Thèmatiques
Articles | Brèves
  • La sensation du moment. Le tant attendu Becoming Karl Lagerfeld qui retrace la vie du créateur de mode vient de débouler depuis le 7 juin sur Disney+.

    Étonnante, passionnante, grisante, fascinante de bout en bout, cette histoire retrace de manière fictionnelle l’existence de celui qui, par son talent, son caractère, son imagination sans borne, s’est imposé comme la référence ultime. Un vertigineux plongeon dans le Paris des années 70 aux côtés d’icônes de la mode qui sont tour à tour alliés ou rivaux. On pénètre dans l’intimité de l’homme au catogan à travers un casting de haute voltige. Karl est interprété par Daniel Brühl, Arnaud Valois incarne Yves Saint Laurent, Alex Lutz campe Pierre Bergé quand Agnès Jaoui devient Gaby Aghion, la fondatrice de la marque de prêt-à-porter Chloé qui a fait accéder Karl Lagerfeld à la notoriété.

    Dès le premier épisode, tout l’univers est planté. Déco magistrale, mise en scène léchée, jeu des acteurs prenant, on s’infiltre dans les arcanes d’un monde fait de rivalité, de trahisons et de passions. Entre ambition, talent, pression, plaisir et fougue d’une jeunesse éprise de renouveau, Becoming Karl Lagerfeld est une petite pépite à ne manquer sous aucun pretexte.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Il serait facile de résumer the Summer with Carmen à la plastique et au charme indolent de l’acteur Yorgos Tsiantoulas, que l’on peut voir sous toutes les coutures pendant plus d’une heure trente. Mais le film de Zacharias Mavroeidis a tellement d’autres atouts… A commencer par l’histoire d’amitié entre deux hommes gays aussi différents que possible, la montagne de muscles placide Demosthenes (Yorgos Tsiantoulas) et la crevette flamboyante Nikitas (Andreas Lampropoulos). Les deux compères se retrouvent régulièrement sur une plage pour travailler au projet du second, un scénario sur la vie amoureuse du premier et en particulier sur le fameux été où il s’est retrouvé à garder la chienne de son ex, Carmen.

    On prend plaisir à constater que pour une fois une histoire d’amitié gay se retrouve au centre du récit, avec des histoires d’amour qui interviennent seulement en périphérie. Un hommage à l’amitié du réalisateur et de son meilleur ami, qui cosignent le scénario du film. Les deux comédiens principaux font montre d’une belle complicité et les seconds rôles ne déméritent pas non plus, notamment Roubini Vasilakopoulou, qui incarne la mère de Demosthenes, un personnage qui aurait tout à fait sa place dans un film d’Almodovar. Avec toutes ces qualités, auxquelles on a envie d’ajouter la beauté des étés athéniens, magnifiquement filmée, on ne s’étonnera guère que le film ait reçu le grand prix au dernier Festival Chéries Chéris.

    « The Summer with Carmen », de Zacharias Mavroeidis, en salle le 19 juin.

    Xavier Héraud
    Partager:

  • Cet été, la commu-nauté LGBTQIA+ et toustes les allié.e.x.s, feront de La Pride House. Paris 2024, un des espaces de vie et de célébrations les plus intenses des Jeux Olympiques de Paris 2024. Installé au sein du Rosa Bonheur sur Seine, ce lieu bienveillant et inclusif, est présent lors des grands évènements sportifs. Il a pour but de lutter contre les discriminations et de désinvisibiliser les personnes LGBTI+ dans le sport. C’est à travers ce programme unique mis en place dans le cadre des JO de Paris, un laboratoire composé de 3 groupes œuvrant sur des thématiques distinctes et précises. Chacun a pour but de proposer des solutions opérationnelles faciles à mettre en place par les associations sportives qui souhaitent travailler sur leur inclusion. Voici les différents champs d’actions : « sport et homosexualité, vers un sport plus inclusif ». On a ensuite « les personnes trans et non binaires dans le sport » et enfin troisième « les femmes, les personnes lesbiennes et le sport ». Les résultats divulgués en juillet seront bientôt mis à disposition de la Fondation Fier. 

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Ils ont fait ce que le XV de France n’a pas réussi. Ce club amateur s’est imposé à Rome en mai, en battant en finale les Australiens, 5 fois champions du monde. Les Gaillards Parisiens, première équipe inclusive de rugby créée en France il y a 20 ans, ont pu soulever la Bingham Cup. À l’origine, ce tournoi était organisé avec des équipes gay. Aujourd’hui, le terme est « inclusif » car hétérosexuels, homosexuels, personnes trans et lesbiennes font partie des équipes… Toutes ont signé une charte de lutte contre l’homophobie et les discriminations dans le milieu sportif amateur. Le titre sera remis en jeu en 2026. 

