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  • Nino est bien seul. Dans son quartier de Santiago del Estero au nord de l’Argentine, il subit sans arrêt des brimades homophobes pour son côté efféminé. Pour le protéger sa mère très pieuse l’emmène avec sa sœur à la campagne le temps des vacances d’été. Mais leur maison est située en bordure d’une forêt qui est dite hantée par Almamula, un monstre qui, selon la légende, enlève tous ceux qui commettent des péchés charnels.

    Le réalisateur Juan Sebastian Torales est allé puiser dans son expérience personnelle pour exorciser en quelque sorte un souvenir d’enfance. Sous le poids de la religion catholique castratrice omniprésente dans ce film, il met en évidence la difficulté pour un jeune garçon en quête de lui-même de se trouver, de se définir, de s’assumer et de s’épanouir lorsque la pression sociale et le carcan de la foi qui oblige à renoncer à qui l’on est. Entre réalisme et univers fantastique, Almamula nous plonge dans le passage délicat de l’enfance à l’adolescence, là où l’envie de l’autre se matérialise. Envoûtant.

    Almamula de Juan Sebastian Torales en salle le 7 août.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Contre toute attente, la gauche a réussi à sortir victorieuse des élections législatives anticipées. Mais elle se retrouve loin de la majorité absolue qui lui permettrait de gouverner tranquillement. Une période d’incertitude s’ouvre. 

    La catastrophe a été évitée. Le Nouveau Front Populaire est arrivé en tête du deuxième tour des élections législatives le 7 juillet. Cela n’a été possible que grâce à une forte mobilisation de la société et de la gauche pour faire barrage à l’extrême droite, qui avait obtenu le plus grand nombre de voix lors du premier tour et que de nombreux sondeurs annonçaient victorieuse au second. On n’avait en effet pas vu un tel taux de participation à des législatives depuis 1997. 

    Dans ce mouvement de résistance, les associations LGBT ont pris leur part. On a pu le voir dans les prides, comme à celle de Paris, qui se tenait la veille du premier tour. Les pancartes et slogans anti-extrême droite y étaient légion. L’Inter-LGBT et SOS homophobie avaient d’ailleurs appelé à utiliser « cette marche festive, politique, et antifasciste comme étendard de nos identités ». Si nous ne voulons pas qu’en 2025, sous la répression et la haine réactionnaire, nos marches soient interdites et nos vies proscrites, LGBTQIA+ et allié.e.s : marchons ! » 

    Citons également l’appel de la Fédération LGBTI, qui rassemble la plupart des Centres LGBT+ français. Rappelant l’opposition constante du FN/RN aux droits LGBT, la Fédération LGBTI a exhorté les personnes LGBT à faire battre le parti fondé par Jean-Marie Le Pen. La Pride Marseille qui se tenait la veille du second tour avait également appelé à « faire barrage au Rassemblement National et à Reconquête ». Elle a attiré un nombre record de participant.es  : plus de 40 000 selon les organisateurs. Voix légèrement discordante, Gaylib a publié un communiqué le 2 juillet où elle reprenait les propos d’une partie de la droite en invitant « à voter pour les candidats de l’arc républicain : pas une voix pour LFI, pas une voix pour le RN ».

    Reste que l’Assemblée Nationale se retrouve désormais scindée entre trois grands blocs, le Nouveau Front Populaire (182 sièges), la mouvance macroniste Ensemble (168 sièges), et le RN et ses alliés (143 sièges). Aucun ne peut prétendre à la majorité absolue. Cela ne signifie pas que personne ne pourra gouverner. Comme le rappelait le politiste Etienne Ollion le soir du deuxième tour sur Mediapart, « Dans la Vème République, il n’y a pas besoin d’avoir une majorité absolue à l’Assemblée pour gouverner, il faut juste pas avoir une majorité contre soi et ne pas être sujet à une motion de censure. » Telle est l’équation que devront résoudre ceux qui gouverneront. 

