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  • Littérature : instants dérobés

    Littérature-Librairie

    Une enquête historico-philosophique au cœur des lieux de qui ont marqué la vie de l’essayiste américain Jeremy Atherton Lin. Bienvenue dans le monde de Gay Bar, un ouvrage testament.

    « L'identité gay est une identité de désir » écrit Jeremy Atherton Lin, l’auteur de Gay Bar qui vient d’être traduit en français aux éditions Tusitala. Certains lieux sont constitutifs de qui nous sommes. Voilà pourquoi cette combinaison parfaite de mémoires et d'histoire culturelle, gravitant autour du passé de la vie nocturne queer est passionnant. Les bars gays sont bien plus que des lieux de consommations, chaque adresse est un concentré de rencontres, d’échanges, de découvertes, de sexualité, de militantisme, de précieux refuges à des périodes où l’homosexualité était réprimée, se vivait cachée, où encore pendant l’épidémie de sida qui a décimé la communauté. Jeremy Atherton Lin y décrit ses premières expériences en tant qu'homme gay dans des lieux gays, se délectant de ce qui s'apparente à des archives d'expériences sensorielles. Au gré de témoignages, archives, souvenirs, l'écrivain écrit que les bars gays étaient autrefois des endroits où nous espérions nous trouver et qu’aujourd’hui ils ne représentent non pas la promesse de notre futur moi, mais une époque révolue. Un livre essentiel !

    Bar gay, de Jeremy Atherton Lin, 23€

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  • L’actrice ne veut plus restée campée ce type de rôle. Dans Euphoria, puis dans Hunger Games, mais aussi dans 3 films à venir, elle souhaite désormais aller dans d’autres directions : « je sais très bien que je suis une des personnes transgenres les plus célèbres dans les médias en ce moment et je sens une responsabilité. (…) Mais au final, je pense sincèrement que ne pas mettre ça au centre de ma carrière me permettra d’aller plus loin. Et je pense qu’aller plus loin et faire des trucs incroyables, dans l’intérêt du mouvement, sera bien plus utile que d’en parler sans cesse. »

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  • Expo : Ellipsis

    La galerie du 17 rue Chapon dans le 3e arrondissement de Paris accueille du 24 au 26 mai, une exposition collective intitulée Ellipsis. Deux jours pour sonder l’âme humaine et son empreinte dans le monde contemporain à travers les œuvres des trois artistes de la scène européenne, la Suédoise My Maanmies, l’Anglais Bruce French et le Français Marc Ming Chan. 

    Êtres prêt.e.s à vivre une expérience artistique immersive unique. 90 m2 qui vont vous précipiter dans un ensemble de créations aux accents abstraits mais qui vont plus que jamais résonner en vous comme des flashbacks, des impressions de sensations vécues. Rêve ou réalité, simples sentiments ou souvenirs qui ressurgissent, à vous de juger. Voilà ce qui vous attend lorsque vous franchirez la porte de Ellipsis, une exposition dans laquelle l’artiste Marc Ming Chan invite le visiteur au travers de ses réalisations à explorer les méandres de l’esprit pour un jeu introspectif puissant, viscéral et captivant. 

    Vestiges imaginaires

    Parmi les pièces sélectionnées, certaines sont tirée de la série Smother. Ces dessins au crayon noir avec rehaut blanc illustrent les signes des conséquences des conflits et catastrophes qui ponctuent notre histoire. La fumée et son rendu qui apparaissent mettent en lumière la noirceur, l’horreur et l’obscurantisme dans lequel nous glissons à certains moments de nos vies. Les œuvres issues de la série Hippocampus — qui fait référence à l’hippocampe, cette structure cérébrale qui joue un rôle central dans la cognition, l’apprentissage et la reconnaissance de l’espace mais aussi la partie qui aide à donner du sens et une connexion aux souvenirs —prennent forme dans des sculptures-boîtes en bois. Il développe ainsi le thème du souvenir et de la quête généalogique, voire la psycho généalogie, à travers des structures fantomatiques intemporelles. Chaque création traite également de son obsession pour les contenants et le confinement. Déjà abordé dans la série Bone, le confinement spatio-moral possède son décor scénique, aux allures de ruines labyrinthiques à la manière d’un memento mori. Justement cette série Bone ce sont des panneaux de bois découpés qui prennent la forme de la composition, adoptant ainsi la figure grossière d’un os, afin de souligner l’idée de structure aussi bien corporelle que mentale. Y transfigurent des chambres dysmorphiques reliés par un passage qui constituent une safe place favorable à l’isolement. 

