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  • C’est une première ! Un musée national, en l’occurrence le MUCEM au cœur de la cité phocéenne, consacre jusqu’au 9 décembre le naturisme à travers une exposition intitulée Paradis naturistes. 

    Vivre nu en communauté́ pour communier avec la nature serait-il le secret du bonheur et de la santé ? Pourquoi et comment la France est-elle devenue un « paradis naturiste » ? Mais au fait, naturisme et nudisme, est-ce la même chose ? 500m2 d’exposition pour y répondre à travers ses aspects historiques, philosophiques, sociaux.

    Le musée vous propose de mieux comprendre ce phénomène singulier et fédérateur qu’est le naturisme, ou plutôt les naturismes, car ils sont pluriels grâce à un parcours scénographique passionnant, riche et ludique réunissant 600 photographies, films, revues, objets quotidiens, peintures, dessins, livres, estampes et sculptures.

    Et si vous voulez vivre l’expérience jusqu’au bout, vous pouvez visiter Paradis naturistes en totale nudité les 20 août, 3 septembre et 11 octobre. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • C’est un peu le Festival de Cannes de l’électro chaque année : du 16 au 18 août devant le Palais des Festivals, la plus grande beach party revient pour une 17ème édition. Au programme : 15 heures de musique, 6 scènes et des grands noms : Feder, Mosimann, Nico Moreno, la Darude, pour ne citer qu’eux. Cette année encore plus qu’avant, les organisateurs ont prévu un festival engagé avec une charte écolo et durable. Quand on peut concilier clubbing et respect de l’environnement, on fonce 

    www.plages-electroniques.com

    Bruno De
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  • Nino est bien seul. Dans son quartier de Santiago del Estero au nord de l’Argentine, il subit sans arrêt des brimades homophobes pour son côté efféminé. Pour le protéger sa mère très pieuse l’emmène avec sa sœur à la campagne le temps des vacances d’été. Mais leur maison est située en bordure d’une forêt qui est dite hantée par Almamula, un monstre qui, selon la légende, enlève tous ceux qui commettent des péchés charnels.

    Le réalisateur Juan Sebastian Torales est allé puiser dans son expérience personnelle pour exorciser en quelque sorte un souvenir d’enfance. Sous le poids de la religion catholique castratrice omniprésente dans ce film, il met en évidence la difficulté pour un jeune garçon en quête de lui-même de se trouver, de se définir, de s’assumer et de s’épanouir lorsque la pression sociale et le carcan de la foi qui oblige à renoncer à qui l’on est. Entre réalisme et univers fantastique, Almamula nous plonge dans le passage délicat de l’enfance à l’adolescence, là où l’envie de l’autre se matérialise. Envoûtant.

    Almamula de Juan Sebastian Torales en salle le 7 août.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Contre toute attente, la gauche a réussi à sortir victorieuse des élections législatives anticipées. Mais elle se retrouve loin de la majorité absolue qui lui permettrait de gouverner tranquillement. Une période d’incertitude s’ouvre. 

    La catastrophe a été évitée. Le Nouveau Front Populaire est arrivé en tête du deuxième tour des élections législatives le 7 juillet. Cela n’a été possible que grâce à une forte mobilisation de la société et de la gauche pour faire barrage à l’extrême droite, qui avait obtenu le plus grand nombre de voix lors du premier tour et que de nombreux sondeurs annonçaient victorieuse au second. On n’avait en effet pas vu un tel taux de participation à des législatives depuis 1997. 

    Dans ce mouvement de résistance, les associations LGBT ont pris leur part. On a pu le voir dans les prides, comme à celle de Paris, qui se tenait la veille du premier tour. Les pancartes et slogans anti-extrême droite y étaient légion. L’Inter-LGBT et SOS homophobie avaient d’ailleurs appelé à utiliser « cette marche festive, politique, et antifasciste comme étendard de nos identités ». Si nous ne voulons pas qu’en 2025, sous la répression et la haine réactionnaire, nos marches soient interdites et nos vies proscrites, LGBTQIA+ et allié.e.s : marchons ! » 

    Citons également l’appel de la Fédération LGBTI, qui rassemble la plupart des Centres LGBT+ français. Rappelant l’opposition constante du FN/RN aux droits LGBT, la Fédération LGBTI a exhorté les personnes LGBT à faire battre le parti fondé par Jean-Marie Le Pen. La Pride Marseille qui se tenait la veille du second tour avait également appelé à « faire barrage au Rassemblement National et à Reconquête ». Elle a attiré un nombre record de participant.es  : plus de 40 000 selon les organisateurs. Voix légèrement discordante, Gaylib a publié un communiqué le 2 juillet où elle reprenait les propos d’une partie de la droite en invitant « à voter pour les candidats de l’arc républicain : pas une voix pour LFI, pas une voix pour le RN ».

