Nous vous avions promis dans nos deux dernières éditions une interview de l’Inter-LGBT pour avoir leur retour sur la marche des fiertés de Paris 2023, qui a eu lieu comme vous le savez sans chars, et sans musique ou presque. Malgré nos sollicitations, l’Inter-LGBT n’a pas souhaité donner suite à nos demandes d’interview, ce que nous regrettons fortement. Informer la communauté LGBTQ+ sur cet événement important, les marcheurs.euses, et au-delà tous les lecteurs.trices de Strobo mag en France avait pourtant du sens. Fort de ce constat, nous sommes donc dans l’obligation de vous fournir les seules informations que nous avons pu obtenir :
1 - De source bien informée, lors d’une réunion récente, il a été fait état d’un manque cruel de mobilisation des membres pour prendre des responsabilités au sein de l’Inter-LGBT. Cette dernière cogiterait actuellement afin de supprimer éventuellement des évènements (comme le printemps des assoces par exemple), par manque de moyens humains. Par ailleurs, les Jeux olympiques menaceraient la tenue de la Marche des fiertés 2024 à la date habituelle… Il pourrait même être question d’une annulation pure et simple pour 2024 (ce qui reste à confirmer).
2 – Il y a bien eu une réunion post-marche avec les membres de l’Inter-LGBT. Dans la newsletter du Sneg & co début juillet, on pouvait lire : « Du côté de l’Inter-LGBT, la grande majorité des associations qui la composent ont salué une forte participation, une expression militante et des échanges renforcés en l’absence de cacophonie…» Il y a donc peu de chances pour que les futures marches réintègrent chars et musique. Vous voilà prévenu.e.s et donc déçu.e.s.
Les planches du Studio Hebertot accueillent à partir du 4 septembre, l’adaptation du roman de David Lelait-Helo, « Quand je serai grand, je serai nana Mouskouri » basée sur une histoire vraie. C’est le comédien Didier Constant qui donnera corps à
Quand on pense à Edouard Louis, on a instinctivement En finir avec Eddy Bellegueule qui nous revient en tête. Ce roman autobiographique sortit en janvier 2014 avait été salué par les critiques de manière unanime. Le succès a été tel qu’il a été traduit en plus de vingt langues. Depuis, il a écrit d’autres ouvrages, dont Qui a tué mon père en mai 2018. Le 29 novembre, c’est un portrait documentaire intitulé Edouard Louis ou la Transformation, réalisé par François Caillat qui lui est dédié. Le jeune homme de trente ans revient sur son parcourt de gamin en Picardie, sur ses origines sociales maintes fois abordées dans ses écrits à l’homme porte-parole d’une génération et acteur majeur de la vie culturelle française qu’il est aujourd’hui. Cette mise à plat nous permet de découvrir qu’Eddy a érigé la transformation permanente en philosophie de vie.
Colin Atthar a 24 ans. Il vient de terminer sa première bédé mais cherche encore un titre. Cette quête va l’amener à revenir sur sa vie, son goût pour les vêtements qui sortent de l’ordinaire, son école d’art (où son envie de faire de la bédé détonne un peu), son coming-out, etc. On se situe donc dans le registre de l’autofiction, plutôt légère. Ce qui rend la lecture de Sur le bout des doigts (on sait donc que l’auteur a mené sa quête à terme) plaisante, c’est l’humour et l’autodérision permanente de l’auteur. D’autant que pour narrer son histoire, le narrateur reçoit l’aide d’un double, un chat à la langue bien pendue. Une première bédé prometteuse !
William Friedkin, l'un des maîtres du cinéma hollywoodien, est décédé le 7 août 2023 à Los Angeles à l’âge de 87 ans. Celui qui est rentré au panthéon des classiques du 7e art américain avec French Connection (1971) et L’Exorciste (1973) avait aussi été l’un des premiers à aborder l’homosexualité devant la caméra dans Les garçons de la bande en 1970. Mais c’est le polar maudit Cruising (La chasse) avec Al Pacino qui marque encore les esprits des cinéphiles gay. Friedkin nous balade avec un traitement très cru de l’image, propre à son style excessif et parfois malaisant, dans les lieux homosexuels SM. Scandale et controverses au sein même de la communauté gay avaient animé sa sortie en salle. Au point qu’Al Pacino quelque temps plus tard renie ce film et ne veut plus qu’on lui en parle, alors qu’il reste quoiqu’il en soit un des chefs-d'œuvre de Friedkin.