Le 23 mai, les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC) publiaient leurs résultats dans lesquels apparaissent une baisse significative des nouvelles infections par le VIH aux États-Unis. Entre 2017 et 2021, avec l’effet combiné du dépistage répété, du Tasp et de la Prep, les nouveaux cas de séropositivité au VIH ont chuté de 12 % passant d'environ 36 500 infections en 2017 à 32 100 en 2021. Il n’en demeure pas moins que ces résultats sont à lire en demi-teinte. Car même s’il est bon de s’en réjouir, malgré les efforts de prévention mis en place, les populations noires et latina ne semblent pas avoir été impactées de la même manière. L’appartenance ethnique aurait donc une incidence majeure puisque les CDC ont constaté que « les nouvelles infections avaient diminué de 27% et de 36%, respectivement, chez les Noirs et les Latinos, contre 45 % chez les Blancs ». Ces flagrantes disparités traduisent encore un travail de longue haleine à mettre en place vers les populations minoritaires.
Au moment où nous bouclons ce numéro de Strobo, le gouvernement annonce enfin son nouveau plan contre les LGBTI-phobies, qui s’étale de 2023 à 2026. Le plan, dévoilé par Isabelle Lonvis-Rome, ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, fait la part belle à la formation, notamment des forces de police, et contient une mesure très attendue, la pérennisation du fonds de soutien aux Centres LGBT. Trois millions avaient déjà été annoncés l’été dernier par la Première ministre Elisabeth Borne, sept millions viennent compléter ce fonds, qui doit servir à financer les centres existants et à permettre à d’autres centres de se créer. De nombreuses associations LGBT avaient été consultées pour l’élaboration de ce plan et c’est peu dire qu’elles se montrent déçues du résultat. Dans un communiqué, plusieurs d'entre elles, dont l’Ardhis, Aides, Acceptess T, Outrans ou l’Inter-LGBT, “dénoncent une prise en compte insuffisante de leurs revendications”.“Le nouveau plan invisibilise les transidentités alors que le précédent y consacrait un chapitre entier. Pourtant, les personnes trans sont la cible principale des attaques LGBTI+phobes et leurs droits ne sont ni garantis, ni protégés.”, expliquent-elles avant de regretter “qu’aucune mesure ne soit prévue pour faciliter l’accès aux droits des demandeurs-ses d’asile ou des couples binationaux LGBTI+”.
Aux Etats-Unis, les efforts des homophobes et transphobes commencent à porter leurs fruits, non seulement d’un point de vue législatif, mais aussi sur les politiques marketing des entreprises. Ainsi, la très populaire chaîne de magasins Target a fini par retirer les articles estampillés LGBT de ses rayons, après des pressions régulières des conservateurs. De même, Starbucks a interdit à ses employés de mettre des décorations rainbow flag dans ses cafés pour le mois des fiertés, comme ils le faisaient habituellement. La marque de bière Bud Light, qui avait fait appel à une influenceuse trans pour promouvoir son produit a lâché celle-ci en rase campagne quand elle est devenue une cible de l’extrême-droite. Cela montre la valeur du soutien de ces entreprises à nos communautés ces dernières années. Dès que le vent tourne, il n’y a plus personne.

C’est officiel et c’est hélas définitif, le Malabar Station a fermé ses portes le 30 juin dernier. Ce petit bar avait été créé en 2009 et avait su attirer une clientèle LGBTQ+ très diverse, avec notamment les apéros de Evidence fetiche et plein d’autres fêtes que les niçois.e.s n’oublieront pas de sitôt. Bonne chance à toute l’équipe pour la suite.