Les critiques sont dithyrambiques et il y a de quoi. Sam est un garçon est d’utilité publique. Comment devenir un homme quand on ne veut pas devenir son père ? La question semble abrupte, mais mérite d’être posée. Car c’est tout un pan de l’éducation, des échanges, des modèles, du patriarcat, de la domination, des femmes, de l’égalité, de la sexualité dont il s’agit. Avec une écriture intelligente et libre, on refait le monde, on dépasse les clichés, on déconstruit le genre. Ou plutôt Sam Certenais nous prend par la main pendant une heure pour remettre tout à plat fort de son expérience personnelle et des obstacles qui ont été les siens face à tant d’idées reçues de la part de ses proches. C’est émouvant, tendre, touchant, drôle et authentique. Un spectacle mise en scène avec brio par Noémie de Lattre qui pousse à la réflexion. Une prise de conscience salutaire.
A la Petite Loge Théâtre, 2, rue La Bruyère 75009 Paris, du 23 janvier au 26 mars 2024, infos : www.lapetiteloge.fr
Muse et amie de Nan Goldin, actrice dans les films de John Waters, écrivaine du vif, Cookie Mueller a dévoré la vie comme peu, sans entrave, dans les excès et la liberté, la folie et l’attrait de l’expérience comme porte-drapeau. Décédée à 40 ans des suites du sida, elle a touché à tout, profité de chaque instant. Personnage singulier, elle a consigné jour après jour les moments de son existence fugace et coup de poing dans son autobiographie intitulée Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir. Lorsque la metteuse en scène Justine Heynemann est tombée sur le manuscrit, vous pouvez entrevoir le choc et l’envie immédiate qui a été de catalyser le tout pour lui redonner vie sur scène. Le résultat est bluffant. Au théâtre de la Huchette, la comédienne Eléonore Arnaud campe avec maestria l’énergie démesurée qui anime cette héroïne punk. Un écrin restreint, un duo réduit à l’interprète et un musicien qui saccade l’ambiance à coups de guitare électrique en tout et pour tout au service d’un seul en scène exaltant. 35 ans après sa disparition ce spectacle fait revivre pour quelques instants la tumultueuse, tonitruante, fascinante et explosive Cookie, personnalité, indomptable, alternative et excessive. Remarquable !
La diva retourne sur les planches pour cette pièce inspirée d’une comédie italienne des années 70, jouée à l’origine par Bette Davis. Le pitch : Une vieille milliardaire au tempérament explosif organise à chaque étape de ses voyages une partie de cartes en promettant sa fortune à qui la battra. À Paris, ses victimes sont Jean-Luc et Pierrette, un couple au désespoir se préparant chaque année à récupérer L’argent de la vieille. Avec l’aide de leur fille espiègle et volontaire, ils vont tout faire pour duper la milliardaire et son majordome trop dévoué pour être honnête. A l’heure d’écrire ces lignes, nous n’avons pas vu la pièce, mais il faut avouer que le jeu d’actrice n’est pas la meilleure corde à l’arc de l’artiste. On notera quand même l’auto-dérision d’Amanda, hors d’âge (et qui ne l’a jamais révélé) et qui semble vieillir aussi bien que sa chanson Follow me qui illustre la dernière pub de Chanel.
Pourquoi les artistes américains se sentent-ils tous obligés de sortir un « album de noël » ? Cher, qui ne l’avait pas fait jusque-là, a décidé de s’y coller, tout en promettant qu’il ne s’agirait pas de « l’album de noël de maman ». L’album, qui sort le 20 octobre, est intitulé fort à propos Christmas (« noël »). Au moins, la chanteuse a–t-elle fait l’effort d’y inclure du contenu original, en plus des sempiternelles reprises, à l’image du premier single DJ play a Christmas song (plutôt entraînant mais sans surprise). Il s’agit d’ailleurs de ses premières chansons originales depuis dix ans et l’album Closer to the truth. Pour l’occasion, Cher a fait venir une flopée d’invités : Michael Bublé, Tyga, Cyndi Lauper ou Stevie Wonder. Au passage, signalons qu'il s’agit tout de même du vingt-septième album studio de l’artiste.
La chanteuse Hoshi a sorti son troisième album, le très sympathique Cœur Parapluie. Un opus marqué par le harcèlement dont elle a été (et demeure) victime sur les réseaux, qui l’a profondément marquée. Sur les réseaux sociaux, la chanteuse ouvertement lesbienne a également fait savoir que la radio NRJ semblait la boycotter. Dans un article du site Purecharts, la radio lui a répondu qu’elle « ne passe que des hits et Hoshi n’a pas eu de hit depuis quelque temps ». Classe.