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  • Russie : détransition forcée

    transgenres

    La première femme politique ouvertement transgenre en Russie a décrit comment les autorités russes l'ont menacée de l'interner dans un hôpital psychiatrique si elle ne changeait pas de sexe, a rapporté Novaya Gazeta Baltic mardi.

    Yulia Alyoshina, qui a dirigé le parti d'opposition Civic Initiative dans la région de l'Altaï en Sibérie jusqu'en 2022, a annoncé sur sa chaîne Telegram en mai qu'elle avait repris le sexe qui lui avait été assigné à la naissance et changé le nom de sa chaîne en « Alyoshin », la version masculine de son nom de famille. « J'ai parcouru les albums de photos de mes proches et j'ai prié pour eux, ce qui m'a aidé à réaliser que je suis un homme », a écrit Mme Alyoshina dans un message dans lequel elle s'est également excusée « auprès de tout le peuple russe ». Toutefois, dans une interview accordée à Novaya Gazeta Baltic, Mme Alyoshina a déclaré qu'elle avait écrit ses messages Telegram dans un état de « stress extrême » après avoir appris que les autorités russes prévoyaient de l'envoyer dans un hôpital psychiatrique. Mme Alyoshina a effectué sa transition en 2020, trois ans avant que Vladimir Poutine ne signe une loi interdisant la chirurgie de réassignation de genre et la thérapie hormonale pour les personnes transgenres et rendant impossible la modification du genre dans les documents officiels.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Pas d’hystérie collective, la série ne repart pas pour une énième saison. La chaîne de télévision anglaise Gold a annoncé la réalisation d’un grand documentaire sur ce phénomène de société. On y retrouvera tous les comédiens et guests, mis à part June Whitfield (qui jouait la mère d’Edina), décédée en 2018. Anecdotes, fameux extraits et retrouvailles feront revivre ce véritable ovni des années 90.

    https://gold.uktv.co.uk

    Bruno De
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  • Le fast food de Segré-en-Anjou-Bleu a été reconnu coupable de harcèlement moral et discrimination en raison de l’identité de genre à l’encontre d’une employée. Si ses collègues avaient compris et accepté la transition de Syntia, il n’en était pas de même pour sa direction. 

    Interdiction de se maquiller, obligation pour ses coéquipiers de l’appeler par son ancien prénom masculin.

    Si son identité à l’état civil est encore masculine, le tribunal a indiqué que l’employeur a un devoir d’inclusion.

    Bruno De
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  • Deux jours avant le premier tour des élections législatives anticipées, une boulangerie d’Avignon a été incendiée. Dans la nuit du 25 au 26 juin, l’établissement L’Arto a été ravagé par les flammes. 

    Selon l’enquête, la boulangerie a été visée par sept départs de feu et des traces d'effraction ont été également constatées.

    Mais ce sont les inscriptions racistes et homophobes laissées à l’intérieur du local qui laissent à penser que ce geste criminel visait potentiellement le jeune apprenti Ivoirien que le patron emploie depuis un an.

    Aux sorties des urnes et de la progression du FN aux élections européennes, de nombreux actes de vandalisme, verbaux et physiques ont été dénombrés à l’intention des personnes LGBTQIAP+ sur l’ensemble du territoire. Des paroles et des gestes décomplexés tenus par des membres et sympathisants du Rassemblement national, prouvant explicitement leur haine à l’attention de notre communauté.

    Julien Claudé-Pénégry
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    Plus d’un français sur deux (53% exactement) dit ne pas se protéger systématiquement avec un nouveau partenaire. Et la tendance n’est pas bonne puisque cela représente 4% supplémentaires en 4 ans, selon une étude commandée par le laboratoire Gilead. L’étude démontre aussi que les jeunes manquent cruellement d’information : ainsi presque la moitié (48%) des 15-24 ans interrogés ne savent pas qu’il est possible de trouver des préservatifs gratuits en pharmacie.

