Thèmatiques
Articles | Brèves
  • Après la fermeture du dernier bar lesbien à Shanghai en juin 2024, les autorités multiplient les mesures restrictives. Apple a cédé aux pressions chinoises en retirant de son App Store les applications de rencontre Blued et Finka, très populaires parmi les homosexuels chinois. Ces applications, développées en Chine, étaient parmi les plus utilisées, avec des dizaines de millions de téléchargements pour Blued. Ce retrait, effectué suite à un ordre de l’administration du cyberespace, marque une étape supplémentaire dans la censure des espaces LGBT+ locaux, déjà fragilisés par l’interdiction de Grindr en 2022 et la répression des romans Boy’s Love. Selon les experts, cette offensive s’inscrit dans une volonté du gouvernement chinois de promouvoir une image traditionnelle et nationaliste, tout en évitant toute influence étrangère. La communauté LGBT+ chinoise fait face à un climat de plus en plus hostile, où la visibilité et l’expression de leur identité sont sévèrement réprimées.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • La République dominicaine franchit une étape historique en abolissant la criminalisation de l’homosexualité dans l’armée et la police. 
    Le 19 novembre, le Tribunal constitutionnel a déclaré inconstitutionnels des articles datant des anciens codes de justice qui condamnaient les relations entre personnes de même sexe à jusqu’à deux ans de prison. 
    Cette décision, saluée par Human Rights Watch, reconnaît que ces dispositions violaient des droits fondamentaux tels que la vie privée et l’égalité. Jusqu’ici, les forces de sécurité assurent leur fidélité à un cadre hérité d’époques répressives, créant un climat de peur pour les policiers et militaires LGBT, sous peine de sanctions ou de licenciement. 
    Même si la société reste conservatrice, avec une forte influence religieuse et une absence de reconnaissance des unions homosexuelles, cet arrêt représente une avancée majeure.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • De 4 mois de prison avec sursis à 10 mois ferme, c’est ce dont ont écopés 4 hommes jugés pour harcèlement en ligne et menaces de violences à l’encontre de la DJ, après sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris en 2024. Ce déchaînement de haine sur les réseaux sociaux avaient déclenché chez elle une agoraphobie et du psoriasis. Les prévenus présents avaient tous reconnu avoir envoyé les messages, mais pas leur caractère menaçant ou harcelant.

    Lors de la lecture du jugement, la présidente du tribunal a souligné des « actes extrêmement graves » et des « violences numériques massives qui s'exercent plus volontiers qu'elles sont dématérialisées ».

    Bruno De
    Partager:

  • Pour la première fois, la Corée du Sud autorisera les couples de même sexe à s’enregistrer comme tels dans le recensement national. Cette décision est inédite dans un pays où le mariage pour tous.tes reste interdit, et marque une étape symbolique vers une reconnaissance des personnes LGBTQIA+. Désormais, les personnes vivant ensemble pourront se désigner comme « époux/épouse » ou « cohabitant », quel que soit leur sexe. 
    Jusqu’ici, les couples homosexuels étaient classés automatiquement dans la catégorie « autres cohabitants ». Les couples concernés n’obtiennent aucun nouveau droit civil, fiscal ou familial. Mais leur inclusion dans le recensement permettra, pour la première fois, de mesurer leur nombre, leur répartition géographique et leur situation socio-économique. 

    Bruno De
    Partager:

  • Le Japon a récemment étendu la reconnaissance légale des couples de même sexe à neuf lois et règlements, leur conférant des droits similaires à ceux des mariés dans plusieurs domaines administratifs. Ces avancées, découlant notamment d’une décision de la Cour suprême en mars 2024, s’ajoutent à des réformes début 2025 qui ont déjà renforcé la protection des partenaires LGBTQ+ en matière de logement ou de protection contre la violence. 
    Malgré cela, le mariage égalitaire reste inaccessible, car plus de 120 textes législatifs excluent toujours ces couples. La majorité de la société, pourtant favorable, et les municipalités offrent déjà des certificats symboliques, sans valeur légale nationale. Les tribunaux régionaux mettent la pression, jugeant que l’interdiction viole l’égalité, mais le Gouvernement, sous Fumio Kishida, privilégie la prudence, évoquant un consensus social nécessaire. Internationalement isolé au sein du G7, le Japon semble évoluer inexorablement vers une législation plus égalitaire, le changement étant désormais considéré comme inéluctable, mais reste à savoir quand se fera-t-il ?

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Il s’appelle Géza Buzás-Hábel, président de l’association Diverse Youth Network, défenseur des droits humains et organisateur de la Pride de Pécs depuis 5 ans.
    Malgré l’interdiction des autorités, 7 000 à 8 000 personnes avaient défilé le 4 octobre dernier dans cette ville de 140000 habitants du sud de la Hongrie pour défendre les droits LGBTQIA+. Le 28 octobre, il a été interrogé comme suspect par la police dans le cadre d’une enquête criminelle pour « rassemblement illégal », une loi qui ne respecte pas la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne. Il risque jusqu’à un an de prison.
    Ce cas marque une escalade sans précédent dans la répression : c’est le premier cas connu dans l’Union européenne où un militant LGBTI+ est poursuivi pénalement pour avoir organisé une Pride.
    Si vous souhaitez interpeler la Comission européenne : comm-rep-par@ec.europa.eu.

