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  • L’adaptation d’un roman en version graphique n’est pas une mince affaire. Coller au récit, être juste dans la transposition des personnages, de l'enchaînement des scènes, toucher le lecteur. Un pari que Quentin Zuttion a relevé après la lecture du court roman de l’auteur mexicain Mario Bellatin Salon de beauté, finaliste du prix Médicis étranger en 2000. D’une intensité dévorante et d’une délicatesse poignante, il nous projette dans la vie de Jeshua, propriétaire de Beauty Fish !, un salon qui propose des soins de coiffure, maquillage, manucure à sa clientèle. Il s’y affaire avec ses deux collègues et amis Isai et Alex, travestis comme lui. Leur quotidien est empreint de désinvolture et d’une folie douce. Quand la nuit arrive, ces joyeux drilles se laissent porter par la danse et par une sexualité libre dans les bains publics comme dans les sous-bois.

    Mais voilà qu’une épidémie s’abat sans crier gare emportant jour après jour de plus en plus de monde et avant tout des hommes ayant une sexualité avec d’autres hommes. C’est alors que Jeshua décide de fermer boutique et de le transformer en refuge pour les malades qui se multiplient face à une société qui stigmatise et ostracise.

    Le traitement choisi par Quentin Zuttion pour relater cette histoire autour du VIH est une prouesse. En se l’appropriant, il s’est débarrassé de la vision mortifère, préférant user d’une imagerie métaphorique autour des poissons pour évoquer les débuts de l’épidémie sans jamais nommer le sida. S’en dégage un onirisme prégnant qui traduit le crescendo de la tragédie en train de se dérouler sans que l’on ne sache ce qu’il en est véritablement. Plus qu’un simple témoin silencieux, Jeshua devient alors l’accompagnateur des derniers instants. Alors qu’une grande partie des œuvres de Quentin Zuttion traite de l’homosexualité, cet album est assurément le plus dramatique. En mettant en scène Salon de beauté de Mario Bellatin, son dessin prend une dimension militante et participe à un devoir de mémoire. Un acte de « pédérité » revendiqué. Sublimement bouleversant.

    Salon de beauté, de Quentin Zuttion, d’après le romain de Mario Bellatin, Ed. Dupuis, 184 pages, 24,50€.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Forte d’une première date le 22 septembre 2024 à L’Auguste Théâtre déjà «complète», un second rendez-vous a été fixé au 13 octobre, alors ne tardez pas pour aller voir une comédie musicale qui vous entraîne dans les recoins sombres d’un cimetière habité par de drôles de personnages.

    Derrière un titre aussi évocateur que Toujours pas morte, on retrouve la drag queen La Poutre qui tente de répondre à une question existentielle et essentielle : «à quoi bon vivre?». Un poil dépressif, La Poutre, non convaincue par les réponses que lui apportent les vivants, tente sa chance en se tournant vers les morts. Direction le Père Lachaise. En pénétrant dedans, elle déclenche un compte à rebours impitoyable: elle dispose d’une seule nuit pour trouver sa raison de vivre. Faute de quoi, au lever du soleil, elle sera condamnée à errer dans le cimetière pour toujours. Le temps presse pour trouver sa raison de vivre.

    Cette comédie musidrag avec un casting haut en couleur et co-écrit avec Pléiade est le premier événement d’une série de trois spectacles qui auront lieu sur l’année. Ça va envoyer du bois, vous êtes prévenu.e.x.s.

    Réservations ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • À la suite d’un rapport rendu public le 29 août 2024, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante autour de la santé sexuelle des jeunes. On y constate une baisse notable de l’usage des préservatifs. Ce qui signifie que les adolescents européens âgés de 15 ans se protègent moins lorsqu’ils ont une sexualité dite active, ce qui entraîne de facto une augmentation des risques de transmission d'IST et de grossesses non désirées.

    Ce phénomène inquiétant ressort d’une étude réalisée à grande échelle auprès de 242 000 adolescents âgés de 15 ans, résidant dans 42 pays européens différents, entre 2014 et 2022. Les garçons seraient plus enclins à se détacher de l’utilisation systématique du préservatif.

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  • Commercialisé sous le nom Sunlenca, ce traitement révolutionnaire qui ne nécessite que deux injections par an chez les personnes infectées par le VIH et qui serait être utile en prévention PrEP, pourrait « changer la donne », si son prix n’était pas si exorbitant.