    Autre point inquiétant de l’étude : 30% des personnes interrogées disent ne pas se faire dépister après un rapport sexuel non protégé. Ce chiffre grimpe à 44% chez les 15-24 ans qui ne se sentent pas concernés ou trouvent cela « trop compliqué » par méconnaissance des différents dispositifs en place. Dans cette étude aussi, 12% des français.e.s interrogé.e.s ne se dépistent pas pour le VIH, par peur du résultat. 

    Parmi les raisons évoquées pour expliquer ce relâchement : la confiance envers le.la partenaire sexuel.le, l’envie de sensations plus intenses, le fait d’avoir bu de l’alcool ou consommé d’autres substances, et le fait de ne pas avoir de préservatifs sur soi. Cette nouvelle étude met notamment en évidence le manque cruel d’information et de pédagogie auprès des 15-24 ans, et le besoin de campagnes de prévention répétées à l’heure où, en France, 200 000 personnes vivent avec le VIH, dont 15% qui ignorent être séropositives, ce qui explique les 5 000 nouvelles découvertes de séropositivité chaque année.

    Franck Desbordes
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  • Au lieu de supporter Némo, le gagnant suisse de la dernière édition de l’Eurovision, les médias de la Suisse romande n’ont de cesse de mégenrer le jeune artiste queer, rapporte le site 360.ch. 

    Un comportement aussi fâcheux qu'irrespectueux. Lui, qui dans le texte de sa chanson explique casser les codes de la binarité de genre, bute face à des journalistes entêtés à le définir exclusivement par un genre masculin, lui qui a exprimé expressément « son désir de s’identifier par des pronoms neutres ou, faute de mieux, d’utiliser son prénom ». Cela démontre au-delà de la bêtise des plumes de ces journaux qui s’évertuent à ne pas considérer la non-binarité de Némo que le problème est bien plus profond. En effet, il semblerait que la Suisse ait encore une réticence flagrante faire exister la notion de troisième sexe.

    Les partis politiques ne s’entendent pas sur ce changement bien que tous s’accordent à reconnaître la Suisse dans sa pluralité. Espérons que les choses évoluent dans le bon sens.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Angleterre : la fondation LGBT de Sam Smith

    gay, transgenres, bisexuel.le.s, Queer

    Le chanteur de pop britannique Sam Smith a annoncé avoir créé la Pink House : une fondation LGBTQ qui vient en aide aux personnes de la communauté LGBTQ. Iel a précisé sur sa page instagram qu’« elle s’appellera la Pink House, d’après la maison dans laquelle j’ai grandi, ma maison d’enfance. Je veux qu’elle soit d’utilité pour toute personne queer, et qu’elle soit un safe space pour tous.tes. Elle ouvrira bientôt, et tout le monde est bienvenu.e.! ». 

    Une initiative heureuse à un moment où l’affirmation de la communauté LGBT fait face plus que de raison à une montée d’agressions verbales et physiques toujours plus grande. Première victime des comportements LGBTphobes, Sam Smith compte offrir une alternative à ceux qui cherchent un refuge. Pour accompagner ce lieu, un podcast du même nom donne la parole à des personnalités inspirantes.

    Bruno De
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  • Ralf Schumacher provoque une grosse secousse dans le monde de la compétition automobile, confronté à son mutisme autour de la sexualité de ses champions.

    C’est la bonne nouvelle de la semaine : le pilote de formule 1 Ralf Schumacher, heureux détenteur de six grands prix, a fait son coming-out en toute discrétion sur Instagram. A 49 ans, le sportif désormais retiré de la compétition, mais aussi frère de la légende Michael Schumacher, après avoir été marié de longues années à la présentatrice télé Cora Brinkmann, a décidé d’enfin lever le voile sur sa sexualité. Un geste fort, notamment dans la formule 1, sport essentiellement masculin, où l’homosexualité reste un tabou soigneusement cultivé.