    Au moment où nous bouclons cet article, Emmanuel Macron n’a pas encore nommé de Premier ministre. En attendant, Gabriel Attal expédiera « les affaires courantes », comme on dit. Du côté de l’Assemblée, les tractations entre groupes parlementaires vont sans doute aller bon train pendant plusieurs jours.  

    En revanche, dès le lendemain du 7 juillet les élu.es européen.ne.s RN ont rejoint le groupe de Viktor Orban, le Premier ministre Hongrois au Parlement européen. Orban, l’ami de Poutine, qui a fait passer dans son pays une loi inspirée de celle sur la « propagande gay » du leader russe. En France ou en Europe, le RN continue de placer ses pions. Sa semi-défaite aux élections législatives ne doit pas masquer cette réalité: le parti lepéniste progresse encore et toujours. Et ce n’est un bon signe pour personne. Marine Le Pen parle elle-même de « victoire différée ». On est prévenus.

    Photo: Marche des fiertés LGBT+ de Paris, 2024. Xavier Héraud.

    Cet article a été publié dans Strobo n°33

    Xavier Héraud
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  • Bonne nouvelle : les Jeux Olympiques ne sont pas qu’un grand raout sportif mondial qui va métamorphoser Paris en une forteresse pour ses habitants. Cela va aussi avoir du bon pour tous les touristes et les Parisiens. Du 1er juillet au 8 septembre, fin des Jeux Paralympiques, les terrasses estivales voient leur autorisation d’ouverture de deux heures supplémentaires au-delà des 22 heures habituelles pour se prolonger jusqu’à minuit. De quoi savourer plus longtemps les apéros et les dîners estivaux sous le soleil de Paname.

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  • Un tea dance sur les flots de la Garonne aura lieu le dimanche 21 juillet (14h30-20h). Ca secoue moins qu’en pleine mer, donc on ne renverse pas son verre sur la jolie marinière qui sera la dresscode.

    Ponton Croisières Burdigala, face au 7 quai des Queyries.

    croisieresburdigala.fr/fiche-croisiere/9

    Bruno De
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  • Savez-vous comment Hollywood a usé de stratagèmes pour déjouer la censure et parler d’homosexualité à l’écran ? The Celluloid Closet, actuellement disponible sur le portail France.tv, propose un passionnant voyage à travers les subterfuges mis en place par les scénaristes. Plus de 120 extraits de films sont passés à la moulinette et commentés par les plus grands noms du 7e art américain pour expliquer de Ben Hur à My Beautiful Laundrette en passant par Basic Instinct ou encore Philadelphia. Inspiré du livre éponyme, The Celluloid Closet de Vito Russo, ce documentaire sorti en 1995 démontre comment des acteurs tels que Tom Hanks, Sharon Stone, Susan Sarandon ou encore Whoopi Goldberg se sont joués des interdits avec ces désirs défendus à l’image. Avec la complicité des scénaristes, ils confient un florilège aussi inédit qu’époustouflant d’anecdotes retraçant plus de 100 ans de tournage. Malicieux et contestataire.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Angleterre : la fondation LGBT de Sam Smith

    gay, transgenres, bisexuel.le.s, Queer

    Le chanteur de pop britannique Sam Smith a annoncé avoir créé la Pink House : une fondation LGBTQ qui vient en aide aux personnes de la communauté LGBTQ. Iel a précisé sur sa page instagram qu’« elle s’appellera la Pink House, d’après la maison dans laquelle j’ai grandi, ma maison d’enfance. Je veux qu’elle soit d’utilité pour toute personne queer, et qu’elle soit un safe space pour tous.tes. Elle ouvrira bientôt, et tout le monde est bienvenu.e.! ». 

    Une initiative heureuse à un moment où l’affirmation de la communauté LGBT fait face plus que de raison à une montée d’agressions verbales et physiques toujours plus grande. Première victime des comportements LGBTphobes, Sam Smith compte offrir une alternative à ceux qui cherchent un refuge. Pour accompagner ce lieu, un podcast du même nom donne la parole à des personnalités inspirantes. 