    Reste que l’Assemblée Nationale se retrouve désormais scindée entre trois grands blocs, le Nouveau Front Populaire (182 sièges), la mouvance macroniste Ensemble (168 sièges), et le RN et ses alliés (143 sièges). Aucun ne peut prétendre à la majorité absolue. Cela ne signifie pas que personne ne pourra gouverner. Comme le rappelait le politiste Etienne Ollion le soir du deuxième tour sur Mediapart, « Dans la Vème République, il n’y a pas besoin d’avoir une majorité absolue à l’Assemblée pour gouverner, il faut juste pas avoir une majorité contre soi et ne pas être sujet à une motion de censure. » Telle est l’équation que devront résoudre ceux qui gouverneront. 

    Au moment où nous bouclons cet article, Emmanuel Macron n’a pas encore nommé de Premier ministre. En attendant, Gabriel Attal expédiera « les affaires courantes », comme on dit. Du côté de l’Assemblée, les tractations entre groupes parlementaires vont sans doute aller bon train pendant plusieurs jours.  

    En revanche, dès le lendemain du 7 juillet les élu.es européen.ne.s RN ont rejoint le groupe de Viktor Orban, le Premier ministre Hongrois au Parlement européen. Orban, l’ami de Poutine, qui a fait passer dans son pays une loi inspirée de celle sur la « propagande gay » du leader russe. En France ou en Europe, le RN continue de placer ses pions. Sa semi-défaite aux élections législatives ne doit pas masquer cette réalité: le parti lepéniste progresse encore et toujours. Et ce n’est un bon signe pour personne. Marine Le Pen parle elle-même de « victoire différée ». On est prévenus.

    Photo: Marche des fiertés LGBT+ de Paris, 2024. Xavier Héraud.

    Cet article a été publié dans Strobo n°33

    Xavier Héraud
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  • Bonne nouvelle : les Jeux Olympiques ne sont pas qu’un grand raout sportif mondial qui va métamorphoser Paris en une forteresse pour ses habitants. Cela va aussi avoir du bon pour tous les touristes et les Parisiens. Du 1er juillet au 8 septembre, fin des Jeux Paralympiques, les terrasses estivales voient leur autorisation d’ouverture de deux heures supplémentaires au-delà des 22 heures habituelles pour se prolonger jusqu’à minuit. De quoi savourer plus longtemps les apéros et les dîners estivaux sous le soleil de Paname.

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  • Un tea dance sur les flots de la Garonne aura lieu le dimanche 21 juillet (14h30-20h). Ca secoue moins qu’en pleine mer, donc on ne renverse pas son verre sur la jolie marinière qui sera la dresscode.

    Ponton Croisières Burdigala, face au 7 quai des Queyries.

    croisieresburdigala.fr/fiche-croisiere/9

    Bruno De
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  • Au lieu de supporter Némo, le gagnant suisse de la dernière édition de l’Eurovision, les médias de la Suisse romande n’ont de cesse de mégenrer le jeune artiste queer, rapporte le site 360.ch. 

    Un comportement aussi fâcheux qu'irrespectueux. Lui, qui dans le texte de sa chanson explique casser les codes de la binarité de genre, bute face à des journalistes entêtés à le définir exclusivement par un genre masculin, lui qui a exprimé expressément « son désir de s’identifier par des pronoms neutres ou, faute de mieux, d’utiliser son prénom ». Cela démontre au-delà de la bêtise des plumes de ces journaux qui s’évertuent à ne pas considérer la non-binarité de Némo que le problème est bien plus profond. En effet, il semblerait que la Suisse ait encore une réticence flagrante faire exister la notion de troisième sexe.

    Les partis politiques ne s’entendent pas sur ce changement bien que tous s’accordent à reconnaître la Suisse dans sa pluralité. Espérons que les choses évoluent dans le bon sens.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Imaginez ce que peut provoquer la collaboration entre « l’enfant terrible de la mode » Jean Paul Gaultier et le chausseur de talent romanais connu pour son fameux tressé cuir Stéphane Kélian ! Le musée de la Chaussure à Romans-sur-Isère propose jusqu’au 3  novembre de vous glisser dans la magie des réalisations nées de l’imagination de ces deux génies français. 

    Quand l’audace rencontre l’excentricité. C’est bien cela qu’Olivier Jault, designer de chaussure et collectionneur, co-commissaire de l’exposition Jean Paul Gaultier pour Stéphane Kélian « Roman d’une rencontre » a voulu mettre en scène au cœur d’une chapelle. Un lieu unique, tel un écrin pour la rétrospective d’une aventure créative faite de confiance, d’insolence, de savoir-faire et de désinvolture. Olivier Jault, le passionné d’histoire et des techniques de confection autour du monde de la chaussure, qui a longtemps travaillé aux côtés de Jean Paul Gaultier s’est pris de passion à l’idée de mettre en lumière les trésors qui sur plus d’une vingtaine de défilés prêt-à-porter du créateur ont vu naître des chaussures qui accompagnaient les tenues.

