faveur des droits LGBT+, elle rappelle que la lutte est loin d’être terminée. « Ce qu’ils alimentent, ce n’est pas seulement de la haine, mais le germe d’un génocide », a-t-elle averti, dénonçant une stratégie de l’extrême droite qui cherche à légitimer la violence contre les personnes trans. Antonelli a également souligné l’épuisement moral causé par ces attaques incessantes : « pourquoi consacrer une minute à nous pointer du doigt ? » Symbole de la résistance des personnes trans, elle a conclu son intervention par : « nous avons quitté les marges : nous sommes à l’université, dans les entreprises… Nous ne retournerons pas dans l’ombre ! » affirmant avec force sa détermination à défendre ses droits et ceux de sa communauté. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Les JO auréolés

    Les cérémonies des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ont été honorées par la Victoire du Meilleur Concert lors des Victoires de la Musique. Ce trophée a été remis à Victor Le Masne, compositeur de la musique originale, et à Thomas Jolly, metteur en scène de cet événement tant attendu. Leur collaboration a su capturer l'essence de l'esprit olympique, mêlant innovation artistique et célébration des valeurs d'inclusion et de diversité.

    En remportant ce prix, Le Masne et Jolly soulignent l'importance de la culture dans le cadre des Jeux, tout en plaçant Paris sous les feux des projecteurs. D’une expérience hors du commun, ces deux génies ont offert un spectacle qui célébrait non seulement le sport, mais aussi l'art et l'humanité. Un souvenir à jamais gravé dans les mémoires des spectateurs du monde entier, des Parisiens et des sportifs. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Faire des applis rencontres nos espaces de sexualités, voilà le constat de l’ouvrage Ce que Grindr a fait de nous, de Thibault Lambert. Loin d’être un texte à charge, le livre étale ces moyens de découvrir qui nous sommes et de vivre nos appétits charnels sans retenue et s'attaque à un phénomène sociétal incontournable : l'impact des applications de rencontre sur la sexualité et les relations humaines. À travers une analyse approfondie et nuancée, documentée et implacable, l'auteur met en lumière les transformations engendrées par des plateformes comme Grindr, qui ont redéfini les codes de la séduction et de l'intimité.

    Thibaut Lambert, dans plusieurs interviews, explique son intention première : « j'ai voulu explorer comment ces applications, tout en facilitant les rencontres, peuvent également créer des déceptions et des frustrations. » En effet, le livre ne se contente pas de célébrer la libération sexuelle qu'apportent ces outils ; il en dépeint également les dérives. À travers des témoignages et des anecdotes, l’auteur illustre comment Grindr, tout en promettant une connexion instantanée, peut aussi exacerber l’isolement et la superficialité des interactions. L’ouvrage aborde également la question de l’identité. Lambert souligne que la plateforme est devenue un miroir des attentes sociales, où l’apparence prime souvent sur la personnalité. « Sur Grindr, la première impression est déterminée par une photo et quelques mots. Cela peut réduire la richesse des relations humaines à un simple swipe », écrit-il. Cette réflexion sur l'image de soi et l'authenticité trouve écho chez de nombreux utilisateurs qui se sentent parfois contraints de se conformer à des standards inaccessibles.

    Les enjeux de la sexualité contemporaine sont également au cœur de son analyse. En évoquant la quête de l'« instantané », Lambert note que « le désir est devenu un produit de consommation rapide, souvent sans lendemain ». Ce constat soulève des questions sur la durabilité des relations établies dans ce cadre numérique. Dans un monde où la recherche de gratification immédiate prédomine, il devient difficile de construire des liens profonds et authentiques. Enfin, Ce que Grindr a fait de nous  n’hésite pas à aborder les conséquences psychologiques de cette nouvelle ère. L’auteur évoque la montée de l’anxiété et de la dépression parmi les utilisateurs, exacerbées par les dynamiques de rejet et de compétition inhérentes à ces plateformes. « Nous vivons dans une ère où l’angoisse de la performance sociale s’invite jusque dans nos rapports intimes », alerte-t-il.

    Ce que Grindr a fait de nous offre une réflexion pertinente et nécessaire sur les implications des nouvelles technologies sur nos vies affectives. Loin d’être un simple constat, cet ouvrage invite à reconsidérer notre rapport à la rencontre, à l’identité et à la sexualité, dans un monde de plus en plus digitalisé. À travers ses pages, l'auteur nous pousse à envisager une sexualité plus consciente et authentique, loin des standards imposés par les algorithmes des applications. 

    Ce que Grindr a fait de nous – Amours et Sexualité à l’ère des applications de rencontre, de Thibault Lambert, éditions JC Lattès, Coll. Nouveaux Jours, 250 p., 20€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Steffen Paar, doyen de l’Église protestante à Itzehoe, a récemment été la cible de menaces explicites émanant d’un groupe d’extrême droite, Sturmfront Schleswig-Holstein, prétendument lié à l’AfD (Alternative für Deutschland). Dans une lettre reçue le 11 février, le pasteur a découvert avec effroi une image d’arme à feu, ainsi qu'une mise en cause de son homosexualité et de son engagement pour le climat et les migrants. « N’oubliez jamais que nous savons où vous habitez », avertissait la lettre.

    Malgré cette intimidation, Paar a décidé de ne pas se laisser faire et a déposé plainte, tandis que son époux, Christoph, a partagé la lettre sur les réseaux sociaux, suscitant un élan de solidarité.

