La fin du monde est proche. Bientôt les quelques terres encore émergées seront rayées de la carte. Dans une base spatiale à l'abandon du nord de l'Europe, grignotée par la rouille et les embruns, une poignée de survivantes s'affaire autour d'une intelligence artificielle baptisée Memory Palace. Ces femmes, astronaute, hackeuse, high-technicienne, journaliste et botaniste, savent qu'elles sont condamnées à mourir, alors elles se sont données une ultime mission: envoyer en orbite les archives de l'humanité, une fusée dans l'espace comme une bouteille à la mer, pour que ces millions de vies presque toutes déjà éteintes continuent de briller ailleurs, un jour, peut-être. Une étincelle d'espoir par-delà le déluge.
Il s'agit du premier roman de Léa Cuenin. Mêlant science fiction et vision queer-féministe, l'autrice tisse un récit autant captivant que poétique, à la chronologie savamment éparpillée, et à l'écriture d'une grande finesse. On le lirait presque d'une traite, tant le style est enlevé, les mots affleurant presque dans un souffle. Ses personnages aux caractères bien trempés sont attachants.
Mues par une idée altruiste, belle et radicale, aux antipodes de la conquête spatiale des milliardaires fous et phallocrates de notre époque, les héroïnes de Léa Cuenin mènent leur projet mémoriel en s'entraidant. L'union fait la force. Celle de Memory Palace réside dans son inspirante leçon de féminisme, presque l'air de rien.
Memory Palace de Léa Cuenin, Ed. Rivages, 240 p., 20€.

Consommateurs ou pas, votre avis compte ! Playsafe.fr lance son nouveau questionnaire en ligne pour lever le tabou sur nos usages en ligne. En 10 étapes, 10 questions et simplement 5 minutes pour y répondre, vous êtes invités à participer pour mieux comprendre les usages de nouveaux produits de synthèse et autres substances psychoactives.
Elio de Pixar concourait pour le meilleur film d’animation aux Oscars 2026. Etre en lice pour ce trophée est déjà une belle récompense, mais celle-ci aurait pu avoir une saveur encore plus agréable si l’histoire de ce petit garçon orphelin à l’origine queer n’avait vu son identité rabotée sous des prétextes fallacieux. Revenons sur les faits.
Coup de tonnerre à Chicago : les Bulls ont annoncé le licenciement immédiat de leur arrière Jaden Ivey. Selon ESPN, la franchise a décidé de « couper » le joueur à la suite de propos anti-LGBTQ+ et des sorties polémiques sur la religion.
Depuis leurs débuts dans les années 80 - et le fabuleux West End Girls qui les a rendu célèbres - les Pet Shop Boys n’ont pas arrêté de marquer la pop au fer rouge, expérimentant et se renouvelant sans cesse, explorant toutes les facettes de la dance-music, du plus euphorique au plus mélancolique, et imposant leur empreinte avec une élégance rare.
Le pouvoir politique s’apprête à porter un coup sévère aux droits des personnes trans et intersexes au Portugal. Plusieurs projets de loi portées par la droite et l’extrême droite visent à réintroduire une évaluation médicale obligatoire pour modifier l’état civil, tout en restreignant l’accès des mineurs aux traitements hormonaux.
Rien ne va plus dans l'Italie de Meloni : deux maires gay ont décidé de se marier. Giuseppe Spagnuolo et son compagnon, tous deux élus de droite en Campanie, ont officialisé leur union civile. Ce mariage crée un séisme au sein de la majorité au pouvoir, qui érige la « famille traditionnelle » en dogme absolu.
Vilains gaillards, ce fut d’abord un spectacle, initié et mise en scène par notre confrère journaliste Luc Biecq et mis en bouche par les comédiens Vincent Gaillard et Vincent Vilain. Une lecture gourmande, drôle et émouvante de poèmes érotiques gays du XIXe et XXe siècles, qui a enchanté les nuits d’Olympe, le restaurant-cabaret inclusif de Pantin. C’est désormais un recueil érudit, édité par La Musardine. On y retrouve des auteurs connus comme Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire et son troublant Voyou (« Sa queue éclatait sous mes lèvres. Comme une prune de juillet »), mais aussi des pépites oubliées comme le magnifique Sonnet pour l’Androgyne de Francis Latouche (mort à 28 ans !) ou la frondeuse Pipe au bois d’Albert Glatigny (« Je suis celui qui suce ! Au détour des sentiers… »). Le trio aux manettes voulait « une représentation vive, un hommage explosif et pétaradant aux orgasmes, aux plaisirs, au charme furtif – ou durable – des rencontres rapides, ratées ou délicieusement joyeuses ». Mission réussie.
3 hommes ont été condamné en avril à des peines allant de 18 mois à 4 ans de prison (une partie de sursis) pour avoir agressé violemment plusieurs hommes. Ils sont même allé jusqu’à les filmer.
Le vendredi 20 mars est à marquer d’une pierre blanche. Le Cour administrative suprême de Pologne a brisé un tabou institutionnel. En annulant le refus de transcrire un acte de mariage entre conjoints de même sexe célébré dans l’Union européenne, elle impose à l'administration de garantir les droits concrets au séjour et à la vie familiale.