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  • En France comme en Europe, le changement de genre et de prénom se joue entre clarifications juridiques et bataille pour l’autodétermination. Une circulaire française du 8 janvier 2026 rappelle que ces démarches doivent être accessibles, rapides et respectueuses de l’intimité, et confirme leur démédicalisation totale : aucun traitement, certificat ou opération ne peut être exigé. Elle recadre aussi des pratiques illégales, comme l’exigence d’attestations médicales ou le jugement de la « cohérence » entre apparence et prénom, et rappelle que les agents ne doivent pas reproduire de stéréotypes de genre.

    Mais elle ne va pas jusqu’à la déjudiciarisation souhaitée par la Défenseure des droits. Au niveau européen, deux arrêts de la Cour de justice de l’UE (Mousse et Deldits) renforcent la possibilité de supprimer ou corriger la mention de genre, en faisant du RGPD un levier pour passer du contrôle des identités à la reconnaissance de la parole des personnes concernées.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Quand la nuit devient manifeste

    Au cœur du centre d’art flottant le Quai de la Photo, la nuit pulse encore. Avec The Beat goes on !, cinquante ans de culture clubbing se déroulent entre éclats de stroboscopes et battements de liberté. Huit photographes venus des quatre coins du monde déroulent une fresque visuelle où la fête se révèle manifeste politique, récit collectif et quête intime.
    Des clichés noir et blanc de Bill Bernstein, témoins du disco new-yorkais et de son souffle émancipateur, aux images enfiévrées de Tatiana Prieto documentant la scène queer parisienne, chaque regard raconte la même urgence : danser pour exister. Sous les néons de Karel Chladek, les corps se fondent jusqu’à ne former qu’une seule vibration. Dans les friches de São Paulo, Alexandre Furcolin capte la fierté d’une jeunesse queer réinventant ses espaces.
    Ici, la musique devient langue universelle, les genres s’effacent, les hiérarchies fondent dans la sueur. Portée par une scénographie immersive et quatre playlists à scanner, l’exposition invite à plonger dans la transe, à ressentir cette fièvre collective où la nuit, loin d’être simple divertissement, demeure un acte de résistance et de renaissance.

    Jusqu'au 24 avril 2026.
    Infos : quaidelaphoto.fr/evenement/exposition-the-beat-goes-on.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • C’est un rideau qui tombe sur une partie de l'histoire nocturne de Luxembourg-ville. Le Letz Boys, l'unique bar ouvertement « gay » du pays situé dans le quartier de la Gare, a définitivement fermé ses portes. La nouvelle, confirmée par le média Virgule, marque la disparition d'un « lieu de ralliement crucial » pour la communauté LGBTQ+. Le gérant de l'établissement ne cache pas son amertume face à la situation économique actuelle : « les charges sont devenues trop lourdes, et la fréquentation n'était plus suffisante pour maintenir l'équilibre », explique-t-il dans les colonnes du site d'information. Au-delà de la faillite commerciale, c'est l'aspect social qui inquiète les habitués. Une source proche du dossier souligne que « ce n'est pas juste un bar qui ferme, c'est un espace de liberté et de sécurité qui s'éteint ».

    Désormais, le Grand-Duché se retrouve sans lieu de nuit spécifiquement dédié à la communauté LGBTQ+, laissant un vide que les associations locales espèrent voir comblé rapidement par de nouveaux projets. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Halba Diouf conteste son exclusion

    transgenres

    Halba Diouf, sprinteuse transgenre de 23 ans, dénonce une discrimination de la Fédération française d’athlétisme (FFA). Bannie des compétitions féminines régionales depuis 2023 malgré un taux de testostérone inférieur à la moyenne cisgenre, elle vient de saisir la CNIL pour violation de données personnelles, rapporte Le Figaro.« La FFA me restreint parce que je suis une femme transgenre », a-t-elle déclaré à la barre en décembre 2025.

    Le tribunal de Paris a relaxé la fédération le 28 janvier 2026 pour application des règles World Athletics, mais son avocat Me Jean Boudot annonce appel : « c’est une immense déception (…) un règlement international trumpien inapplicable en France », apprend-on dans les pages du Monde. En tête des bilans nationaux (200 m : 22’’93), Diouf reproche à la FFA des tests génétiques illégaux et un harcèlement moral. La fédération quant à elle se dit « gardienne de l’équité sportive ».