    D’autres personnalités ont également été visées, témoignant d’un climat de violence grandissant. Le parti AfD a quant à lui démenti toute connexion avec Sturmfront, dénonçant l’utilisation non autorisée de son logo. Une enquête est en cours. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Dans une tentative apparente de complaire à Trump, deux géants de la Silicon Valley ont discrètement supprimé la Journée internationale des droits des femmes de leurs calendriers. Apple a pris cette décision sans communiqué ni annonce officielle, rapidement suivi par Google, qui a poussé la censure encore plus loin. Le moteur de recherche a également effacé de son calendrier le Mois de l’histoire des Noirs, celui de l’histoire des femmes, la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, ainsi que les mois du patrimoine hispanique, des fiertés et du patrimoine juif américain. 

    Jean Jacob
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  • À 46 ans, Alice Weidel incarne l'extrême droite allemande avec l'AfD (Alternative für Deutschland), qui s'affiche comme un acteur majeur de la politique nationale. Élue au Bundestag en 2017, elle a vu son parti grimper à 20% d'intentions de vote avant les législatives du 23 février. Slogan en main, Alice für Deutschland évoque des résonances troublantes avec des symboles du passé nazi.

    Docteure en économie, ancienne banquière, Weidel, ouvertement lesbienne, vit en couple avec une femme d'origine sri-lankaise. Ironie de son parcours, cette figure anti-woke prône des valeurs traditionnelles, tout en se distanciant de la communauté LGBT qu'elle critique. Sa rhétorique radicale s'est renforcée depuis la crise migratoire de 2015, plaçant l'immigration au cœur de son discours. Malgré son ascension, Weidel reste un personnage controversé, oscillant entre libéralisme économique et conservatisme social. Sa proximité avec des figures d'extrême droite et des soutiens inattendus comme Elon Musk soulignent l'évolution du paysage politique européen. Un paradoxe à elle seule.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • « Il faut tuer ces pédés de Lensois ! », « bande de pédés, on va tous vous enculer ». La première diatribe est attribuée aux supporters marseillais, la seconde aux supporters Stéphanois lors d’un match le 16 février. Pourquoi se gêner, au vu du peu ou prou de réaction des instances ? Aucune de la part de la ministre des Sports, ni du maire de Marseille, encore moins de la Ligue de Football Professionnel ou de la Fédération Française de Football.

    Ajoutons à cela la présence de Sandrine Rousseau dans les tribunes, auprès d’une figure controversée du supportérisme marseillais, Rachid Zéroual, et la coupe devient pleine ! Ce dernier défend la « liberté d’expression » pour justifier les chants haineux et homophobes. Quant à la la députée écolo, elle assure avoir quitté le stade avant les chants… On n’est pas sorti de l’auberge ! 

    Bruno De
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  • Célèbre pour son rôle dans la série Euphoria, l’actrice Hunter Schafer, qui a du faire renouveler son passeport suite à un vol, s’est indignée via une vidéo sur TikTok d’être genrée comme homme sur son nouveau passeport. « C’est la première fois que cela m’arrive depuis que j’ai changé de genre, il y a maintenant une dizaine d’années, et je pense que c’est le résultat direct de la politique actuelle de notre pays » a-t-elle ajouté. Cette mesure fait partie de la volonté de Trump de mettre fin à ce qu’il nomme le « délire transgenre » (sic). Trump s’en est aussi pris aux non-binaires, dès les premiers jours de son investiture, en interdisant les pièces d’identité avec la notion X pour le genre. 

    Jean Jacob
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  • Du 4 mars au 5 avril 2025, la Galerie Obsession dans le 11e arrondissement de Paris vous invite à découvrir Labourage et Pâturage, une exposition photographique immersive de Vincent Gouriou. Entre la Bretagne et le Massif central, le photographe a rencontré des paysans queer, proposant une exploration intime et sensorielle de leur quotidien. L’artiste met en lumière la relation symbiotique entre les corps humains et non-humains, où chaque geste, chaque regard transmet une tendresse palpable.

    Les photographies révèlent un écosystème vivant, où la neige, le vent et la terre influencent les corps. Gouriou capture ces moments de douceur : la main d’un éleveur caressant une vache, ou la tendresse d’un paysan enlacé par un cygne. Les images évoquent une sensualité érotique du vivant, inspirée par le mouvement de l’écosexualité, que les artistes Annie Sprinkle et Beth Stephens définissent ainsi : « nous embrassons sans vergogne les arbres... et faisons l’amour avec la Terre à travers nos sens »À travers ses œuvres, Vincent Gouriou invite à une expérience amoureuse du vivant, soulignant des valeurs de respect, de soin et de bienveillance. Les corps nus fusionnent avec la nature, créant un sentiment apaisant et une réflexion sur nos interactions avec les lieux que nous habitons.

    Comme le souligne la critique d’art et commissaire d’exposition Julie Crenn : « il en faut beaucoup d’amour pour établir ces liens profonds. » Chaque photographie raconte une histoire de communion et d'affection, et où le vivant est célébré dans toute sa diversité.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La passerelle Lieutaud portera désormais le nom de Laurence Chanfro et ça a créé polémique. En effet, la mairie a choisi d’honorer la mémoire de cette artiste militante féministe et lesbienne, décédée en 2012. Droite et extrême droite sont vent debout, en raison notamment d’une exposition qu’elle avait consacré aux vulves.

    Réponse de Sophie Roques, adjointe au maire à l’origine du projet : « quand on a une statue de David, ça ne pose aucun problème, mais le représentation du corps d’une femme sur trois photos oui ».

    La plaque sera dévoilée lors d’une cérémonie le 26 avril, journée internationale de la visibilité lesbienne. 

    Bruno De
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