    Crédit photo : XDR

    Bruno De
    Partager:

  • Plus d’une centaine de célébrités, dont Pedro Pascal, Ariana Grande, Dua Lipa et Daniel Radcliffe, s’élèvent contre le projet de suppression de 50 millions de dollars destinés à la prévention du suicide chez les jeunes LGBTQ+. Dans une lettre ouverte publiée par The Trevor Project, elles dénoncent un recul dramatique des aides vitales, notamment la ligne d’urgence 988, ayant permis près de 1,3 million de contacts. « Aucun jeune ne devrait être privé de soutien », rappellent-elles, soulignant que la crise suicidaire touche une population déjà stigmatisée et discriminée.

    Face à ces coupes, les signataires appellent à préserver ces ressources, essentielles pour sauver des vies et garantir l’égalité. La mobilisation massive des célébrités éclate comme un cri d’alarme dans un contexte politique tendu, rappelant que la santé mentale des jeunes LGBTQ+ ne peut être sacrifiée comme le rappelle SOS Homopbobie.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Le tribunal brésilien a accordé pour la première fois un document officiel avec une identité neutre en genre, marquant une victoire historique. L’affaire concerne une personne non binaire qui, après avoir commencé une hormonothérapie, avait demandé à être reconnue comme masculine.

    Se rendant compte de son erreur, elle a fait appel à la Cour Suprême de Brasilia. La décision, unanime, a été rendue par un panel de cinq juges. La juge Nancy Andrighi a déclaré : « cet être humain doit souffrir énormément. Après chirurgie et hormones, il s’est rendu compte que ce n’était pas la bonne voie. » 

    Bruno De
    Partager:

  • La Haute Cour de l’Andhra Pradesh a rendu un jugement historique en affirmant que les femmes transgenres doivent être reconnues comme des femmes au regard de la loi indienne, rejetant la définition basée uniquement sur la capacité à procréer.

    Le 16 juin, la juge Venkata Jyothirmai Pratapa a statué que limiter la féminité à la maternité est incompatible avec la Constitution, qui garantit l’égalité et la dignité pour tous. L’affaire, opposant Pokala Shabana à sa famille, concernait la protection contre la violence conjugale.

    La cour a rappelé qu’en 2014, la Cour suprême avait déjà reconnu le droit des personnes trans à s’identifier selon leur genre ressenti. Pour la communauté trans, cette décision représente une avancée majeure vers la reconnaissance de leurs droits. Cependant, le débat sur l’égalité LGBT+ en Inde, notamment le mariage entre personnes de même sexe, demeure ouvert, le gouvernement restant conservateur sur ces sujets.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Après plusieurs années de controverse, la dernière « zone sans LGBT » en Pologne a officiellement abrogé sa « Charte des droits de la famille » marquant la fin d'une période de discrimination institutionnalisée.

    Depuis 2019, de nombreuses provinces et municipalités avaient adopté des résolutions anti-LGBT, dénonçant l' « idéologie du genre » et prétendant défendre les « valeurs traditionnelles » Ces initiatives, jugées homophobes par plusieurs tribunaux et dénoncées par le Parlement européen comme discriminatoires, avaient entraîné la menace de suspension de financements européens. 
    En 2025, ne subsistaient que deux zones, dont Łańcut, qui a renoncé à sa charte pour continuer à bénéficier des fonds européens. La lutte contre ces zones s’inscrit dans un contexte où près d’un tiers de la Pologne était encore une « zone LGBT » il y a cinq ans, sous l’influence d’un pouvoir conservateur. 

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Un tribunal fédéral de Boston a ordonné la reprise immédiate de la délivrance de passeports américains mentionnant un genre « X », suspendant ainsi un décret de Donald Trump qui limitait la reconnaissance administrative du genre à « homme » ou « femme ».

    La juge Julia Kobick a jugé que cette politique, introduite en janvier 2025, constituait une discrimination injustifiée envers les personnes trans et non binaires, et a étendu une précédente suspension partielle à l’ensemble du territoire américain (source : stophomophobie.fr).

    Ce décret, affirmant qu’il n’existait « que deux sexes » définis à la naissance, avait suscité de fortes critiques, notamment de la part des associations LGBTQIA+ telles que l’ACLU, qui y voit une atteinte à la dignité et à la sécurité des individus. La décision judiciaire ne remet pas en cause le fond du décret, mais impose un retour à l’ancien système en attendant une décision définitive. Ce jugement marque une étape importante dans la défense des droits des personnes transgenres et non binaires face à la volonté de restreindre ces droits, dans un contexte politique marqué par une rhétorique hostile à ces minorités.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager: