
La Chatonnerie invite à célébrer les derniers rayons du soleil d’été avec cet happening qui mêlera DJ sets, drags, danse, barbecue, ateliers pour enfants et adultes, marche d’artistes locaux. Rendez-vous 4 rue Achard, samedi 21 septembre (15h-22h).

La Chatonnerie invite à célébrer les derniers rayons du soleil d’été avec cet happening qui mêlera DJ sets, drags, danse, barbecue, ateliers pour enfants et adultes, marche d’artistes locaux. Rendez-vous 4 rue Achard, samedi 21 septembre (15h-22h).
A noter l’ouverture de ce bar LGBTQIA+ dans cette belle Bretagne qui manque de lieux de convivialité communautaires : l’Antrebande à Lorient, propose une programmation de soirées très diverse, du karaoké aux shows drag en passant même par du cruising 100% mecs (vendredi 14-19h et dimanche 14h-1h). 38 rue Jules le Grand, 56100 Lorient.

Burlesque Freaky Follies recherche activement de nouveaux talents qui se produiront notamment sur la scène ouverte du Montecito. Paillettes, strass, make up, émotion, burlesque, etc. Bien sûr, qui dit scène ouverte dit modestie du cachet (au chapeau), mais l’ambiance du bar est toujours au top.
Pour postuler, envoyez un e mail à burlesquefreakyfollies@gmail.com, on vous renverra la Google form pour vous inscrire.

Les écrans et scènes célèbrent les thèmes gays, mais où est passée la poésie ? Trop souvent cachée, censurée, elle mérite sa place. Avec 16 auteurs audacieux, de Verlaine à Lamartine), ce spectacle célèbre le désir des hommes pour les hommes. Un duo de comédiens explosifs et des vers aussi drôles qu’impudiques. Jeudi 19 septembre à 20h Chez Olympe, 37 rue Hoche, Pantin.
Genèse du projet par l’auteur : « les thématiques gay sont abordées sur les écrans et les scènes, dans tous types de fictions, avec des romans, des films et des pièces de théâtre. Mais où est donc passée la poésie ? Reconnaissons-le, sa place n’est pas assez grande. Plus grivoise, plus coquine, aussi impudique qu’amorale, la poésie qui célèbre le désir des hommes pour les hommes ne manque pas d’éloquence. Nombre d’auteurs français du XIXème siècle ont bousculé les codes et les dogmes, à tel point que de véritables petits bijoux restent inconnus du public. C’est parce qu’ils ont été censurés, cachés ou ignorés que nous souhaitons les présenter très vite à un large auditoire. »
Avant de devenir un livre de photo publié aux éditions 37.2 qui sort ce mois-ci, « les garçons du Levant », du photographe et journaliste Mathias Chaillot est né en 2022 sous la forme d’un fanzine auto-édité. Mise à nu.