    Voilà pourquoi, des personnalités telles que d’anciens chefs d’États, des acteurs et des chercheurs telle que Françoise Barré-Sinoussi, co-découvreuse de ce virus dans les années 1980, demandent expressément au groupe pharmaceutique Gilead de rendre cette nouvelle théraphie plus accessible.

    En France, son prix dépasse les 21 000 €. Un montant si élevé que ce traitement qui pourrait endiguer l’épidémie est juste incompatible avec l’objectif 2030 de fin de l’épidémie à VIH.

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  • Le Conseil d’État a tranché. Sniffy, la poudre énergisante blanche à sniffer avec une paille, a été formellement interdite à la vente en France. Fin juillet, la ministre démissionnaire de la Santé, Catherine Vautrin, avait demandé la suspension du produit. La société le commercialisant, Power Factory, avait fait un recours dans la foulée.

    En référé, le Conseil d’État a décidé le 14 août de ne pas leur donner gain de cause. Cette décision notamment motivée par la confusion avec la prise de stupéfiants comme la cocaïne et pouvant banaliser le processus a été qualifiée de « condition d’urgence » non remplie, ainsi que par un intérêt public comme le précise le quotidien Le Parisien, le 16 août.

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  • Début juillet, deux femmes trans ont été assassinées à quelques jours d’écart. Plusieurs rassemblements ont eu lieu dans toute la France pour dénoncer la transphobie ambiante. Nous étions à celui de Paris.

    Il a fallu demander aux agents de sécurité postés devant le parvis des Droits de l’Homme où se trouvait le rassemblement pour les deux femmes trans assassinées la semaine précédente. Nous sommes le 16 juillet et à moins de deux semaines de l’ouverture des Jeux Olympiques, il n’est en effet plus possible de faire de manifestation sur le parvis du Trocadéro, face à la Tour Eiffel. La manifestation a donc lieu un peu à l’écart, comme nous l’indiquent les agents. Entre 100 et 200 personnes ont répondu à l’appel d’Acceptess T, du PASTT et du Strass pour dénoncer la transphobie et rendre hommage à Geraldine, une femme travailleuse du sexe de 30 ans, originaire du Pérou, assassinée à son domicile du XVIème arrondissement par un client et Angelina, 55 ans brutalement tuée à coups de hache par son ex compagnon à Compiègne. Toutes les deux sont mortes à quelques jours d’intervalle début juillet. Le meurtrier de Géraldine s’est rendu lui-même à la police. Il a expliqué avoir « paniqué » en découvrant que Géraldine était une femme trans. Un argumentaire classique des meurtres homophobes et transphobes, qui ne trompe pas grand monde. D’autres rassemblements ont eu lieu en France avant et après l’événement parisien. Au Trocadéro, la soirée oscille entre moments bouleversants, avec la prise de parole de la mère de Géraldine, venue de Lima, et révolte avec les différentes interventions associatives. Beaucoup rappellent les meurtres d’autres femmes trans, comme Vanesa Campos (en 2018) ou Jessyca Sarmiento (en 2020), toutes deux assassinées au Bois de Boulogne. Et ce ne sont que les cas médiatisés…

    La loi de pénalisation des clients de 2016 pointée du doigt

    Devant quelques personnalités politiques comme Anne Souyris et David Belliard pour EELV ou Clémence Guetté pour la France Insoumise, les personnes présentes dénoncent en chœur le climat de transphobie ambiante et pointent du doigt la loi de pénalisation des clients de 2016, votée sous François Hollande. Ce texte pénalise la rémunération des services sexuels et selon les associations a entraîné une précarisation du travail du sexe. Avec moins de clients, les travailleuses et travailleurs sont davantage soumis aux desiderata des clients et sont obligé.es de se cacher. Le salut aurait pu venir de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, saisie par 261 travailleuses et travailleurs du sexe pour contester la loi française. Hélas, ils et elles ont été déboutés le 25 juillet dernier, quelques jours après le rassemblement parisien. « En se retranchant derrière la marge d’appréciation des Etats, la Cour a aujourd’hui fait application d’une jurisprudence classique et néanmoins délétère, critique le Syndicat du Travail Sexuel dans un texte cosigné par une vingtaine d’associations dont le Planning Familial ou l’Inter-LGT. Elle a failli à protéger les droits fondamentaux des personnes pour des motifs politiques (...) L’amalgame persistant entre exploitation et travail sexuel nuit à la protection de la santé et de la sécurité des personnes concernées. » Dans un autre communiqué, l’ONG Human Rights Watch rappelle que « La criminalisation du commerce du sexe augmente les agressions physiques, les violences sexuelles et les abus policiers contre les personnes qui travaillent dans ce domaine, sans avoir d'effet démontrable sur l'éradication de la traite des êtres humains. Le mouvement pour les droits des travailleuses du sexe est un mouvement fort qui poursuivra la lutte pour protéger les droits et la vie de toutes les personnes travailleuses du sexe. »

    Xavier Héraud
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  • Déjà 3 saisons que les reines du drag font jaillir paillettes et strass de nos écrans, 3 ans qu’elles prolongent grâce à la scène.

