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  • Les français sont-ils LGBT-friendly ? Un peu moins que les années précédentes, selon un baromètre publié par la fondation Le Refuge, qui vient en aide aux jeunes mis à la porte de chez leurs parents, et l’institut de sondage BVA Xsight.

    Rien n’est jamais acquis. Le Refuge et l’institut de sondage BVA Xsight ont dévoilé le 27 juin dernier les résultats d’un baromètre sur la perception des personnes LGBT+ en France. Et les tendances révélées sont inquiétantes. « Pour la première fois depuis le début de ce sondage annuel, l'acceptation des personnes LGBT+ au sein de la société française est en net recul », écrivent les deux organisations.

    Premier indicateur : le soutien de l'État auprès des jeunes LGBT+ rejetés. Près d'un Français sur cinq (18%, en hausse de 6 points) estime que l'État ne devrait pas soutenir les dispositifs d'accueil pour les jeunes LGBT+ rejetés par leurs parents. Pour la Fondation Le Refuge, qui s’est donné pour mission de venir en aide à ces jeunes, « cette augmentation de l’opposition est alarmante. En effet, le soutien de l’État, ainsi que de l’ensemble des Français reste primordial pour ces jeunes en situation de précarité ».

    Deuxième indicateur, le soutien aux jeunes personnes trans. Moins d'un Français sur deux (48%, en baisse de 8 points) serait prêt à soutenir son enfant transgenre dans sa transition. Commentaire du Refuge : « cette chute dramatique reflète un recul inquiétant de l'acceptation et de la compréhension des transidentités au sein des familles françaises ». L’association dénonce « l'instrumentalisation de ces thématiques dans le débat public et la désinformation » qui n'ont fait qu'exacerber cette tendance, « augmentant l'isolement et la détresse des jeunes transgenres ». 37% des personnes opposées à l’accueil des réfugiés LGBT

    Un troisième indicateur illustre ensuite la montée des racismes en France. Le Refuge et BVA ont en effet demandé aux personnes sondées si elles soutenaient l’accueil des réfugiés LGBT persécutés dans leur pays. 37% des Français (en hausse de 4 points) s’y opposent. Le Refuge comme de nombreuses associations en France, parmi lesquelles l’ARDHIS, viennent justement en aide aux demandeuses et demandeurs d’asile LGBT.

    Enfin, près d'un quart des Français (24%, en hausse de 5 points) pensent que l'État ne doit pas s'impliquer davantage dans la lutte contre les LGBTphobies en milieu scolaire. Commentaire du Refuge : « les tragédies du jeune Lucas ou de la jeune Dinah rappellent l’urgence de lutter contre les violences LGBTphobes, omniprésentes en milieu scolaire. À ce titre, l’engagement du secteur associatif est essentiel pour poursuivre le travail de sensibilisation aux différences dès l'adolescence ». Ces résultats confirment l’existence d’une atmosphère peu propice aux personnes LGBT. Dans Strobo Mag du mois dernier (n°32), Julia Torlet, la nouvelle présidente de SOS homophobie faisait part de sa préoccupation quant au climat actuel dans la société française : « on a l’impression que les braises des LGBTI-phobies sont allumées et que le feu est prêt à prendre ». Les chiffres du baromètre Le Refuge et BVA Xsight vont indubitablement dans le même sens. Il va sans dire que si le RN avait gagné les élections législatives, cela n’aurait fait qu’empirer.

    Xavier Héraud
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  • Comme chaque année lors du 17 mai, journée internationale de lutte contre les LGBTphobies, SOS homophobie et le ministère de l’Intérieur ont publié leurs chiffres des actes ou crimes et délits LGBTphobes de l’année précédente. Au-delà  des chiffres forcément sous-estimés, SOS homophobie dénonce un climat inquiétant.

    Julia Torlet tire la sonnette d’alarme. Alors qu’elle reçoit la presse à l’occasion de la parution du rapport annuel de SOS homophobie, la toute nouvelle présidente de l’association ne cache pas son inquiétude. Et si le rapport porte sur les chiffres de 2023, Julia Torlet parle bien de 2024 : « C’est une année extrêmement inquiétante et ce sont les tendances qui nous préoccupent particulièrement. On a l’impression que les braises des LGBTI-phobies sont allumées et que le feu est prêt à prendre », déclare-t-elle. « Ce ne sont pas les chiffres qui nous inquiètent le plus, ce sont les tendances », insiste la militante. Ces tendances, elle en cite trois : « les violences, voire l’hyperviolence exercées en grande majorité contre des hommes cis gays ou bis » ; « L’invisibilité des lesbiennes et des personnes bies », qui se retrouve notamment dans le faible nombre de témoignages de lesbiennes recueillis par l’association ; et enfin la « vague de transphobie actuelle », qui s'explique selon elle par un « repli conservateur sur la question du genre ». 