Certaines photos vous émeuvent. Sans trop savoir pourquoi, elles vous agrippent et vous laissent tout chose. Alors que depuis le 2 juillet, le Mucem à Marseille célèbre le naturisme sous toutes ses formes dans son exposition Paradis naturistes, Mathias Chaillot pose un regard tout en douceur et en poésie sur la tendresse masculine que seule la liberté permise par la nudité totale offre. Quatre étés successifs passés sur l’île du Levant, le caillou le plus aride de Méditerranée, auront donné loisir à Mathias de capturer avec ses appareils photos des instants fugaces d’une bande de garçons venue ici trouver une alternative au quotidien. Héliopolis est un lieu à part. Domaine privé ouvert au public où l’art du vivre nu est la règle, cette île est un privilège que seuls ceux qui y viennent peuvent saisir et apprécier.
A travers des photos qui ne cachent absolument rien, il nous propose sous forme d’une exploration documentaire « guidé seulement par l’ambition de poser un œil désexualisé mais assumé sur leur nudité et leur affection, retranscrire les frontières qui tombent avec les inhibitions et les amitiés particulières ». Au cœur de ses rapprochements entre garçons, il raconte cette île qui « est un terrain de jeu et d’expérimentation de la liberté » avec son rythme nonchalant, sa beauté idyllique, sa quiétude apparente, sa nature endémique, ses corps à découverts. Entre voyage enchanteur, conte décomplexé et monographie d’une tendresse infinie, Mathias Chaillot partage sa vision de l’atmosphère si singulière du Levant.
Les Garçons du Levant, de Mathias Chaillot, Ed. 37.2, 39€.
L’adaptation d’un roman en version graphique n’est pas une mince affaire. Coller au récit, être juste dans la transposition des personnages, de l'enchaînement des scènes, toucher le lecteur. Un pari que Quentin Zuttion a relevé après la lecture du court roman de l’auteur mexicain Mario Bellatin Salon de beauté, finaliste du prix Médicis étranger en 2000. D’une intensité dévorante et d’une délicatesse poignante, il nous projette dans la vie de Jeshua, propriétaire de Beauty Fish !, un salon qui propose des soins de coiffure, maquillage, manucure à sa clientèle. Il s’y affaire avec ses deux collègues et amis Isai et Alex, travestis comme lui. Leur quotidien est empreint de désinvolture et d’une folie douce. Quand la nuit arrive, ces joyeux drilles se laissent porter par la danse et par une sexualité libre dans les bains publics comme dans les sous-bois.
Mais voilà qu’une épidémie s’abat sans crier gare emportant jour après jour de plus en plus de monde et avant tout des hommes ayant une sexualité avec d’autres hommes. C’est alors que Jeshua décide de fermer boutique et de le transformer en refuge pour les malades qui se multiplient face à une société qui stigmatise et ostracise.
Le traitement choisi par Quentin Zuttion pour relater cette histoire autour du VIH est une prouesse. En se l’appropriant, il s’est débarrassé de la vision mortifère, préférant user d’une imagerie métaphorique autour des poissons pour évoquer les débuts de l’épidémie sans jamais nommer le sida. S’en dégage un onirisme prégnant qui traduit le crescendo de la tragédie en train de se dérouler sans que l’on ne sache ce qu’il en est véritablement. Plus qu’un simple témoin silencieux, Jeshua devient alors l’accompagnateur des derniers instants. Alors qu’une grande partie des œuvres de Quentin Zuttion traite de l’homosexualité, cet album est assurément le plus dramatique. En mettant en scène Salon de beauté de Mario Bellatin, son dessin prend une dimension militante et participe à un devoir de mémoire. Un acte de « pédérité » revendiqué. Sublimement bouleversant.
Salon de beauté, de Quentin Zuttion, d’après le romain de Mario Bellatin, Ed. Dupuis, 184 pages, 24,50€.

À la suite d’un rapport rendu public le 29 août 2024, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante autour de la santé sexuelle des jeunes. On y constate une baisse notable de l’usage des préservatifs. Ce qui signifie que les adolescents européens âgés de 15 ans se protègent moins lorsqu’ils ont une sexualité dite active, ce qui entraîne de facto une augmentation des risques de transmission d'IST et de grossesses non désirées.
Ce phénomène inquiétant ressort d’une étude réalisée à grande échelle auprès de 242 000 adolescents âgés de 15 ans, résidant dans 42 pays européens différents, entre 2014 et 2022. Les garçons seraient plus enclins à se détacher de l’utilisation systématique du préservatif.

