Thèmatiques
Articles | Brèves
  • Dans une tentative apparente de complaire à Trump, deux géants de la Silicon Valley ont discrètement supprimé la Journée internationale des droits des femmes de leurs calendriers. Apple a pris cette décision sans communiqué ni annonce officielle, rapidement suivi par Google, qui a poussé la censure encore plus loin. Le moteur de recherche a également effacé de son calendrier le Mois de l’histoire des Noirs, celui de l’histoire des femmes, la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, ainsi que les mois du patrimoine hispanique, des fiertés et du patrimoine juif américain. 

    Jean Jacob
    Partager:

  • Le Premier ministre nationaliste Viktor Orban persiste dans sa politique visant à restreindre les droits des personnes LGBTQIA+.

    Mardi 18 février, le parlement hongrois à majorité d’extrême droite a adopté une loi qui « interdit la tenue d'un rassemblement qui violerait la législation » de 2021, selon laquelle il n'est pas possible de promouvoir auprès des mineurs « l'homosexualité et le changement de sexe ». Elle a été adopté grâce à une procédure exceptionnelle. L’opposition a perturbé le vote en allumant des fumigènes et en diffusant l'hymne russe dans l'hémicycle.Mate Hegedus, porte-parole de la Marche (prévue le 28 juin) a déclaré : « c'est une étape supplémentaire dans la fascisation de la société (…) Nous n'allons pas nous laisser intimider par le gouvernement qui cherche un bouc émissaire ».

    Les participants au défilé s'exposent à une amende pouvant aller jusqu'à 500 euros, avec la possibilité pour la police d'identifier les contrevenants par un outil de reconnaissance faciale.

    Cette loi répressive s’inscrit dans une escalade dans la répression des LGBTQIA+. Lors d'un discours il y a quelques jours, le Premier ministre hongrois a affiché son intention de transformer son mouvement en une force gagnante contre ce qu'il qualifie de « machine de pouvoir totalement corrompue » du camp libéral, en prenant Donald Trump comme modèle. Orban a notamment promis de renforcer la répression des ONG accusées de servir des intérêts étrangers. En écho à Trump, il a proposé un amendement constitutionnel définissant les genres de manière binaire, affirmant que les organisateurs de la Gay Pride devraient « économiser leur temps et leur argent ».

    Sous le feu des critiques pour ses atteintes à l'État de droit, le leader hongrois semble déterminé à s'ancrer davantage dans une politique de déni des droits, en s'alignant sur des exemples de répression, tout en promettant des avantages fiscaux pour les familles traditionnelles. Ce tournant illustre une stratégie politique visant à galvaniser une base conservatrice, tout en exacerbant les tensions avec l'Union européenne. 

    Bruno De
    Partager:

  • Célèbre pour son rôle dans la série Euphoria, l’actrice Hunter Schafer, qui a du faire renouveler son passeport suite à un vol, s’est indignée via une vidéo sur TikTok d’être genrée comme homme sur son nouveau passeport. « C’est la première fois que cela m’arrive depuis que j’ai changé de genre, il y a maintenant une dizaine d’années, et je pense que c’est le résultat direct de la politique actuelle de notre pays » a-t-elle ajouté. Cette mesure fait partie de la volonté de Trump de mettre fin à ce qu’il nomme le « délire transgenre » (sic). Trump s’en est aussi pris aux non-binaires, dès les premiers jours de son investiture, en interdisant les pièces d’identité avec la notion X pour le genre. 

    Jean Jacob
    Partager:

  • À 46 ans, Alice Weidel incarne l'extrême droite allemande avec l'AfD (Alternative für Deutschland), qui s'affiche comme un acteur majeur de la politique nationale. Élue au Bundestag en 2017, elle a vu son parti grimper à 20% d'intentions de vote avant les législatives du 23 février. Slogan en main, Alice für Deutschland évoque des résonances troublantes avec des symboles du passé nazi.

    Docteure en économie, ancienne banquière, Weidel, ouvertement lesbienne, vit en couple avec une femme d'origine sri-lankaise. Ironie de son parcours, cette figure anti-woke prône des valeurs traditionnelles, tout en se distanciant de la communauté LGBT qu'elle critique. Sa rhétorique radicale s'est renforcée depuis la crise migratoire de 2015, plaçant l'immigration au cœur de son discours. Malgré son ascension, Weidel reste un personnage controversé, oscillant entre libéralisme économique et conservatisme social. Sa proximité avec des figures d'extrême droite et des soutiens inattendus comme Elon Musk soulignent l'évolution du paysage politique européen. Un paradoxe à elle seule.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Sept jours seulement après que Viktor Orban, le président hongrois, a interdit les marches des fiertés dans son pays, Marine Le Pen a pris la pose à ses côtés pour un cliché plein de sourires et de satisfaction. La candidate d’extrême-droite à la Présidence de la République n’a pas commenté cette décision du président hongrois, ni même jamais évoqué le sujet si un jour elle accédait à la fonction (nos Prides et marches des fiertés seraient-elles toujours autorisées ?).