    Bruno De
    Partager:

  • Trois hommes ont été lourdement condamné pour deux home-jacking qui se sont déroulés en 2022 à Paris : 8, 7 et 5 ans de réclusion, allant au-delà des réquisitions du procureur pour deux d’entre-eux. La circonstance aggravante en raison de l’orientation sexuelle des victimes a été retenue. Ils avaient séquestré leurs 2 victimes pendant plusieurs heures pour les extorquer, reconnaissant qu’il leur semblait « plus facile » de commettre leurs actes sur « ces gens-là ». L’utilisation de sites et applications de rencontre est de plus en plus courante pour ces méfaits.

    Il convient donc de rappeler quelques règles de bon sens :

    - donner un premier rendez-vous en extérieur,

    - prévenir un proche en amont de la rencontre,

    - dissimuler tous les objets de valeur (ordinateur, téléphone, bijoux) et moyens de paiement chez soi,

    - et surtout, en cas d’agression, ne pashésiter à porter plainte.

    Les forces de l’ordre sont de plus en plus formées, notamment grâce à l’association FLAG.

    Bruno De
    Partager:

  • Le MUCEM pro-pose du 3 juillet au 9 décembre la première exposition au monde consacrée au naturis-me. Alors que l’engouement pour cet art de vivre en nudité en accord avec la nature tente de plus en plus de personnes et que la France en est la première destination touristique, le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée vous invite à explorer ce phénomène singulier et fédérateur qu’est le naturisme, ou plutôt les naturismes, car ils sont pluriels.

    Paradis Naturistes vous entraîne dans un voyage inédit réunissant 600 photographies, films, revues, objets quotidiens, peintures, dessins, livres, estampes et sculptures afin de comprendre cette pratique, son histoire, ses activités, sa philosophie, ses valeurs, ses bénéfices… Un panorama exclusif sur 500m2 pour tout savoir sur la vie tout nu. Et si l’envie vous en dit, des visites dans le plus simple appareil sont organisées par la Fédération française de naturisme les 16 juillet, 20 août et 3 septembre de 17h à 21h.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Une fois de plus, le Forum Gay & Lesbien de Lyon ne participe au défilé organisé par le CFL (Collectif des Fiertés en Lutte). Cette décision est motivée par différents points de désaccords avec les organisateurs.

    A commencer par le maintien des zones d’exclusion au sein du cortège avec 5 zones en non-mixité imposée. Le FGL rappelle « qu’il a toujours milité pour la mixité qui favorise l’inclusion des personnes LGBTI+ dans la société et dans les structures LGBTI+ entre elles. La non-mixité est pour nous une forme de séparatisme, de communautarisme que nous ne voulons pas ». Ensuite sur le mot d’ordre de cette marche de 2024 : système violent, système oppressant, riposte progressive, luttes collectives ! Le FGL considère le slogan hors de propos, car est fait aucunement référence à une quelconque revendication ou problématique de la communauté LGBTI+. 

    Le FGL précise qu’il ne fera pas barrage à la marche des fiertés : « car nous respectons le droit de manifester et la pluralité des idées. » 

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Le Sénat a voté le 28 mai dernier une proposition de loi visant à interdire les bloqueurs de puberté et les procédures de transition pour les mineurs. On vous explique de quoi il retourne.

    Ce texte a peu de chances de devenir une loi. Mais il constitue un symptôme parfait de la vague de transphobie qui traverse la société depuis plusieurs mois. Alors de quoi s’agit-il? Le 28 mai dernier, le Sénat a voté une proposition de loi qui interdit et sanctionne les bloqueurs de puberté et les actes de chirurgie de réassignation pour les mineurs trans. Dans un Sénat où le parti Les Républicains détient la majorité, ce texte, défendu par la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio (déjà opposée à l’interdiction des thérapies de conversion), a obtenu 180 voix pour et 136 contre. Cette proposition de loi se base sur un rapport du parti Les Républicains, largement dénoncé par les associations LGBT, car très inspiré d’une association transphobe, L’observatoire de la petite sirène. 

    Les groupes socialistes, communistes et écolos ont voté contre le texte, ainsi que quelques élus du parti Renaissance. Lors des discussions, plusieurs oratrices ou orateurs ont eu à cœur de faire entrer dans le débat la parole des personnes trans. Yan Chantrel (PS) a ainsi évoqué son neveu trans et Mélanie Vogel (EELV) a parlé d’une petite fille de sa famille. C’était d’ailleurs sans doute le moment le plus fort de la soirée : « J’ai dans ma famille une petite fille trans, que j’aime infiniment, a-t-elle lancé à l’assemblée. Vous savez qui est sa première et sa plus fidèle alliée? Sa sœur. Pour comprendre, pour agir avec bienveillance, respect, dans l’intérêt de l’enfant concerné, il ne faut pas plus que la maturité émotionnelle et l’intelligence relationnelle d’une petite fille de huit ans et demi à qui on n’a pas appris à haïr, ni elle-même, ni les autres et qui n’a rien d’autre en poche que sa petite sœur et que son amour, rien de plus, rien de moins. »   

    Le flottement du gouvernement
    Le gouvernement était représenté par Frédéric Valletoux, ministre délégué chargé de la santé. Il est intervenu plusieurs fois pour réfuter nombre des arguments présentés par Les Républicains et appelé à attendre les conclusions de la Haute Autorité de Santé, qui travaille sur le sujet. Mais pendant une partie de la soirée, la position du gouvernement est restée floue, le ministre évitant soigneusement de se prononcer frontalement contre le texte. 