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Borja Iglesias, attaquant espagnol du Celta Vigo, défie les préjugés. Dès 2020, lors du mouvement Black Lives Matter, il arbore un vernis noir aux ongles pour lutter contre le racisme. Mais il combat aussi l’homophobie : « le foot comme thérapie et défense de l’équité », déclare-t-il à l’UEFA. Il porte ce vernis pour soutenir la cause LGBT+ et contrer les insultes homophobes dans les stades. 
    Lors d’un récent match des propos homophobes fusent malgré ses déclarations hétérosexuelles explicites. Son club appelle alors les supporters à vernir leurs ongles en solidarité, déclenchant des milliers de messages haineux sur les réseaux. Pourtant, des milliers de fans jouent le jeu, transformant la polémique en raz-de-marée de soutien. Véritable ambassadeur, Iglesias prouve que le football peut changer les mentalités.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • L’ARCOM peut-elle sévir contre les podcasts ? Pour la première fois  l’autorité de régulation audiovisuelle a été saisie du contenu d’un podcast masculiniste, les 10 000 pas, animé par « Le raptor ». Dans un épisode intitulé Les Frances parallèles, mis en ligne le 31 août 2025, celui-ci lance des phrases charmantes comme « le monde souffre d’une épidémie d’homosexualité » ou « je ne veux pas m’encombrer de pédales à ma table ». Selon Le Monde,  l’Arcom « a jugé cette requête recevable, et l’instruira dans les prochaines semaines ». Le quotidien souligne qu’une radio ou télé ne pourrait diffuser de tels propos sans se voir sanctionner.

    En revanche, il n’est pas clair que Deezer ou Spotify puissent être tenus responsables des propos diffusés dans des podcasts. Pour que cela change, l’instruction de l’Arcom devra sans doute faire preuve d’ingéniosité sur le plan juridique.

    Xavier Héraud
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  • Le ministre malaisien des Affaires religieuses, Zulkifli Hasan, a suscité l'indignation en liant orientation sexuelle et épuisement professionnel. Selon lui, les pressions au travail pourraient pousser certains hommes vers l'homosexualité, une affirmation dénuée de tout fondement scientifique. Interpellé sur la hausse des comportements dits « déviants », le ministre a déclaré : « le stress et la pression environnementale, notamment sur le lieu de travail, sont des facteurs contributifs ». Cette sortie intervient dans un pays où l'homosexualité reste criminalisée et passible de peines de prison. Les associations de défense des droits humains dénoncent une rhétorique « absurde » qui stigmatise davantage la communauté LGBTQ+ sous couvert de santé mentale quand la futilité du propos a généré un vent d’hilarité sur les réseaux sociaux.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Avertissements sur la doxyPEP

    Deux poids, deux mesures. Alors que Doxycycline en prévention post‑exposition (doxyPEP) freine certaines IST, son usage massif fait émerger des gonocoques plus résistants aux antibiotiques.

    Dans l’essai français ANRS 174 DOXYVAC, mené entre 2021 et 2023 chez des hommes sous PrEP, tous les isolats de Neisseria gonorrhoeae étaient déjà résistants à la tétracycline.

    Plus inquiétant, la proportion de souches à haut niveau de résistance, médiée par le gène tetM, bondissait à 35,5% chez les usagers de doxyPEP, contre 12,5% dans le groupe sans prophylaxie. Ces bactéries restaient sensibles à la ceftriaxone et au céfixime, mais cette dérive génétique traduit une pression de sélection jugée préoccupante par les chercheurs, qui appellent à encadrer strictement cette stratégie préventive et à renforcer la surveillance de l’antibiorésistance.

    Crédit photo : www.gaytimes.com

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  • C’est un bras de fer judiciaire sans précédent au sein de l'UE. Le parquet de Budapest a officiellement engagé des poursuites contre le maire libéral Gergely Karácsony pour avoir maintenu la Marche des fiertés le 28 juin 2025, malgré une interdiction policière. S'appuyant sur une loi de mars 2025 prohibant les manifestations promouvant l'homosexualité au nom de la « protection de l'enfance », la justice réclame une amende via une procédure sommaire. L'élu, qui a transformé le défilé en « événement municipal » pour contourner le veto, assume son acte de résistance culturelle. « Je suis passé de suspect fier à accusé fier. C’est le prix à payer pour défendre sa liberté », a réagi l'édile sur les réseaux sociaux. Alors que 300 000 personnes ont bravé l'interdiction l'été dernier, les ONG dénoncent une « attaque frontale » contre l’État de droit. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Eric Dane, emporté par Charcot

    Saluons une dernière fois le défenseur sensible des invisibles queer qu’était l'acteur américain Eric Dane. Il s'est éteint à 53 ans, fauché par la maladie de Charcot qu'il combattait depuis son annonce en 2025. Sa famille a salué son « combat courageux », entouré de son épouse et ses filles. Icône du « Dr Glamour » Mark Sloan dans Grey's Anatomy, Dane excellait dans les nuances queer. Dans Euphoria, il incarnait Cal Jacobs, père refoulant son homosexualité, un rôle qu'il voulait « sincère » : « je suis conscient d'être un hétéro jouant un gay. La communauté m'a soutenu, je ne veux pas déformer l'important ». Déjà en 2010, dans Valentine's Day, il prêtait ses traits à un athlète osant son coming out : « je suis gay, et je vais jouer ! ». Sensible, engagé, Dane humanisait les luttes LGBT, laissant un legs fluide et profond. Hollywood pleure un acteur polyvalent, pilier des invisibles. 

    Julien Claudé-Pénégry
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