
Quand on pense à Edouard Louis, on a instinctivement En finir avec Eddy Bellegueule qui nous revient en tête. Ce roman autobiographique sortit en janvier 2014 avait été salué par les critiques de manière unanime. Le succès a été tel qu’il a été traduit en plus de vingt langues. Depuis, il a écrit d’autres ouvrages, dont Qui a tué mon père en mai 2018. Le 29 novembre, c’est un portrait documentaire intitulé Edouard Louis ou la Transformation, réalisé par François Caillat qui lui est dédié. Le jeune homme de trente ans revient sur son parcourt de gamin en Picardie, sur ses origines sociales maintes fois abordées dans ses écrits à l’homme porte-parole d’une génération et acteur majeur de la vie culturelle française qu’il est aujourd’hui. Cette mise à plat nous permet de découvrir qu’Eddy a érigé la transformation permanente en philosophie de vie.
Edouard Louis, où la transformation, en salles le 29 novembre 2023

Colin Atthar a 24 ans. Il vient de terminer sa première bédé mais cherche encore un titre. Cette quête va l’amener à revenir sur sa vie, son goût pour les vêtements qui sortent de l’ordinaire, son école d’art (où son envie de faire de la bédé détonne un peu), son coming-out, etc. On se situe donc dans le registre de l’autofiction, plutôt légère. Ce qui rend la lecture de Sur le bout des doigts (on sait donc que l’auteur a mené sa quête à terme) plaisante, c’est l’humour et l’autodérision permanente de l’auteur. D’autant que pour narrer son histoire, le narrateur reçoit l’aide d’un double, un chat à la langue bien pendue. Une première bédé prometteuse !
William Friedkin, l'un des maîtres du cinéma hollywoodien, est décédé le 7 août 2023 à Los Angeles à l’âge de 87 ans. Celui qui est rentré au panthéon des classiques du 7e art américain avec French Connection (1971) et L’Exorciste (1973) avait aussi été l’un des premiers à aborder l’homosexualité devant la caméra dans Les garçons de la bande en 1970. Mais c’est le polar maudit Cruising (La chasse) avec Al Pacino qui marque encore les esprits des cinéphiles gay. Friedkin nous balade avec un traitement très cru de l’image, propre à son style excessif et parfois malaisant, dans les lieux homosexuels SM. Scandale et controverses au sein même de la communauté gay avaient animé sa sortie en salle. Au point qu’Al Pacino quelque temps plus tard renie ce film et ne veut plus qu’on lui en parle, alors qu’il reste quoiqu’il en soit un des chefs-d'œuvre de Friedkin.
Dans l’émission Quotidien du lundi 4 septembre, Marc Baugé, chargé de la mode a épinglé la manipulation visuelle pour cacher son brassard aux couleurs du Rainbow flag, exercée par le nouveau club du joueur de football anglais Jordan Henderson. En effet, depuis que l’ancien joueur de Liverpool a rejoint Steven Gerrard à l’Al-Ettifaq en Arabie saoudite, toutes les précédentes apparitions du sportif arborant le fameux brassard aux couleurs du drapeau LGBTQ+ sont censurées et passé à couvert par une vignette faisant disparaître ce marqueur. Onze magazine, spécialisé dans le monde du ballon rond, nous éclaire sur la position du joueur qui a porté régulièrement ce brassard en soutien aux droits LGBT. Henderson s’est expliqué au micro de The Athletic : « j'ai régulièrement porté des lacets arc-en-ciel et aujourd'hui ne fera pas exception, car ce type de soutien visible ne peut avoir qu'un impact positif. (...) Je n'exclurais pas cette possibilité. Mais en même temps, je ne voudrais pas manquer de respect à la religion et à la culture de l'Arabie saoudite. Si nous disons tous que chacun peut être ce qu'il veut et que tout le monde est inclusif, alors nous devrons respecter cela. (...) Si je porte le brassard arc-en-ciel, c'est un manque de respect pour leur religion, ce n'est pas bien non plus. Tout le monde devrait respecter la religion et la culture. Je pense que c'est ce pour quoi nous essayons tous de nous battre ici, en termes d'inclusion et autres.» Notons qu’il est aujourd’hui le joueur le mieux payé de l’histoire du football anglais comme le précise le Onze magazine. Malgré des excuses auprès de la communauté LGBT, l’argent achète tout, à commencer par le silence face à un pays qui condamne l’homosexualité par la peine de mort.