    Une rencontre, un partage

    De 1984 à 1996, ce qui va émerger de « l’union » de ces deux artistes va dépasser l’entendement. Bien plus que de simples réalisations, ces chaussures sont de véritables œuvres d’art. Fusion fantastique et détonante entre l’univers atypique et tourbillonnant du jeune créateur et la capacité presque renversante de l’expert à concrétiser tout concept même les plus impensables en réalité. Pour rendre hommage à ce mariage de déraison consenti entre deux esprits loin des stéréotypes, qui de mieux que ceux qui ont été les acteurs historiques des deux maisons, les amis, les férus de mode ?

    Tout tenté, tout créé

    Il en ressort, une scénographie qui invite à explorer l’anticonformisme du duo, la technicité dans chaque réalisation, les détails, l’exécution, le rendu, l’âme de chaque pièce qui ne fait pas qu’habiller une paire de pieds, mais surtout les sublime et leur donne une visibilité toute nouvelle, dans un ensemble esthétique. Car de la fantaisie, il y en a eu en plus de 10 ans de collaboration parsemés de projets originaux. L’un inspirant l’autre, c’est la mutualisation de leur liberté d’imaginer un produit fini, de qualité, beau et souvent très complexe à élaborer qui les excitait. Rien n’était impossible, rien. De la paire de boots pour homme à talons haut avec le talon transparent avec un flash lumineux au derby évidé d’une partie de son cuir, en passant par les bottines à talon mi-mollet issues de la collection Les rap’pieuses ou encore les sneakers montants avec bout et broche métal de la collection French gigolo, l’humour flirte avec les références culturelles quand le sportswear et le streetwear envahissent les podiums.

    Une aventure hors pair qui laissera à jamais ses empreintes au fil des paires qui ont été imaginés et foulé les défilés comme autant d’accessoires de mode à part entière. En répondant aux « désirs les plus fous » de Jean Paul Gaultier, chaque innovation de Stéphane Kélian « laisse place à une chaussure « tendance», adaptée à chaque silhouette, devançant chaque nouvelle mode, donnant naissance à de nouvelles identités », comme l’explique si joliment le journaliste Patrick Cabasset, un proche de jean Paul Gaultier.

    Jean Paul Gaultier pour Stéphane Kélian « Roman d’une rencontre », jusqu’au 3 nov. 2024 au musée de la Chaussures, 26100 Romans-sur-Isère.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le post de Billal Assani sur X (anciennement Twitter), le 26 juin n’a ni manqué d’humour ni de toupet. Suite à une déclaration de Jordan Bardella, Président du Rassemblement national sur BFMTV sur le sujet des retraites indiquant qu’« un actif ayant commencé à travailler à 24 ans partira à taux plein à 66 ans », l’artiste a écrit : « Dieu merci je suis passif ». Un joli pied de nez plein de moquerie bien senti qui nous a bien fait rire.

    Bruno De
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  • Un choc. Celui d’une écriture qui vous prend aux tripes. Sorti en 2023 chez Globe et édité chez Pocket, ce chef-d'œuvre de Douglas Stuart est un ovni tant par la force qui s’en dégage que par le propos qui nous assaille. Nous sommes en Ecosse, à Glasgow, dans ses faubourgs, là où la violence et la dureté de la vie s’entrechoquent sur fond de rivalités d’appartenances religieuses. Le tableau n’est pas rutilant et Mungo et James s’aiment malgré tout. Le premier est protestant quand le second est catholique. Mais on n’aime pas qui l’on veut par ici. On doit être « des vrais » hommes. Pour cela, Mungo doit réfréner ses sentiments, paraître aux yeux des autres et tout particulièrement auprès d’Hamish, son frère chef de gang qui fait respecter son honneur quoi qu'il en coûte. Dans ce drame social intense, foudroyant et âpre, Mungo est confié à deux gars qui doivent faire de lui ce que la société attend : un bon petit avec des valeurs en conformité avec sa classe et son genre. Pour cela, il va devoir se plier. Sur le loch auquel il a été envoyé pour pécher par sa mère, deux hommes vont se charger de lui pour en faire un « vrai homme ». Mais là tout va vriller.

    480 pages incisives et tranchantes qui décrivent les carcans de la masculinité et des carcans virils et anxiogènes de la classe ouvrière. Un portrait à la Ken Loach, amer et plein d’espoir qui fait émerger un Roméo et Juliette des temps modernes. Un best-seller mondial pour un manuscrit qui a essuyé 32 refus d'éditeurs avant d’être édité chez un petit éditeur indépendant. Étincelant de virtuosité.

    Mundo de Douglas Stuart, Ed. Globe, 480 pages, 24€

    Julien Claudé-Pénégry
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