    En 2023, SOS homophobie a recueilli 2085 témoignages, qui décrivent 2377 actes de LGBTphobies (un même témoignage pouvant regrouper plusieurs actes). L’année précédente, l’association avait rapporté un chiffre de 1506 témoignages. La méthodologie de recueil des témoignages ayant changé entre les deux, il est difficile d’en conclure à une augmentation. Il n’en reste pas moins, comme le souligne le rapport, que 2377 cas de LGBT-phobies, ce sont « 2377 cas de trop ». Près de la moitié des cas (45%) sont des faits de gayphobie, 11% de lesbophobie et 21% de transphobie. La source la plus commune de ces LGBTphobie est en ligne (23% des faits), devant les commerces/services (11%) et les lieux publics (10%). Parmi les 2377 actes rapportés, 266 sont des agressions physiques, qui ont touché à 67% des hommes cis. 

    Les chiffres du ministère de l’Intérieur
    Comme tous les ans désormais, le ministère de l’Intérieur a également publié les chiffres des infractions touchant les personnes LGBT. 4 560 infractions anti-LGBT+ ont été enregistrées, principalement dans les communes de plus de 200 000 habitants et notamment à Paris. Parmi ces infractions, 2 870 s’apparentent à des crimes ou délits et 1 690 ont fait l’objet de contraventions.Les victimes de crimes et délits anti-LGBT+ sont majoritairement des hommes (72% en 2023) et les moins de 20 ans (49%). Les mis en cause sont aussi principalement des hommes et des jeunes (31% ont moins de 20 ans). Plus de 70% des victimes de crimes ou délits anti-LGBT+ enregistrés sont des hommes et 49% a moins de 30 ans, dont 7% ont moins de 15 ans. Par ailleurs, les mis en cause pour crimes ou délits anti-LGBT+ sont principalement des hommes (80%) et près de la moitié (49%) ont moins de 30 ans.

    Le ministère rappelle qu’« une part importante de ces atteintes sont toutefois encore inconnues des services de police et de gendarmerie », avant d’ajouter que « Le dépôt de plainte est une démarche encore très peu effectuée par les victimes : environ 20% des victimes de menaces ou violences anti-LGBT+ et seulement 5% des victimes d’injures anti-LGBT+ déclarent avoir porté plainte en moyenne sur la période 2012-2018, selon l'enquête Cadre de vie et sécurité (Insee-ONDRP-SSMSI) ». 

    Photo: Pride 2024 à Paris. Xavier Héraud. 

    Xavier Héraud
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  • Lyon : Gaymer festival

    gay, transgenres, bisexuel.le.s, Queer

    Le plus grand festival des Geeks & Gamers LGBT+ d’Europe a lieu du 4 au 7 juillet. Au programme : soirée stand up, soirée jeux de rôle Donjon & DragOut, tables rondes. On peut participer en présentiel mais aussi en distanciel (via Twitch).

    Infos ici.

    Bruno De
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  • Le parlement cantonal du Valais en Suisse a approuvé une nouvelle loi sur la santé qui comprend une interdiction des thérapies visant à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre. Le projet de loi a été adopté par 106 voix contre 21. Les thérapies de conversion sont considérées comme « discriminatoires, cruelles, inhumaines et dégradantes par les Nations unies », a déclaré Mathias Reynard, chef du département de la santé du canton du Valais, relate le site swissinfo.ch.  Le Valais emboîte ainsi le pas à plusieurs cantons, dont Neuchâtel - qui a interdit les thérapies de conversion en 2023 - ainsi que Vaud et Genève, qui sont en passe de le faire. Au niveau national, la Chambre des représentants a approuvé une motion allant dans ce sens en décembre 2022 ; le Sénat doit encore se prononcer.  

