Les personnes trans peuvent obtenir un changement de sexe indiqué sur leur carte d’identité sans subir de chirurgie a décidé le 6 février la Cour suprême de Hong Kong. Jusqu’à présent, les cartes d’identité mentionnaient le sexe attribué à la naissance ainsi que les personnes ayant subies une transition médicale avec une chirurgie de réassignation sexuelle. Dangereux et coûteux, cette obligation vient désormais de tomber ; ce qui est un grand pas pour le bien être des personnes trans qui peuvent vivre pleinement qui elles sont.
Les jolies colonies de vacances que chante Pierre Perret ne l'ont pas été pour un jeune garçon trans de 12 ans qui s’est vu refuser l’accès du dortoir des garçons lors d’un séjour à la Montagne. La mère accuse la mairie de Puteaux de transphobie. Le prestataire choisi par la municipalité aurait affirmé vouloir respecter la non-mixité des couchages, obligeant donc le jeune homme à rester parmi les filles. Une situation ubuesque puisque l’enfant qui a entamé des procédures de transition et qui plus est, a changé de prénom à l’état civil. C’est l’incompréhensible ! La mairie va jusqu’à demander à la maman d’« outer » son fils auprès des autres parents du séjour. Après un refus, elle capitule. Les autres familles la soutiennent. Mais rien n'y fait, le petit n’aura pas la possibilité de rejoindre ses camarades. De ces vacances, le gamin en ressort « démoli ». Plusieurs plaintes au pénal contre des personnes morales et physiques vont être déposées, notamment pour discrimination. Sixtine, la maman, a aussi lancé une pétition en ligne « contre la transphobie et pour le respect des droits des enfants », une pétition et une démarche que Strobo soutient sans réserve.
Vous le connaissez, il était Mehdi dans la pièce de théâtre « 5 guys chillin ». Lui c’est Jonathan Louis qui fait de la scène son terrain de jeu. Artiste pluridisciplinaire, le comédien féru de musique, est aussi chanteur. Il sortira le 20 juin 2023 le titre « Fiertés », comme une revendication d’être qui l’on est, un point c’est tout. Réalisé par Thomas Monica ( M, Vanessa Paradis, Etienne Daho...), mixé par Ian Caple ( Massive attack) et masterisé par Nicholas Kinney, ce titre prendra son envol pour une diffusion internationale avant que son EP Racines débarque fin août. Vous y découvrez 4 morceaux qui sonnent comme des brides de vécus à exorciser à l’image de « Pardonnez-moi mon péché » ou « D’un Père à son fils ».
La dernière sortie du souverain Pontife, François Ier sur son sentiment à l’égard de l’homosexualité et de l’homophobie a de quoi faire grincer des dents. Il a déclaré qu’« être homosexuel n’est pas un crime », avant d’ajouter par contre que l’orientation sexuelle elle, constitue à ses yeux « un pêché ». Et comme acte de repentance de préciser : « nous sommes tous des enfants de Dieu, et Dieu nous aime tous comme nous sommes », les homosexuels y compris. Les prises de position en demi-teinte sur le sujet du Pape sont coutumières. Cette parole réaffirme une fois de plus la doctrine de l’Eglise, il ne fallait pas s’attendre à un miracle. Lorsque l’on sait que 67 pays criminalisent encore l’homosexualité d’après l’association Human Trust Right, est-il nécessaire de faire de telles déclarations ?
Elle sait de quoi parle la photographe américaine Nan Golding quand elle s’attaque au grand mécène de l’art, la famille Sacker au nom de l’artwashing. Celle qui a bouleversé la photographie en figeant sur pellicule le quotidien de ses proches dans les années 80 où le Sida frappe de plein fouet se révèle aussi activiste de poigne. Dans Toute la beauté et le sang versé , le film documentaire de Laura Pointras primé d’un Lyon d’Or au festival du Film de Venise 2022, on file dans l’intimité de l’artiste en prise avec une époque qui s’aventure dans les opiacés qui font fureur dans le milieu festif gay de Brooklyn. Mais voilà la fameuse crise des Opioïdes pointe le bout de son nez et s’enchaîne un épisode tragique de surdoses aux USA dû à l’administration combinée du médicament l’OxyContin et d’héroïne qui ravage des vies par centaines. Anne Goldin apprend que le laboratoire Purdue Pharma appartenant au Sackeler bloque un médicament préventif. Là naît un combat de chaque instant qu’elle porte avec le collectif P.A.I.N. (Prescription Addiction Intervention Now) qu’elle a monté. L’objectif est de s’attaquer à l’image dorée de cette institution en apparence bienveillante qu’est Sackler pour montrer la réalité. Que l’art ne peut voiler les méfaits et les mains sales sur lesquelles ces investisseurs engrangent de millions de bénéfices sur la vie des gens. Sa lutte s’internationalise, ses actions se multiplient. Elle cravache, sans relâche, elle déconstruit l’image glorieuse des Sackler mettant sous les projecteurs la fragilité dans laquelle se trouve les LGBT et la perfidie des grands groupes sous couverts de vertus factices. Cette intimité qui nous est livrée est poignante, forte. La puissance d’une femme en prise avec le système, cloitré dans un don de soi, un regard réconfortant et impliqué qui touche au sublime.