    En postant une photo de lui et son compagnon s’enlaçant tendrement en regardant l’horizon, un soleil couchant flamboyant, Ralf Schumacher envoie un message fort assorti d’un texte on ne peut plus romantique : ”la plus belle chose dans la vie c'est quand tu as le bon partenaire à tes côtés avec qui tu peux tout partager.“ Une publication émouvante et sincère qui a enflammé les réseaux sociaux, et à laquelle, le propre fils de Ralf, 22 ans, a répondu d’un "je suis très heureux que tu aies enfin trouvé quelqu’un avec qui tu peux vraiment dire que tu te sens bien et en sécurité, que ce soit un homme ou une femme. Je suis derrière toi à 100 % papa et je te souhaite le meilleur."

    Jean Jacob
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  • Les français sont-ils LGBT-friendly ? Un peu moins que les années précédentes, selon un baromètre publié par la fondation Le Refuge, qui vient en aide aux jeunes mis à la porte de chez leurs parents, et l’institut de sondage BVA Xsight.

    Rien n’est jamais acquis. Le Refuge et l’institut de sondage BVA Xsight ont dévoilé le 27 juin dernier les résultats d’un baromètre sur la perception des personnes LGBT+ en France. Et les tendances révélées sont inquiétantes. « Pour la première fois depuis le début de ce sondage annuel, l'acceptation des personnes LGBT+ au sein de la société française est en net recul », écrivent les deux organisations.

    Premier indicateur : le soutien de l'État auprès des jeunes LGBT+ rejetés. Près d'un Français sur cinq (18%, en hausse de 6 points) estime que l'État ne devrait pas soutenir les dispositifs d'accueil pour les jeunes LGBT+ rejetés par leurs parents. Pour la Fondation Le Refuge, qui s’est donné pour mission de venir en aide à ces jeunes, « cette augmentation de l’opposition est alarmante. En effet, le soutien de l’État, ainsi que de l’ensemble des Français reste primordial pour ces jeunes en situation de précarité ».

    Deuxième indicateur, le soutien aux jeunes personnes trans. Moins d'un Français sur deux (48%, en baisse de 8 points) serait prêt à soutenir son enfant transgenre dans sa transition. Commentaire du Refuge : « cette chute dramatique reflète un recul inquiétant de l'acceptation et de la compréhension des transidentités au sein des familles françaises ». L’association dénonce « l'instrumentalisation de ces thématiques dans le débat public et la désinformation » qui n'ont fait qu'exacerber cette tendance, « augmentant l'isolement et la détresse des jeunes transgenres ». 37% des personnes opposées à l’accueil des réfugiés LGBT

    Un troisième indicateur illustre ensuite la montée des racismes en France. Le Refuge et BVA ont en effet demandé aux personnes sondées si elles soutenaient l’accueil des réfugiés LGBT persécutés dans leur pays. 37% des Français (en hausse de 4 points) s’y opposent. Le Refuge comme de nombreuses associations en France, parmi lesquelles l’ARDHIS, viennent justement en aide aux demandeuses et demandeurs d’asile LGBT.

    Enfin, près d'un quart des Français (24%, en hausse de 5 points) pensent que l'État ne doit pas s'impliquer davantage dans la lutte contre les LGBTphobies en milieu scolaire. Commentaire du Refuge : « les tragédies du jeune Lucas ou de la jeune Dinah rappellent l’urgence de lutter contre les violences LGBTphobes, omniprésentes en milieu scolaire. À ce titre, l’engagement du secteur associatif est essentiel pour poursuivre le travail de sensibilisation aux différences dès l'adolescence ». Ces résultats confirment l’existence d’une atmosphère peu propice aux personnes LGBT. Dans Strobo Mag du mois dernier (n°32), Julia Torlet, la nouvelle présidente de SOS homophobie faisait part de sa préoccupation quant au climat actuel dans la société française : « on a l’impression que les braises des LGBTI-phobies sont allumées et que le feu est prêt à prendre ». Les chiffres du baromètre Le Refuge et BVA Xsight vont indubitablement dans le même sens. Il va sans dire que si le RN avait gagné les élections législatives, cela n’aurait fait qu’empirer.