    Nicky Doll sera accompagnée de la gagnante, Le Filip et des autres participant.e.s. Cette année, la direction artistique a été confiée à Savary et Zaffuto, qui ont notamment travaillé sur les shows de Kylie Minogue et Christina Aguilera. ça promet ! 

    Aux Folies Bergère, 32 rue Richer, 75009 Paris et en tournée dans toute la France.

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  • En septembre aussi, on peut prendre de bonnes résolutions. Et pourquoi pas emboîter le pas aux athlètes qui ont fait vibrer Paris cet été? La Fédération sportive LGBT+ propose donc les 14 et 15 septembre de venir rencontrer les nombreuses associations sportives, qui feront des démonstrations. Du sport oui, mais inclusif, c’est mieux…

    Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille du Temple, 75004 Paris.

    Plus d’infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La performance de l’actrice Karla Sofia Gascon dans Emilia Perez, le dernier film de Jacques Audiard a été unanimement saluée par le monde du cinéma. Celle qui a reçu lors du dernier festival de Cannes le prix d’interprétation féminine a pourtant dû faire face à une avalanche de propos transphobes d’une rare violence depuis son sacre. En réaction, elle a porté plainte notamment contre Marion Maréchal pour « outrage sexiste ». Lors de sa consécration, les propos puissants de l’actrice ont marqué les esprits par son authenticité et la visibilité qu’elle offrait à toute les personnes trans. Celle qui incarne le rôle principal de ce long métrage d’une puissance infinie n’est pas par hasard. Audiard a eu un véritable coup de foudre pour elle et comme il l’explique au site suisse 360.ch, « on a ouvert tous les radars. On était en plein casting, tout à coup je vois une photo d’elle. Le coup de foudre. Si je ne l’avais pas croisée, j’y serais encore. Peut-être, sûrement même, que je n’aurais pas fait le film. Karla est très attachée au problème de la transition. Mais surtout elle a ce truc fondamental. Elle me touche. Elle est drôle, forte, intelligente, douce, libre. Avant elle était Karl, un acteur. Après sa transition, elle a simplement repris son métier ». Dans ce film elle incarne Emilia, une ancienne chef de cartel mexicain enfermée dans un corps d’homme, Manitas. Elle change de vie avec l’aide d’une avocate. Emilia passée pour morte, resurgit quatre ans après et reprend contact avec son ancienne femme et ses deux enfants.

    Ce qui est le plus incroyable, c’est que ce genre de profil reste encore peu visible dans le cinéma français comme le démontre le magazine Les Inrockuptibles dans un article titré : « quelle place la France accorde-t-elle aux acteurs et actrices trans ? ». Là où les pays anglo-saxons intègrent largement les personnes trans dans leurs productions, la France reste « frileuse ». C’est encore très compliqué pour faire sa place, vivre de « son jeu » et d’être visible. L’exemple de Karla Sofia Gascon est une source d’inspiration pour de nombreux.ses acteur·rices  dans le métier. Espérons que les choses changent au plus vite.

    Emilia Pérez de Jaques Audiard, actuellement en salle.

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  • Une suite du film Le Diable s’habille en Prada serait envisagée pour 2025, avec les comédiens du premier opus, dont bien sûr Meryl Streep dans le rôle de la redoutable rédactrice en chef de mode Miranda Priestley, avatar d’Anna Wintour. En revanche, pas d’info sur le retour d’Anne Hathaway. Mais l’intrigue du film se détournerait du livre dont il est issu. En effet, Emily Blunt, souffre-douleur de Miranda, prendrait plus d’importance dans l’intrigue et pourrait prendre sa revanche.

    En attendant, la comédie musicale, pilotée par Elton John, fera ses premiers pas à Londres en octobre.

    Si ça vous chante, les billets sont disponibles ici.

    Bruno De
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