
En France comme en Europe, le changement de genre et de prénom se joue aujourd’hui entre clarifications juridiques et bataille pour l’autodétermination.
En France, la circulaire du 8 janvier 2026, signée par Gérald Darmanin, rappelle aux officiers d’état civil et aux magistrats les règles applicables aux personnes trans souhaitant changer de prénom ou de mention de sexe. Ces procédures doivent être « accessibles, rapides et respectueuses de l’intimité de la vie privée », loin du parcours du combattant dénoncé par les associations. Message central : la procédure est entièrement démédicalisée. Aucun certificat, traitement ou opération ne peut être exigé, le Code civil interdisant depuis 2016 de refuser une demande au motif que la personne n’a pas subi d’actes médicaux ou de stérilisation.
La circulaire recadre aussi les pratiques illégales : certains tribunaux et mairies continuaient de réclamer des attestations médicales ou de juger de la « cohérence » entre apparence et prénom. Or les agents sont enjoints à ne pas « reproduire des stéréotypes de genre » et un prénom peut être neutre, épicène, féminin ou masculin. Mais le texte laisse un goût d’inachevé : la Défenseure des droits, Claire Hédon, plaidait pour déjudiciariser le changement de la mention de sexe et en faire une démarche déclarative fondée sur l’autodétermination. La circulaire, elle, se contente de surligner des principes existants sans toucher au rôle du juge.
À l’échelle européenne, deux arrêts de la Cour de justice de l’UE, Mousse et Deldits, ouvrent un autre front. Mousse juge contraire au RGPD l’obligation de choisir « monsieur » ou « madame » pour acheter un billet de train, faute de nécessité objective. Pour l’avocat Étienne Deshoulières, « l’apport essentiel de Mousse est la possibilité d’une suppression de la mention de genre à l’état civil ». Deldits consacre, lui, le droit de corriger administrativement la donnée « sexe/genre » dans les registres publics, sans passage systématique devant un juge. Un colloque est justement organisé sur le sujet à l’Assemblée nationale, ce 22 janvier 2026.
Dans un contexte européen contrasté, ces décisions font du RGPD un outil stratégique pour transformer la reconnaissance du genre : passer d’un contrôle de légitimité à une véritable reconnaissance de la parole des personnes concernées.

Parmi les innombrables activités du très actif Centre LGBTQIA+, la rédaction a retenu Happy to switch, une pratique de tango queer et double rôle, organisée un jeudi par mois.
Le local du Centre, en pleins travaux de mise en conformité, a été victime d’un cambriolage, déplorant 4000 € de préjudice (ordinateurs et sono). Ce vol le met en situation encore plus délicate, puisque l’établissement subissant des difficultés financières.
La cité bretonne (ou pas…) est la 14ème ville à accueillir Strobo en version papier. A disposition dans une quinzaine d’établissements, votre magazine LGBTQIA+ préféré continue son développement partout en France.
Plus de 80 villes ont vu défiler des cortèges festifs et revendicatifs en 2025, un record. 2026 s’annonce aussi comme un bon cru, avec pour commencer deux Marches d’hiver le 31 janvier, la première au pied des Pyrénées, à Oloron Sainte Marie, l’autre dans les Alpes (Queyras). Au programme, du ski, des animations, des stands, du clubbing et bien sûr des défilés, tout pour réchauffer l’hiver !
Il rassemble 12 associations et 12 personnalités influentes autour de 12 images fortes, chacune incarnant un combat social ou environnemental essentiel.

De 4 mois de prison avec sursis à 10 mois ferme, c’est ce dont ont écopés 4 hommes jugés pour harcèlement en ligne et menaces de violences à l’encontre de la DJ, après sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris en 2024. Ce déchaînement de haine sur les réseaux sociaux avaient déclenché chez elle une agoraphobie et du psoriasis. Les prévenus présents avaient tous reconnu avoir envoyé les messages, mais pas leur caractère menaçant ou harcelant.
Alors que la loi contre les thérapies de conversion est entrée en vigueur depuis près de 4 ans, Thomas Brun, 27 ans, a dénoncé les souffrances qu’il a enduré pendant de nombreuses années au sein de l’église évangélique Espoir dans la Loire. Pendant de nombreuses années, il aurait subi ce qu’on apparente à une thérapie de conversion. Il a dû notamment endurer des prières pour « chasser le démon de l’homosexualité ». Depuis, le jeune homme a créé l’association Stop thérapies de conversion en septembre 2025.
Le Conseil de l’Europe adopte une recommandation historique pour les droits des personnes intersexes. Un cadre non contraignant mais clé, visant à garantir justice, soins, éducation et protection contre la discrimination. Il interdit notamment les opérations non consenties pour « normaliser » les caractéristiques sexuelles. La décision, officialisée le 27 octobre à Strasbourg, marque une étape cruciale vers l’égalité et la reconnaissance des intersexes en Europe.
Pour la première fois, la Corée du Sud autorisera les couples de même sexe à s’enregistrer comme tels dans le recensement national. Cette décision est inédite dans un pays où le mariage pour tous.tes reste interdit, et marque une étape symbolique vers une reconnaissance des personnes LGBTQIA+. Désormais, les personnes vivant ensemble pourront se désigner comme « époux/épouse » ou « cohabitant », quel que soit leur sexe.
Le 20 novembre, la ville normande aura son monument de mémoire et de solidarité. Grâce à la mairie et à Fiertés Colorées (centre LGBTI+), la Passeuse, œuvre réalisée par l’artiste Chloé Kelly Miller, trônera dans le square Verdrel.