    Xavier Héraud
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  • Comme chaque année lors du 17 mai, journée internationale de lutte contre les LGBTphobies, SOS homophobie et le ministère de l’Intérieur ont publié leurs chiffres des actes ou crimes et délits LGBTphobes de l’année précédente. Au-delà  des chiffres forcément sous-estimés, SOS homophobie dénonce un climat inquiétant.

    Julia Torlet tire la sonnette d’alarme. Alors qu’elle reçoit la presse à l’occasion de la parution du rapport annuel de SOS homophobie, la toute nouvelle présidente de l’association ne cache pas son inquiétude. Et si le rapport porte sur les chiffres de 2023, Julia Torlet parle bien de 2024 : « C’est une année extrêmement inquiétante et ce sont les tendances qui nous préoccupent particulièrement. On a l’impression que les braises des LGBTI-phobies sont allumées et que le feu est prêt à prendre », déclare-t-elle. « Ce ne sont pas les chiffres qui nous inquiètent le plus, ce sont les tendances », insiste la militante. Ces tendances, elle en cite trois : « les violences, voire l’hyperviolence exercées en grande majorité contre des hommes cis gays ou bis » ; « L’invisibilité des lesbiennes et des personnes bies », qui se retrouve notamment dans le faible nombre de témoignages de lesbiennes recueillis par l’association ; et enfin la « vague de transphobie actuelle », qui s'explique selon elle par un « repli conservateur sur la question du genre ». 

    En 2023, SOS homophobie a recueilli 2085 témoignages, qui décrivent 2377 actes de LGBTphobies (un même témoignage pouvant regrouper plusieurs actes). L’année précédente, l’association avait rapporté un chiffre de 1506 témoignages. La méthodologie de recueil des témoignages ayant changé entre les deux, il est difficile d’en conclure à une augmentation. Il n’en reste pas moins, comme le souligne le rapport, que 2377 cas de LGBT-phobies, ce sont « 2377 cas de trop ». Près de la moitié des cas (45%) sont des faits de gayphobie, 11% de lesbophobie et 21% de transphobie. La source la plus commune de ces LGBTphobie est en ligne (23% des faits), devant les commerces/services (11%) et les lieux publics (10%). Parmi les 2377 actes rapportés, 266 sont des agressions physiques, qui ont touché à 67% des hommes cis. 

    Les chiffres du ministère de l’Intérieur
    Comme tous les ans désormais, le ministère de l’Intérieur a également publié les chiffres des infractions touchant les personnes LGBT. 4 560 infractions anti-LGBT+ ont été enregistrées, principalement dans les communes de plus de 200 000 habitants et notamment à Paris. Parmi ces infractions, 2 870 s’apparentent à des crimes ou délits et 1 690 ont fait l’objet de contraventions.Les victimes de crimes et délits anti-LGBT+ sont majoritairement des hommes (72% en 2023) et les moins de 20 ans (49%). Les mis en cause sont aussi principalement des hommes et des jeunes (31% ont moins de 20 ans). Plus de 70% des victimes de crimes ou délits anti-LGBT+ enregistrés sont des hommes et 49% a moins de 30 ans, dont 7% ont moins de 15 ans. Par ailleurs, les mis en cause pour crimes ou délits anti-LGBT+ sont principalement des hommes (80%) et près de la moitié (49%) ont moins de 30 ans.

    Le ministère rappelle qu’« une part importante de ces atteintes sont toutefois encore inconnues des services de police et de gendarmerie », avant d’ajouter que « Le dépôt de plainte est une démarche encore très peu effectuée par les victimes : environ 20% des victimes de menaces ou violences anti-LGBT+ et seulement 5% des victimes d’injures anti-LGBT+ déclarent avoir porté plainte en moyenne sur la période 2012-2018, selon l'enquête Cadre de vie et sécurité (Insee-ONDRP-SSMSI) ». 

    Photo: Pride 2024 à Paris. Xavier Héraud. 

    Xavier Héraud
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