    Recherche sur l’espace

    Véritable aventure autour du ressenti que l’enfermement causé par le confinement à produit sur lui, Marc Ming Chan interroge, analyse et rend compte de manière subtile comment notre mental, notre mémoire, notre corps perçoivent et interprètent les évènements où nous ne sommes que témoins pour mieux comprendre comment ils les restituent. Un voyage poétique, sombre et labyrinthique aux confins de nous-mêmes. 

    Ellipsis, du 24 au 26 mai, 17 rue Chapon, 75003 Paris.

    (crédits photos : Marc Ming Chan, Bruce French, My Maanmies)

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  • Voilà une info qui va ravir ses fans : Mylène revient au cinéma, pas devant la caméra, mais en prêtant sa voix à une coccinelle. Rompue à l’exercice grâce à Arthur et les Minimoys, la chanteuse sera donc à l’affiche du film d’animation Blue & compagnie, en salle le 8 mai. Son actualité ne s’arrête pas là, avec la sortie d’un album de remix en avril et la suite de sa tournée Nevermore en septembre.

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  • Utiliser son fils pour séduire le roi. Voici l'histoire vraie et scandaleuse de Mary Villiers, comtesse de Buckingham, qui, dans l'Angleterre du XVIIè siècle, a utilisé son fils George afin qu'il séduise le roi Jacques Ier et devienne son amant tout-puissant. Basé sur le livre The King’s Assassin de Benjamin Woolley, la série Mary & George débute en mai sur Canal+. À force d’intrigues, la famille Villiers est devenue la plus titrée et la plus influente que la cour d’Angleterre ait jamais connue. Et qui mieux que Julianne Moore pour incarner cette mère manipulatrice pour utiliser sa progéniture en vue de tuer le monarque. Une mini-série dramatique britannique brillante et palpitante qui retrace le complot de ce crime historique resté secret pendant 400 ans.

    Mary & George sur Canal+ en mai.

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  • Il n'y a pas que Stonewall dans la vie. A travers l'expo Queer California, qui se tient au 109 jusqu'au 29 avril, le festival In&Out rend hommage à la Californie et à celles et ceux qui ont marqué l'histoire LGBT+ des années 40 à nos jours. Une expo aussi artistique qu'éducative à ne pas manquer. 

    Montrer ce que la Californie a apporté à l'histoire LGBT+. C'est l'ambition de l'exposition Queer California, au 109 à Nice, dans le cadre du festival In&Out. Une expo tout aussi artistique qu'éducative, qui propose photos, films, conférences ou ateliers. Côtés photos, le clou du spectacle ce sont les incroyables photos des Soeurs de la perpétuelle indulgence de Jean-Baptiste Carhaix. Le photographe français, mort en 2023, a réalisé entre 1981 et 1983 une série de clichés des miltant.es de ce mouvement né à San Francisco en 1979. Les amis du patchwork des noms ont également prêté plusieurs de leurs patchworks. Ce projet qui rend victime aux morts du sida a été fondé notamment par le militant californien Cleve Jones, ancien assistant d'Harvey Milk. 

    Sur tout le parcours de l'exposition une série de panneaux expliquent tout ce que le mouvement LGBT+ doit aux californiens. D'Harry Hay, fondateur de la première association gay américaine, la Mattachine Society à Armistead Maupin, l'écrivain des Chroniques de San Francisco, en passant par Gilbert Baker, créateur du Rainbow Flag et beaucoup d'autres. Pour en savoir plus sur l'histoire du mouvement en Californie, vous pourrez assister dimanche à la conférence de Guillaume Marche, professeur de civilisation des États-Unis à l’Université Paris-Est Créteil. 

    Enfin, In&Out oblige, il y est forcément question de cinéma. Après la projection du documentaire consacré aux Cockettes le soir du vernissage, ne ratez pas les autres documentaires The Times of Harvey Milk, consacré à l'homme politique gay, assassiné en 1978, Screaming Queens (photo) de Susan Stryker, qui revient sur l'émeute de la Compton Cafeteria ou les films Kaboom, de Gregg Araki, Tangerine de Sean Baker ou encore Howl de Rob Epstein et Jeffrey Friedman.  Ce vendredi, le journaliste Didier Roth-Bettoni, auteur du livre L'homosexualité au cinéma, propose également une écoute publique de son documentaire sonore consacré à deux figures du cinéma queer expérimental, l'américaine Barbara Hammer et le britannique Derek Jarman. 

    Queer California, du 23 au 28 avril au 109, 89, route de Turin.

     

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  • Farouche opposante aux transgenres, l’écrivaine à succès continue ses provocations haineuses.

    La réalité est cruelle. L’autrice écossaise JK Rowling, auteur de la sage Harry Potter qui a bercé la jeune génération queer avec ses aventures d’apprentis sorciers, est depuis de nombreuses années devenue une ennemie de la cause LGBTQ+. Notamment à cause de ses positions et de ses déclarations transphobes récurrentes qui lui ont valu de de devenir l’égérie des TERFS (pour Trans-Exclusionary Radical Feminist). Une division du féminisme qui refuse de considérer les transgenres comme des femmes à part entière et cherche à les exclure des luttes et des associations pour le droit des femmes ou des espaces féminins. Très remontée contre l’entrée en vigueur le 1er avril d’une loi contre l’incitation à la haine et à la transphobie adoptée en Ecosse, l’écrivaine s’est fendue sur les réseaux sociaux d’une série de post haineux et incitant à la violence. N’hésitant pas, entre deux salves offensantes, à dénoncer ce qu’elle considère comme une insulte à la liberté d’expression et opposer les droits des femmes et ceux des transgenres, ces derniers représentant, selon l’écrivaine, un danger pour le droit des femmes. 

    Une haine tenace

    Déclarant pour sa défense :Il est impossible de décrire précisément ou s’attaquer à la réalité de la violence et de la violence sexuelle commise à l’encontre des femmes sauf si on a le droit d’appeler un homme un homme (…) Si la simple constatation du sexe biologique d’une personne est considérée comme criminelle, c’est que la liberté d’expression et d’opinion est gravement menacée en Ecosse“, l’écrivaine s’est dite même prête à être arrêtée par la police vu ses positions haineuses et obsessionnelles sur les trans. Ce à quoi la police écossaise a répondu que les propos de JK Rowling n’étaient pas considérés comme criminels et ne feraient l’objet d’aucune action”, pendant que le premier ministre Rishi Sunak, très conservateur, lui manifestait son soutien. Pour rappel, les association STOP Homophobie et Mousse viennent de porter plainte contre Dora Moutot, militante anti-trans et TERF française pour ses propos transphobes en espérant que la justice française soit moins laxiste que l’écossaise !

    Photo : JK Rowling - Source : Shutterstock - Picture by James McCauley - Featureflash

    Jean Jacob
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  • Il est des ouvrages qui par leur éclairage changent à jamais la vision que nous avons de certaines choses. Flamenco Queer est de ceux-là ! Cette pratique culturelle andalouse qui unit danse, musique et chant a été genré au masculin et pourtant, Fernando López Rodríguez, artiste, chorégraphe et chercheur dans le monde du flamenco contemporain, revient sur cette norme pour démontrer que loin des apparences, nombreuses sont les personnalités connues comme José Pérez Ocaña ou Israel Galván ou plus discrètes ont mis en doute cette affirmation et fait exploser cette croyance.