Commercialisé sous le nom Sunlenca, ce traitement révolutionnaire qui ne nécessite que deux injections par an chez les personnes infectées par le VIH et qui serait être utile en prévention PrEP, pourrait « changer la donne », si son prix n’était pas si exorbitant.
Voilà pourquoi, des personnalités telles que d’anciens chefs d’États, des acteurs et des chercheurs telle que Françoise Barré-Sinoussi, co-découvreuse de ce virus dans les années 1980, demandent expressément au groupe pharmaceutique Gilead de rendre cette nouvelle théraphie plus accessible.
En France, son prix dépasse les 21 000 €. Un montant si élevé que ce traitement qui pourrait endiguer l’épidémie est juste incompatible avec l’objectif 2030 de fin de l’épidémie à VIH.
Début juillet, deux femmes trans ont été assassinées à quelques jours d’écart. Plusieurs rassemblements ont eu lieu dans toute la France pour dénoncer la transphobie ambiante. Nous étions à celui de Paris.
Il a fallu demander aux agents de sécurité postés devant le parvis des Droits de l’Homme où se trouvait le rassemblement pour les deux femmes trans assassinées la semaine précédente. Nous sommes le 16 juillet et à moins de deux semaines de l’ouverture des Jeux Olympiques, il n’est en effet plus possible de faire de manifestation sur le parvis du Trocadéro, face à la Tour Eiffel. La manifestation a donc lieu un peu à l’écart, comme nous l’indiquent les agents. Entre 100 et 200 personnes ont répondu à l’appel d’Acceptess T, du PASTT et du Strass pour dénoncer la transphobie et rendre hommage à Geraldine, une femme travailleuse du sexe de 30 ans, originaire du Pérou, assassinée à son domicile du XVIème arrondissement par un client et Angelina, 55 ans brutalement tuée à coups de hache par son ex compagnon à Compiègne. Toutes les deux sont mortes à quelques jours d’intervalle début juillet. Le meurtrier de Géraldine s’est rendu lui-même à la police. Il a expliqué avoir « paniqué » en découvrant que Géraldine était une femme trans. Un argumentaire classique des meurtres homophobes et transphobes, qui ne trompe pas grand monde. D’autres rassemblements ont eu lieu en France avant et après l’événement parisien. Au Trocadéro, la soirée oscille entre moments bouleversants, avec la prise de parole de la mère de Géraldine, venue de Lima, et révolte avec les différentes interventions associatives. Beaucoup rappellent les meurtres d’autres femmes trans, comme Vanesa Campos (en 2018) ou Jessyca Sarmiento (en 2020), toutes deux assassinées au Bois de Boulogne. Et ce ne sont que les cas médiatisés…
La loi de pénalisation des clients de 2016 pointée du doigt
Devant quelques personnalités politiques comme Anne Souyris et David Belliard pour EELV ou Clémence Guetté pour la France Insoumise, les personnes présentes dénoncent en chœur le climat de transphobie ambiante et pointent du doigt la loi de pénalisation des clients de 2016, votée sous François Hollande. Ce texte pénalise la rémunération des services sexuels et selon les associations a entraîné une précarisation du travail du sexe. Avec moins de clients, les travailleuses et travailleurs sont davantage soumis aux desiderata des clients et sont obligé.es de se cacher. Le salut aurait pu venir de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, saisie par 261 travailleuses et travailleurs du sexe pour contester la loi française. Hélas, ils et elles ont été déboutés le 25 juillet dernier, quelques jours après le rassemblement parisien. « En se retranchant derrière la marge d’appréciation des Etats, la Cour a aujourd’hui fait application d’une jurisprudence classique et néanmoins délétère, critique le Syndicat du Travail Sexuel dans un texte cosigné par une vingtaine d’associations dont le Planning Familial ou l’Inter-LGT. Elle a failli à protéger les droits fondamentaux des personnes pour des motifs politiques (...) L’amalgame persistant entre exploitation et travail sexuel nuit à la protection de la santé et de la sécurité des personnes concernées. » Dans un autre communiqué, l’ONG Human Rights Watch rappelle que « La criminalisation du commerce du sexe augmente les agressions physiques, les violences sexuelles et les abus policiers contre les personnes qui travaillent dans ce domaine, sans avoir d'effet démontrable sur l'éradication de la traite des êtres humains. Le mouvement pour les droits des travailleuses du sexe est un mouvement fort qui poursuivra la lutte pour protéger les droits et la vie de toutes les personnes travailleuses du sexe. »

Tracks, l’émission d’Arte qui décortique les dessous de la culture pop s’intéresse aux représentations du nu masculin dans l’art. Fort du constat que les nus féminins sont grandement majoritaires dans l’histoire de l’art, les corps masculins sont surtout représentés dans des postures d’action ou de souffrance, pour incarner des valeurs morales et viriles plutôt que pour s’offrir au désir du spectateur. Célia Laborie a rencontré plusieurs artistes et curatrices qui questionnent ces représentations en érotisant le corps masculin dans leur travail. On plonge dans le vif du sujet avec un duo explosif qui redistribue d’emblée les cartes, le photographe Marc Martin et le modèle Mathis Chevalier.
A l’occasion d’un shooting, les protagonistes du livre Tomber des nu(e)s, nous font entrer dans l’intimité qui se tisse entre deux hommes et donnent une nouvelle lecture de l’image de l’homme, au-delà des convenances, des genres et des orientations sexuelles. Les fondatrices du projet photographique Lusted Men — ouvrage à paraître en novembre 2024 aux éditions Hoëbeke — ont quant à elles fait un appel aux dons.
Durant 5 ans, elles ont reçu des centaines de clichés. Elles ont récolté plus de 700 photos d’hommes qui dans leur hétérogénéité lèvent le voile sur tout un pan peu visible de l’imagerie masculine, l’érotisme. Enfin le peintre iranien Alireza Shojaian, qui a quitté son pays pour pouvoir continuer de créer des hommes sans avoir à craindre les représailles d’un pouvoir liberticide, raconte son parcours.
Ici en France, il laisse exprimer ces envies, et œuvre pour s’exprimer un autre versant de la création iranienne à travers son travail. L’approche du corps masculin dans son plus simple appareil s’affranchit aujourd’hui de l’académisme, des stéréotypes et des diktats pour se réinventer de fond en comble et offrir ainsi un nouveau regard sur les hommes où le désir est assumé et visibilisé.