L’ex-première ministre britannique Liz Truss a proposé le 9 décembre un projet de loi d'initiative parlementaire qui interdirait aux moins de 18 ans d'accéder à l'hormonothérapie et empêcherait l'État de reconnaître leur transition sociale. Elle estimerait que les moins de 18 ans doivent être protégés contre « la prise de décisions irréversibles concernant leur corps ». Toutefois cet argument ne tient pas compte du fait que les personnes trans de moins de 18 ans se voient généralement prescrire des bloqueurs de puberté physiquement réversibles et qu'ils ne sont autorisés à le faire qu'après de longs contrôles médicaux.
Arnaud Rouger, directeur général de la Ligue de Football Professionel a déclaré devant une commission d’enquête à l’Assemblée : « la frontière est ténue entre lutter contre l’homophobie et faire la promotion de l’homosexualité ». Exit donc le maillot aux couleurs arc-en-ciel (on le savait déjà, mais les raisons sont bien obscures, à se demander si ce monsieur s’en préoccupe, tout comme les chants homophobes et racistes qui émaillent trop souvent les matchs. Quant au président de la LFP, Vincent Labrune, il semble plus clair sur la question : il a plaidé pour une interruption systématique du match. « Les questions de discrimination en général ça m'insupporte, les questions d'homophobie ça me rend fou (…) Il faut faire comprendre aux supporters que chanter des paroles homophobes, c'est ringard, et qu'ils comprennent qu'ils sont à côté de la plaque, et à côté de la société dans lesquels ils évoluent ». On n’est quand même pas sorti du sable !
La marque finlandaise Vuokkoset vient de lancer une gamme de tampons dédiés aux hommes trans. C’est dans le packaging que ça se passe. « For men » s’adresse à des consommateurs qui ne se réduisent pas aux femmes non transgenres : « la menstruation n’est pas seulement une question de femmes, car les hommes transgenres et les personnes transgenres peuvent avoir un utérus et des règles », précise le fabricant. Dakota Robin, l’égérie de la marque s’empare du projet pour en faire la promotion et défendre cette nouveauté. Une évolution plus que bienvenue qui est à saluer car elle brise le tabou du sujet de la gestion des menstruations chez les personnes transgenres et qui surtout permet d’offrir un produit qui pourra prendre aussi sa place dans les toilettes des hommes aux bureaux lorsque certains de vos collègues auront leurs règles.
Dans Strobo #25, nous vous parlions de la tentative de phagocytage du parti d’Eric Zemmour au sein des associations de parents d’élèves. Les syndicats de professeurs s’inquiètent tout autant que Parents Vigilants (association proche de Reconquête) s’en prenne notamment aux cours d’éducation sexuelle et à la lutte contre les LGBTQIphobies. Les enseignants signalent « une vision réactionnaire et antirépublicaine de l’école » au ministre de l’Education nationale, pointant aussi du doigt les méthodes de discrédit via les réseaux sociaux. En effet, le courrier des syndicats enseignants à Gabriel Attal fait état d’un « mode opératoire bien identifié (…) une personnalité d'extrême droite dénonce sur les réseaux sociaux tel cours ou telle activité, s'ensuit une campagne de harcèlement en ligne, allant parfois jusqu'à la publication du nom et de l'adresse d'enseignants visés, et parfois d'un rassemblement devant l’établissement. »
« Le magazine 360° tire sa révérence » ! Encore un coup dur pour la presse communautaire. C’est en ces mots que le 30 novembre 2023, la rédaction informait ses lecteurs de la fin d’une aventure longue de 25 ans. L’unique titre queer de la suisse romande s’en va avec un ultime numéro papier le 228ème du nom. Paraissant dix fois dans l’année, ce média unique en son genre avait fait le pari de s’adresser à la communauté helvétique LGBTQIAP+ dans sa globalité, travaillant sans cesse à mettre en évidence la dynamique, les volontés, la puissance créatrice et la force des communautés locales. Tout y était abordé avec sérieux, minutie et professionnalisme. L’humour et le second degré y avaient tout autant leur place dans des rubriques qui piquaient au vif. Derrière cet arrêt, une réalité sombre qui touche la presse unanimement : « hausse des coûts de production et de diffusion, disparition de nombreux annonceurs, réduction des budgets publicitaires et captation de ces recettes – source de la quasi-totalité de nos revenus – par les géants du web » comme précisé le jour de l’annonce de cette funeste disparition. Mais sachez que la version web et les agendas sur la vie suisse continuent leur aventure sur www.360.ch. Remercions l’ensemble des équipes passées et présentes pour la qualité des informations distillées, la variété des sujets, l’impertinence, et l’engagement au fil de ces années. En tous les cas, chapeau bas.