    L’histoire montre que les faits sont plus inclusifs que ce que les hommes ont voulu exposer. A travers des documents qui étayent ses propos, il expose l’envers du décor et prouve qu’artistes hybrides et féministes, ceux au genre fluide et les transformistes ont participé à perpétuer cette tradition folklorique autant dans les tablaos, que dans les rues comme sur les plus grandes scènes. Flamenco Queer ne réécrit pas la grande Histoire de ce patrimoine immatériel de l’humanité, il rectifie les dires au fil de l’évolution de cet art. Un palpitant voyage en compagnie de ceux et celles qui ont été les acteur.rice.s d’une dissidence sexuelle et de genre du Flamenco. 

    Flamenco Queer de Fernando López Rodríguez, Collection Tête-à-tête, Ed. L’Arche, 160 pages, 16€.

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  • L’amour, l’amour, l’amour… toujours l’amour. Alex Norris, connu pour les strips qui ont fait son succès via sur son compte instagram Webcomic Name, est un portraitiste de l’intime. Avec How To Love, un guide universel des sentiments et relations, il examine les questionnements que nous avons tou.te.s lorsque l’amour vient pointer le bout de son nez. Le style de Alex Norris se veut minimaliste et expressif à souhait.

    En quelques cases, il met en perspective nos approches de l’être aimé et le tour est joué. A la fois doux et coloré, intelligent et bienveillant, il aborde toutes les formes que les rapports à l’amour peuvent prendre et analyse les variables qui en découlent. Du célibat au crush, de la possibilité d’aimer plusieurs personnes en même temps jusqu’à savoir à quoi doit ressembler une relation quand on est en couple ou encore quand dire « je t’aime », cet ouvrage se fait didactique et léger pour dédramatiser les situations mêmes les plus insoupçonnées.

    Sans jugement, il aborde les refus envisageables, les chamboulements qu’un cœur qui s’emballe provoque, la frénésie qui nous habite à certains moments et les déceptions qui peuvent casser une passion… C’est non sans humour que les histoires ultra courtes sous formes de vignettes nous entraînent dans les tumultes de l’amour de A à Z et dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Réfléchi, construit et savoureux de bout en bout, How To Love est à lire, relire, offrir à ses proches, à conseiller aux adolescents, à filer à sa moitié, à ses amant.e.s… 

    En gros vous l’aurez saisi, ce roman graphique est tellement utile qu’il devrait être remboursé par la sécurité sociale !

    How to Love de Alex Norris, Ed. Saltimbanque, 224 pages, 15,90€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La Miss Orlando de Pose, la célèbre série de Ryan Murphy, n’est plus. « Notre bien-aimée Cecilia Gentili est décédée ce matin pour continuer à veiller sur nous en esprit », indiquait une communication sur son compte Instagram. L’actrice transgenre s’est est allée à l’âge de 55 ans. Murphy la révéla aux yeux du monde sous les traits d’une femme d’entreprise qui proposait de la chirurgie esthétique à petit budget dans les épisodes de la série qui célèbre le milieu du voguing. Tout.e.s ses confrères et consœurs ont rendu un fervent hommage à cette Argentine de naissance qui avait fait son coming out en 1984 avant d’obtenir l'asile aux États-Unis en 2012. Figure emblématique de la défense des droits des personnes transgenres, militante de première ligne en faveur de la décriminalisation et de la déstigmatisation des travailleuses du sexe, elle avait fondé une association venant en aide à cette communauté et un centre baptisé Callen-Lorde qui propose des soins de santé aux communautés LGBTQ+ de New York.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Cannes Queer

    Pour la 77e édition du Festival de Cannes 2024, ce n’est pas un mais bien deux réalisateurs gays qui auront la lourde tâche de présider une partie des jurys du plus prestigieux rendez-vous international du 7e art. On commence avec le jeune et non moins talentueux Québécois Xavier Dolan, qui à 34 ans aura l’honneur de chapeauter la sélection Un certain regard. Quant au Belge Lukas Dhont, 32 ans, il aura la charge de conduire la Queer Palm. 

    Julien Claudé-Pénégry
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