    Bruno De
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  • Russie : détransition forcée

    transgenres

    La première femme politique ouvertement transgenre en Russie a décrit comment les autorités russes l'ont menacée de l'interner dans un hôpital psychiatrique si elle ne changeait pas de sexe, a rapporté Novaya Gazeta Baltic mardi.

    Yulia Alyoshina, qui a dirigé le parti d'opposition Civic Initiative dans la région de l'Altaï en Sibérie jusqu'en 2022, a annoncé sur sa chaîne Telegram en mai qu'elle avait repris le sexe qui lui avait été assigné à la naissance et changé le nom de sa chaîne en « Alyoshin », la version masculine de son nom de famille. « J'ai parcouru les albums de photos de mes proches et j'ai prié pour eux, ce qui m'a aidé à réaliser que je suis un homme », a écrit Mme Alyoshina dans un message dans lequel elle s'est également excusée « auprès de tout le peuple russe ». Toutefois, dans une interview accordée à Novaya Gazeta Baltic, Mme Alyoshina a déclaré qu'elle avait écrit ses messages Telegram dans un état de « stress extrême » après avoir appris que les autorités russes prévoyaient de l'envoyer dans un hôpital psychiatrique. Mme Alyoshina a effectué sa transition en 2020, trois ans avant que Vladimir Poutine ne signe une loi interdisant la chirurgie de réassignation de genre et la thérapie hormonale pour les personnes transgenres et rendant impossible la modification du genre dans les documents officiels.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le 3 juillet, un communiqué officiel signé de sept organisations (Toutes Des Femmes, Acceptess-T, Outrans, SOS Homophobie, l’Inter-LGBT, Aides et la Fédération LGBTI) demande l’abrogation du fichier de police sur les personnes trans et immigrées ayant changé d’état civil. Les associations citées ont déposé des recours auprès du ministre de l’Intérieur et du Premier Ministre pour que ce décret soit déclaré nul au plus vite.

    Au regard du contexte politique actuel, ce fichier porte atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux des personnes trans. En effet, en créant un « traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « table de correspondance des noms et prénoms », cela signifie la mise en place d’un fichier automatique, systématique et indifférencié de chaque personne ayant changé de prénom et/ou nom. Mais en rendant accessible ces données aux forces de l’ordre, l’inquiétude monte face aux dérives que cela pourrait entraîner et « favoriser des violences policières transphobes ». Le risque (écarté pour le moment heureusement) d’une arrivée au pouvoir du RN renforce ces inquiétudes et l’urgence de supprimer ce texte.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Plus qu'une simple poupée, Barbie incarne les évolutions de la société à travers l’histoire. Mais saviez-vous que la Black Barbie célèbre l'impact considérable que trois femmes noires travaillant chez Mattel ont eu sur l'évolution de la marque Barbie telle que nous la connaissons.

    À travers les récits de ces charismatiques personnes, le documentaire de Netflix raconte comment la première Barbie noire a vu le jour en 1980, en examinant l'importance de la représentation et la façon dont les poupées peuvent être cruciales pour la formation de l'identité et de l'imagination. Truffé de témoignages forts, d’envies partagées, de modèles d’inclusivités, cette version de la Barbie classique a permis de faire apparaître enfin une référence qui correspond à toute la frange de la population loin de l’hégémonisme du profil blanc qui a été véhiculé à travers le monde. Indispensable.

    A visionner ici.

    Bruno De
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  • La capitale belge compte déjà deux cabarets (Mademoiselle et Chez Maman) et des bars avec drag shows. Un petit nouveau pointe le bout de son nez : Potiche. Les drags Lara Fullcamp et LaDiva Live rendent un hommage à la Maillan (qui a joué la pièce éponyme) et souhaitent en faire un lieu inclusif. Le mercredi est consacré au karaoké, tandis que vendredi et samedi, les shows font la part belle aux talents scéniques multiples. 10 Petite Rue au Beurre.

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    Bruno De
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