    L’explication de ce comportement nous est donnée par Mediapart : « ​​Jusque tard, (...) Frédéric Valletoux (...) n’a pas explicitement donné d’avis défavorable au texte. Et pour cause : à 21 heures, au sommet de l’État, la question n’était toujours pas tranchée, semble-t-il. Dans la journée, des sources sénatoriales avaient été prévenues que l’exécutif envisageait de laisser les parlementaires voter sans prendre lui-même position – en donnant un avis « de sagesse », dans le jargon.» »

    Cette consigne potentielle avait fuité dans l’après-midi et suscité une grande indignation auprès des militants, mais aussi auprès de parlementaires, comme le député Renaissance Raphaël Gérard. Le 11 avril dernier en effet, aux 30 ans de SOS homophobie, Aurore Bergé, ministre déléguée en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, avait indiqué que le gouvernement s’opposerait « avec force » à ce texte. Or, avec des « avis de sagesse » à répétition, on se retrouvait assez loin d’une opposition « avec force ». Finalement, vers 22h30, la question semble avoir été tranchée et le ministre de la Santé a annoncé que le gouvernement s’opposerait au texte. 

    Redisons-le, cette proposition de loi a peu de chances de devenir une loi, car elle doit passer devant l’Assemblée Nationale, où LR est très minoritaire, puis revenir au Sénat et enfin à l’Assemblée et enfin devant une commission mixte paritaire, où là encore LR n’aura pas gain de cause. Il n’en reste pas moins, comme l’a souligné le sénateur socialiste Rémi Féraud, que « cette proposition de loi va servir à alimenter la transphobie dans la société. » 

    Les mots durs des associations

    Du côté associatif, on n’a pas de mots assez durs pour qualifier cette proposition de loi. Dans un communiqué, les associations Fransgenre et Organisation de solidarité trans parlent de la « proposition de loi la plus transphobe d’Europe ». « Ce texte ne relève pas de la santé, mais de la discrimination », martèlent les associations, qui critiquent également le positionnement du ministre, qui « a rendu un avis défavorable sur ce texte en se retranchant derrière le rapport à venir de la Haute Autorité de Santé, pour ne pas se positionner clairement ». 

    Dans un communiqué, Homosexualité et Socialisme va dans le même sens : « Cette proposition de loi rétrograde et dangereuse – loin de se soucier de la santé des enfants – retire des droits aux mineurs trans. C’est la société réactionnaire et transphobe qui s’est exposée hier soir dans l’hémicycle du Sénat, celle-là  même qui s’était opposée au droit à l’avortement, au PACS, au mariage pour tous et à l’interdiction des thérapies de conversion. »

    La contestation s’organise aussi dans la rue. Des rassemblements de protestation ont déjà eu lieu partout en France les 5 et 26 mai, avec le hashtag #RiposteTrans. Et on s’attend à ce que le sujet soit mis en avant lors de nombreuses prides au cours du mois de juin.

    Cet article a été publié dans Strobo Mag n° 32

    Xavier Héraud
    Partager:

  • Maho Bah-Villemagne, athlète transgenre de 30 ans a été officiellement autorisé à combattre dans la catégorie amateur élite hommes par le Comité directeur de la Fédération française de boxe. C’est une première en Europe et dans ce sport. Les membres se sont basés sur le palmarès en boxe amateur chez les femmes pour accéder à sa demande et il conserve ses titres de champion de France militaire et de vice-champion civil. Le sportif originaire de Hyères dans le Var a salué sur Francetvinfo « une grande victoire pour le sport en général, la cause transgenre et pour l’évolution des mentalités ».

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Nice: Inauguration de la rue Cathy Richeux

    gay, transgenres, bisexuel.le.s, Queer

    Figure bien connue de la communauté LGBT+, disparue en 2023, la militante a désormais sa rue. Qui-plus-est, L’actuelle rue Roquebillière, où se situe le centre LGBTQIA+ Côte d’Azur, devient la rue Cathy Richeux.

    Une cérémonie a eu lieu en présence du maire et du président du centre. Rappelons aussi le programme d’aide aux LGBT+ sans-abri qui porte son nom, la Maïoun de Cathy, et qui a déjà obtenu un premier logement.

    Pour faire un don, c'est ici.

    Bruno De
    Partager: