La disparition de Lucas qui s’était donné la mort par pendaison le 7 janvier 2023 à la suite d’harcèlement et d’homophobie avait plongé la France dans une vive émotion. La mort de ce jeune homme montrait dans quel état de souffrance des jeunes se trouvent au quotidien face à la violence de propos et à la discrimination dont ils sont victimes. Quelques mois plus tard, nous apprenions avec stupéfaction la relaxe des 4 mineures accusés d’être les responsables du geste désespéré de l’adolescent de 13 ans. Incompréhension de toutes parts face à l’impunité des accusés. Mais c’est sans compter les révélations du journal en ligne Mediapart qui vient d’annoncer que l’enquête administrative au sein de l’Éducation Nationale avec l’interrogatoire du principal du collège pour lever le voile sur les défaillances du système qui a laissé Lucas en arriver au suicide n’aurait jamais été lancée alors que c’est une promesse du gouvernement. Le ministre Gabriel Attal semble botter en touche depuis cette révélation. Que faut-il comprendre face à un tel mutisme de la part des dirigeants politiques. Ce ne sont pas que des actes monsieur Attal que l’on attend, votre irresponsabilité flagrante est une honte. Le cas Lucas n’est pas anecdotique, de nombreux enfants et adultes en arrivent au suicide pour remédier à des situations insoutenables, seules voies de sorties pour retrouver la paix. Il semblerait qu’une fois de plus que les mots ne soient encore que du vent.
Les critiques sont dithyrambiques et il y a de quoi. Sam est un garçon est d’utilité publique. Comment devenir un homme quand on ne veut pas devenir son père ? La question semble abrupte, mais mérite d’être posée. Car c’est tout un pan de l’éducation, des échanges, des modèles, du patriarcat, de la domination, des femmes, de l’égalité, de la sexualité dont il s’agit. Avec une écriture intelligente et libre, on refait le monde, on dépasse les clichés, on déconstruit le genre. Ou plutôt Sam Certenais nous prend par la main pendant une heure pour remettre tout à plat fort de son expérience personnelle et des obstacles qui ont été les siens face à tant d’idées reçues de la part de ses proches. C’est émouvant, tendre, touchant, drôle et authentique. Un spectacle mise en scène avec brio par Noémie de Lattre qui pousse à la réflexion. Une prise de conscience salutaire.
Vous êtes peut-être passé à côté de cette série documentaire qui explore les différentes facettes de la communauté LGBTQI+ mené par le réalisateur Océan et la podcasteuse Sophie-Marie Larrouy. Si c’est le cas, pas d’inquiétude, vous pouvez vous y replonger à loisir car c’est disponible gratuitement sur la plateforme Francetv Slash. Après une première saison consacrée à la transition personnelle d'Océan, la seconde dédiée à la découverte des personnes trans et intersexes partout en France, on file dans le troisième volet de ce rendez-vous au cœur de la notion de famille, ce qu’elle recouvre aujourd’hui, les profils qui la composent, l’enrichissent, le rebâtissent de fond en comble. Après deux saisons qui examinent la transidentité, faire famille met à bas les schémas du « une famille, c’est un papa, une maman » pour prouver que la parentalité est une aventure bien plus large que cette vision rétrograde et étriquée imposée par une vision hétéro cis-normée qui n’a plus lieu d’être. Ce programme est tendre, galvanisant, impactant et bienveillant. Un plaidoyer pour une variété d’alternative exaltantes et épanouissantes aux vieux poncifs de la famille traditionnelle.