    Nous devons pour l’instant nous contenter du soutien qui est le sien pour les lois homophobes-LGBTphobes de Poutine. Ça donne un indice… 

    Franck Desbordes
    Partager:

  • Lors du dernier conseil d'arrondissements, Marseille a marqué un tournant historique avec l'élection de Nathanaël Bignon, premier élu ayant réalisé sa transition en cours de mandat. Désormais adjoint au maire de secteur pour les 4 et 5 arrondissements de la cité phocéenne, il est chargé du cadre de vie, de la citoyenneté, du suivi des fêtes de quartier et des projets urbains participatifs.

    Ce choix revêt une dimension symbolique forte pour le Printemps marseillais, mouvement progressiste, qui affirme son engagement pour la diversité et l'inclusion. Annoncée en début d'année 2023 dans les colonnes de La Marseillaise, la transition de Bignon illustre la volonté de la ville de refléter la pluralité de ses habitants. 

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Muhsin Hendricks, le premier imam ouvertement gay au monde, a été tué par balle le 16 février à 58 ans près de Port Elizabeth, en Afrique du Sud. « Je ne sais pas si je serai encore en vie pour voir l'acceptation des homos dans tous les pays musulmans », confiait-il à Têtu en 2010.

    Originaire du Cap, il avait fait son coming out en 1996, conscient des dangers : « à cette époque, j’étais prêt à mourir », affirmait-il. La police a confirmé que deux assaillants ont ouvert le feu sur son véhicule, mais le motif reste flou, enquêtant sur un possible crime de haine. À la tête de la mosquée Al Ghurbaah, Hendricks prônait un islam accueillant : « il est possible d’être un bon musulman tout en étant homosexuel.» L’ILGA World a exprimé son choc, appelant à une enquête approfondie. « Les musulmans homosexuels méritent un espace sûr », plaidait-il, regrettant qu'ils soient souvent ostracisés. 

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Lundi 24 février 2025, un tribunal islamique d’Aceh a condamné deux étudiants à 165 coups de fouet pour homosexualité, suscitant une onde de choc. Selon le procureur du district de Banda Aceh, les jeunes hommes, âgés de 18 et 24 ans, avaient été dénoncés par des voisins après avoir été surpris nus dans une chambre louée. L’un a écopé de 80 coups, l’autre, considéré comme l’initiateur, a reçu 85 coups, assortis d’une amende symbolique de 2 000 roupies indonésiennes, soit moins d’un euro.

    Aceh, seule province indonésienne à appliquer la charia, criminalise les relations homosexuelles. Ces sanctions sont perçues comme « une brutalité révoltante » par les défenseurs des droits humains. Les autorités locales, bien que critiquées, continuent d’appliquer ces lois, soutenues par une partie de la population.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • La présidence de Donald Trump ne fait pas dans la dentelle. Sa manière de voir le monde a une incidence de premier ordre sur les éléments de communication qu’il considère comme étant autorisé ou non à employer.

    Le quotidien The New York Times a révélé la longue liste de mots et phrases désormais bannis. Celle-ci est impressionnante et permet de mettre en lumière les lubies du dirigeant américain. En l’espace de quelques semaines à la tête de l'État, il a procédé progressivement à la suppression de ce ces termes au sein des discours, des rapports et des documents officiels.

    Cette décision soulève des questions sur la liberté d'expression, la transparence gouvernementale et l'impact d'une telle censure sur le discours public. D'après des sources proches de l'administration, cette initiative visait à contrôler le message et à façonner la perception du public.

    Parmi les mots ciblés figuraient des termes liés à des sujets sensibles tels que le changement climatique, la diversité, et les droits des minorités. « femme », « inclusivité », « minorité », « lgbtq », « diversité », « genre », « non-binaire », « transgenre »… mais cela ne se limite pas à effacer notre existence, à travers ces mots qui sont désormais formellement interdits et dont retirés de la communication officielle apparaissent notamment « science », « évident », « pollution », « anti-racisme ».

    Un glissement totalitariste

    Autant de concepts qui ne font pas bon ménage avec la vision du monde trumpiste qui révise de fond en comble l’histoire. Cette approche a été justifiée par des fonctionnaires comme une manière de renforcer la cohésion et d'éviter les controverses.

    Cependant, de nombreux experts en communication et en droits de l'homme ont dénoncé cette stratégie qui prend une ampleur sans précédent comme une forme de manipulation de l'information, qui a des conséquences néfastes sur la société. En les effaçant, il va à l’encontre du 1er amendement de la Constitution des Etats-Unis si cher à l’ensemble des Américains qui précise que « le Congrès n'adoptera aucune loi relative à l'établissement d'une religion, ou à l'interdiction de son libre exercice ; ou pour limiter la liberté d'expression, ou celle de la presse ; ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement ou d'adresser au Gouvernement des pétitions pour obtenir réparations des torts subis. »

    En censurant certains mots, l'administration Trump restreint le débat public sur des questions fondamentales et influence la manière dont les citoyens perçoivent des enjeux cruciaux. L’acharnement est tel qu’il en est même risible car les photographies du fameux avion qui a bombardé Hiroshima, serait lui aussi sous le coup d’une suppression totale. Simplement par ce qu'il se nomme Enola Gay et que le terme gay est interdit. La situation est édifiante. On peut s’inquiéter de l’avenir des USA portés par les délires d’un homophobe juste inculte. 