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le ministère de la Santé péruvien a publié un décret le 10 mai mettant à jour la liste des prestations minimales auxquelles un assuré a droit. Y figurait depuis 2021, les maladies mentales. Mais désormais, il a décidé d’y inclure les traitements liés à l'identité de genre, incluant les thérapies de réaffirmation ou les opérations de réassignation sexuelle. Maladresse ou faute volontaire ? En fait, le Pérou exploite ici une classification obsolète depuis 2022 de l’Organisation mondiale de la santé. Et cela laisse planer l'idée que la transsexualité est toujours considérée comme un « trouble mental » dans ce pays, ce qui n’est pas le cas a réaffirmé le ministre de la Santé et les défenseurs LGBTQIA+. Ces derniers ont demandé l’abrogation de ce texte stigmatisant et discriminatoire.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le président de la République a déclaré vouloir améliorer l’accès à la procréation médicalement assistée et a précisé plan contre l’infertilité (notamment un bilan complet pour chacun autour de 20 ans).

    Pour réduire les délais d’attente pour accéder à une PMA (16 à 24 mois aujourd’hui), il a l’intention d’ouvrir aux centres privés l’autoconservation ovocytaire, qui était jusqu’ici réservée aux établissements hospitaliers.

    En revanche, le chef de l’Etat a renouvelé son opposition à la gestation pour autrui : « je le redis, je n’y suis pas favorable. Elle n’est pas compatible avec la dignité des femmes, c’est une forme de marchandisation de leur corps ».

    « Ceci dit, je pense évidemment que les parents d’enfants nés par GPA à l’étranger doivent être respectés et accompagnés ». Dont acte…

    Bruno De
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  • La principauté du Liechtenstein a voté à l’unanimité en deuxième lecture l’ouverture au mariage pour les personnes de mêmes sexes. C’est la veille de la journée mondiale contre les LGBTphobies que le pays a donné son aval à l’union homosexuel.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • S'il remporte les élections, le Premier ministre anglais Rishi Sunak a déclaré qu'il souhaitait modifier « la confusion actuelle autour des définitions du sexe et du genre » pour « la sécurité des femmes et des jeunes filles ». Ces propositions pourraient empêcher les personnes transgenres d'entrer dans des espaces non mixtes tels que les services hospitaliers, les toilettes et les prisons pour femmes, qu'elles soient ou non titulaires d'un certificat de reconnaissance de genre (CRG).

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le Sénat a voté le 28 mai dernier une proposition de loi visant à interdire les bloqueurs de puberté et les procédures de transition pour les mineurs. On vous explique de quoi il retourne.

    Ce texte a peu de chances de devenir une loi. Mais il constitue un symptôme parfait de la vague de transphobie qui traverse la société depuis plusieurs mois. Alors de quoi s’agit-il? Le 28 mai dernier, le Sénat a voté une proposition de loi qui interdit et sanctionne les bloqueurs de puberté et les actes de chirurgie de réassignation pour les mineurs trans. Dans un Sénat où le parti Les Républicains détient la majorité, ce texte, défendu par la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio (déjà opposée à l’interdiction des thérapies de conversion), a obtenu 180 voix pour et 136 contre. Cette proposition de loi se base sur un rapport du parti Les Républicains, largement dénoncé par les associations LGBT, car très inspiré d’une association transphobe, L’observatoire de la petite sirène. 

    Les groupes socialistes, communistes et écolos ont voté contre le texte, ainsi que quelques élus du parti Renaissance. Lors des discussions, plusieurs oratrices ou orateurs ont eu à cœur de faire entrer dans le débat la parole des personnes trans. Yan Chantrel (PS) a ainsi évoqué son neveu trans et Mélanie Vogel (EELV) a parlé d’une petite fille de sa famille. C’était d’ailleurs sans doute le moment le plus fort de la soirée : « J’ai dans ma famille une petite fille trans, que j’aime infiniment, a-t-elle lancé à l’assemblée. Vous savez qui est sa première et sa plus fidèle alliée? Sa sœur. Pour comprendre, pour agir avec bienveillance, respect, dans l’intérêt de l’enfant concerné, il ne faut pas plus que la maturité émotionnelle et l’intelligence relationnelle d’une petite fille de huit ans et demi à qui on n’a pas appris à haïr, ni elle-même, ni les autres et qui n’a rien d’autre en poche que sa petite sœur et que son amour, rien de plus, rien de moins. »   

    Le flottement du gouvernement
    Le gouvernement était représenté par Frédéric Valletoux, ministre délégué chargé de la santé. Il est intervenu plusieurs fois pour réfuter nombre des arguments présentés par Les Républicains et appelé à attendre les conclusions de la Haute Autorité de Santé, qui travaille sur le sujet. Mais pendant une partie de la soirée, la position du gouvernement est restée floue, le ministre évitant soigneusement de se prononcer frontalement contre le texte. 

    L’explication de ce comportement nous est donnée par Mediapart : « ​​Jusque tard, (...) Frédéric Valletoux (...) n’a pas explicitement donné d’avis défavorable au texte. Et pour cause : à 21 heures, au sommet de l’État, la question n’était toujours pas tranchée, semble-t-il. Dans la journée, des sources sénatoriales avaient été prévenues que l’exécutif envisageait de laisser les parlementaires voter sans prendre lui-même position – en donnant un avis « de sagesse », dans le jargon.» »

    Cette consigne potentielle avait fuité dans l’après-midi et suscité une grande indignation auprès des militants, mais aussi auprès de parlementaires, comme le député Renaissance Raphaël Gérard. Le 11 avril dernier en effet, aux 30 ans de SOS homophobie, Aurore Bergé, ministre déléguée en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, avait indiqué que le gouvernement s’opposerait « avec force » à ce texte. Or, avec des « avis de sagesse » à répétition, on se retrouvait assez loin d’une opposition « avec force ». Finalement, vers 22h30, la question semble avoir été tranchée et le ministre de la Santé a annoncé que le gouvernement s’opposerait au texte. 

    Redisons-le, cette proposition de loi a peu de chances de devenir une loi, car elle doit passer devant l’Assemblée Nationale, où LR est très minoritaire, puis revenir au Sénat et enfin à l’Assemblée et enfin devant une commission mixte paritaire, où là encore LR n’aura pas gain de cause. Il n’en reste pas moins, comme l’a souligné le sénateur socialiste Rémi Féraud, que « cette proposition de loi va servir à alimenter la transphobie dans la société. » 

    Les mots durs des associations

    Du côté associatif, on n’a pas de mots assez durs pour qualifier cette proposition de loi. Dans un communiqué, les associations Fransgenre et Organisation de solidarité trans parlent de la « proposition de loi la plus transphobe d’Europe ». « Ce texte ne relève pas de la santé, mais de la discrimination », martèlent les associations, qui critiquent également le positionnement du ministre, qui « a rendu un avis défavorable sur ce texte en se retranchant derrière le rapport à venir de la Haute Autorité de Santé, pour ne pas se positionner clairement ». 

    Dans un communiqué, Homosexualité et Socialisme va dans le même sens : « Cette proposition de loi rétrograde et dangereuse – loin de se soucier de la santé des enfants – retire des droits aux mineurs trans. C’est la société réactionnaire et transphobe qui s’est exposée hier soir dans l’hémicycle du Sénat, celle-là  même qui s’était opposée au droit à l’avortement, au PACS, au mariage pour tous et à l’interdiction des thérapies de conversion. »

    La contestation s’organise aussi dans la rue. Des rassemblements de protestation ont déjà eu lieu partout en France les 5 et 26 mai, avec le hashtag #RiposteTrans. Et on s’attend à ce que le sujet soit mis en avant lors de nombreuses prides au cours du mois de juin.

    Cet article a été publié dans Strobo Mag n° 32

    Xavier Héraud
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  • Une fois de plus, le Forum Gay & Lesbien de Lyon ne participe au défilé organisé par le CFL (Collectif des Fiertés en Lutte). Cette décision est motivée par différents points de désaccords avec les organisateurs.

    A commencer par le maintien des zones d’exclusion au sein du cortège avec 5 zones en non-mixité imposée. Le FGL rappelle « qu’il a toujours milité pour la mixité qui favorise l’inclusion des personnes LGBTI+ dans la société et dans les structures LGBTI+ entre elles. La non-mixité est pour nous une forme de séparatisme, de communautarisme que nous ne voulons pas ». Ensuite sur le mot d’ordre de cette marche de 2024 : système violent, système oppressant, riposte progressive, luttes collectives ! Le FGL considère le slogan hors de propos, car est fait aucunement référence à une quelconque revendication ou problématique de la communauté LGBTI+. 

    Le FGL précise qu’il ne fera pas barrage à la marche des fiertés : « car nous respectons le droit de manifester et la pluralité des idées. » 

    Julien Claudé-Pénégry
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