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Le nouveau programme d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evars) a été publié au Journal Officiel. Retour sur une bataille difficile qui a vu passer plusieurs ministres et une mobilisation tous azimuts des associations réacs.

    C’est incontestablement une défaite pour le lobby réactionnaire. Le 29 janvier, le Conseil Supérieur de l’Education (CSE) a voté à l’unanimité une nouvelle mouture des programmes d’Education à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) dans laquelle les questions de genre ont été pleinement réintégrées, après avoir été en partie atténuées pour satisfaire les lobbys d’extrême-droite. 

    Des cours obligatoires depuis 2001

    Depuis la loi Aubry du 4 juillet 2001, les élèves du CP jusqu’à la terminale doivent bénéficier chaque année de trois heures d’éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle. La refonte de ce programme a été lancée en 2022 par  le ministre de l’Education de l’époque, Pap Ndiaye. Une première mouture a été présentée par le CSE, une instance consultative qui regroupe personnels de l’Education Nationale, usagers (parents et élèves) et des représentants des collectivités territoriales, sur laquelle ont ensuite travaillé les ministres de l’Education successives Anne Genetet et Elisabeth Borne.

    Depuis des mois, la révision de ce programme mobilise les associations réactionnaires. Des groupes comme le Syndicat de la famille (ex Manif pour tous), Parents en colère, Parents vigilants, Mamans louves, Sos Education. Leurs arguments ont été relayés par les élus de droite, en particulier après la première présentation du programme par le CSE en décembre dernier. Ils s'élèvent particulièrement contre la mention de l’expression et du concept d’ « identité de genre » dans les programmes.

    Dans un premier temps, ils ont obtenu en partie gain de cause. Pour tenir compte de leurs revendications, l’actuelle ministre de l’Education Elisabeth Borne a légèrement remanié le programme, en faisant supprimer la notion d’identité de genre avant le lycée, sans toutefois toucher au concept de genre. L’asexualité a été effacée du programme et l’intersexuation qui devait être abordée au dès le CM2 a été repoussée au lycée. Le CSE est largement revenu sur ces modifications. Les syndicats de l’instance ont par ailleurs remis les parents à leur juste place. Dans la mouture présentée devant le CSE le 29 janvier, il était indiqué que l’Evars devait se dérouler « sans se substituer au rôle des parents et des familles des élèves » et que les parents devaient être « informés de la tenue et du contenu des séances obligatoires ».  Les syndicats craignaient qu’une fois prévenus les élèves s’absentent volontairement des cours ou que leur famille les retire de leur établissement pour la journée.  Au final, le programme mentionnera que les parents seront simplement « avertis » par les enseignants en début d’année de « l’orientation annuelle » des cours d’Evars.

    Disparition du mot « transphobie » en 3ème

    L’avis du CSE est consultatif. Elisabeth Borne avait la possibilité de revenir si elle le souhaite sur ce qui a été voté le 29 janvier. C’est ce qu’elle a fait. La version définitive a été publiée au Journal officiel le 6 février. Soulagement pour les syndicats progressistes et les associations LGBT : le texte voté au CSE n’a été que très légèrement amendé, mais d’une manière lourde de sens : le mot « transphobie » a disparu du programme de 3ème. Lors d’un passage qui évoque les différentes violences fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, l’expression « homophobie et transphobie » a été remplacée par « homophobie et autres ». Selon 20 minutes, le ministère prétend que cette disparition a été motivée par la volonté « d’alléger la rédaction ». Dans un contexte où les personnes trans font l’objet d’une stigmatisation sans précédent de la part de la droite et de l’extrême-droite, l’excuse semble, au mieux, légère.

    Moins de 15% des élèves ont eu accès aux cours

    Il reste maintenant un défi de taille. Si le programme devrait être appliqué à partir de la rentrée prochaine, il reste à faire en sorte de le diffuser. Car avoir un programme, c’est bien, faire en sorte que tout le monde y ait accès, c’est mieux. Et jusqu’ici, estime le Conseil économique social et environnemental (CESE), moins de 15% des élèves ont eu droit aux cours d’éducation affective et sexuelle en 2024. Pour le syndicat FSU, il faut commencer par former les personnels : « Dès maintenant, une solide formation doit être organisée sur le temps de service, avec notamment des échanges entre pairs et ne pourra se résumer à quelques modules en ligne », peut-on lire dans un communiqué de presse. Il est nécessaire d’engager les moyens suffisants notamment en personnels sociaux et de santé tant pour la mise en œuvre de ces programmes que pour répondre à la libération de la parole qu’ils susciteront immanquablement. Le ministère leur a répondu : des ateliers de formation doivent être organisés dans les académies pour deux à trois professeurs des écoles par circonscription, et un professeur par collège et lycée d’ici septembre. Des formations en ligne seront également disponibles. Il n’y a plus qu’à.

    Xavier Héraud
    Partager: