Dans l’émission de France 2 « Quelle époque ! », Muriel Robin a mis les pieds dans le plat du cinéma français en dénonçant son homophobie.
Le milieu du cinéma est-il homophobe ? Pour Muriel Robin, ce n’est pas une question, mais une affirmation. La comédienne et humoriste a lancé un gros pavé dans la mare samedi 16 septembre dans l’émission de France 2 Quelle époque, présentée par Léa Salamé et Christophe Dechavanne. Retour sur un moment de télé qui fera date.
Ce samedi soir, Muriel Robin fait la promo d’une pièce, Lapin, qu’elle joue au théâtre avec Pierre Arditi. Interrogée sur sa carrière dans le septième art, elle se lance dans une tirade de presque cinq minutes, où elle explique que le cinéma ostracise les acteurs et actrices ouvertement LGBT, à commencer par elle.
« Je ne fais pas de cinéma car je suis homosexuelle. Je suis la seule actrice au monde à dire son homosexualité », lâche-t-elle. Pour elle, l'explication est relativement simple : « dans le cinéma il faut être désirable, il y a quelque chose de l’ordre du désir sexuel, consciemment ou inconsciemment. Ça veut dire que si on est homosexuel on n’est pas désirable, pas pénétrable ! Et quand on n’est pas pénétrable on ne vaut rien ! » Elle qu’on a surnommé « la femme la plus drôle de France » s’étonne d’avoir reçu en tout et pour tout huit propositions de film dans sa carrière et d’avoir tourné seulement deux comédies. Sa carrière à l’écran se fait surtout à la télévision. Dans une interview à Puremedias.com elle précise d’ailleurs son propos en remerciant la télé : « je ne sais pas pourquoi à la télé, je peux être une femme mariée, une grand-mère et que ça ne gêne personne mais pas au cinéma. Je n'ai pas la réponse. »
Stupeur sur le plateau de Léa Salamé, qui il y a quelques mois faisait « débattre » une personne trans et une personne violemment transphobe. Muriel Robin est interrompue sans cesse par les autres personnes présentes sur le plateau, qui font mine de tomber de leur chaise et Pierre Arditi, son partenaire dans la pièce Lapin, dont elle fait la promo, enchaîne les moues de scepticisme. Et pourtant elle a raison.
Les exceptions confirment la règle
Après la diffusion de l’émission et sa reprise sur les réseaux sociaux, qui est devenue virale, nombreux ont tenté de chercher la petite bête et les contre-exemples. Certains ont même exhumé Jean Marais (qui n’a jamais été ouvertement gay) ou Jean-Claude Brialy (qui a fait son coming-out à la fin de sa vie) ! Chacun peut y aller de son exception. Et quand bien même ! Trouverait-on une, deux ou trois exceptions que cela ne changerait pas la force du propos. Il suffit d’avoir un tant soit peu approché le milieu du cinéma pour savoir ce que ce message est toujours d’actualité : faites votre coming-out et on vous flinguera votre carrière au cinéma. Ironiquement, les hétéros qui incarnent des gays ou des lesbiennes ou des personnes trans à l’écran sont souvent oscarisables.
Alors bien sûr, de plus en plus de comédien.ne.s font leur coming-out. Sur France 2, Muriel Robin a elle-même cité Kristen Stewart, mais qui a d’abord été avec un homme ou Jodie Foster, qui n’en a parlé qu’après des décennies de carrière. Pour les autres, aux Etats-Unis, les Neil Patrick Harris, Elliott Page, Sarah Paulson sont essentiellement des stars de télévision. Même chose pour Russell Tovey au Royaume-Uni. En France, Adèle Haenel aurait pu jouer le rôle de pionnière. Elle a préféré arrêter sa carrière pour protester contre la complaisance de la « grande famille du cinéma » vis à vis des agresseurs sexuels. Antoine Reinartz, César du meilleur second rôle masculin pour 120 bpm se taille une jolie carrière. Mais ce n’est pas (encore) une figure majeure du cinéma français.
L’acteur britannique Rupert Everett en son temps avait dit regretter d’avoir fait son coming-out et qu’après l’avoir fait il n’avait plus eu de rôle important. Dans le cinéma français, beaucoup connaissent d’acteurs gays dans le privé et qui refusent d’aborder la question publiquement, de peur que cela flingue leur carrière. De nombreux articles ont été consacrés aux déclarations de Muriel Robin. La parole des acteurs et actrices y brille par son absence, en dehors d’un Felix Maritaud (qui twitte: « Feel you sis » à l’attention de Muriel Robin, puis « on n’a pas besoin d’Oscars on a déjà gagné nos désirs ») ou d’un Geoffrey Couët, qui évoluent dans un cinéma relativement pas vraiment grand public. On a même vu sur les réseaux un acteur pourtant ouvertement gay s’agacer d’avoir été juste cité à ce titre par un article. Comme s’il s’agit déjà d’une agression…
A la fin de son intervention, Muriel Robin évoque les jeunes comédien.ne.s :
« ce n'est pas la peine qu’ils fassent ce métier, ils ne travailleront pas et ne feront pas de cinéma ». Une phrase choc sur laquelle elle est également revenue dans Puremedias, en précisant qu’elle voulait juste prévenir la jeune génération de ce qu’elle a traversé et de ce qu’ils et elles risquent de connaître en choisissant ce métier. Une déclaration compréhensible compte tenu de son expérience, mais on n’a jamais progressé en baissant les bras. Ce sont justement aux jeunes comédiens et jeunes comédiennes gays, lesbiennes, bi, trans, de faire exploser les placards. Et à tous ceux qui ont le pouvoir de le faire de les aider dans cette démarche. De ce point de vue, Muriel Robin a fait le job. On attend que d’autres, producteurs, réalisateurs, directeurs de casting, le fassent à leur tour.

Deux comptes Twitter qui portent fièrement le même nom, Claire Underwood comme deux versants d’une même pièce. Une identité d’emprunt à l’héroïne de la série House of Cards qui annonce la couleur. Derrière les tweets et retweets, tout ce qui touche aux LGBTQIA+ est épluché, commenté. On ne sait que très peu de choses à propos de la personne à qui appartient ces profils. Tout ce que nous savons c’est que « Claire n’est pas une fille, mais peu de gens ont de doutes là-dessus », expliquait l’animateur du ParisPasRose, dans la rubrique CheckNews du quotidien Libération en 2019. Créé en 2013, il est vite devenu la coqueluche de Twitter, référence sur l’actualité communautaire. Il épingle toutes les sorties de routes qui vrillent vers l’obscurantisme porté par certains esprits étriqués et arriérés tout en félicitant les avancées sociales, la défense des droits et les prise de position franches. Il invective tout celles et ceux qui ne voit pas la vie en rose pour faire bouger les lignes. Son second compte plus récent présente « le côté obscur de la force ». Autant dire qu’il vogue sur les mêmes eaux partisanes mais sur un éventail de sujets plus varié.
« Être lesbienne est une fête ». Ces mots sont ceux d’une femme qui se présente comme "ordinaire, mariée à une femme formidable et fière maman". Mais à bien y regarder, cette phrase qui s’insère dans un tatouage en forme d’arc-en-ciel aux couleurs du rainbow flag à l’arrière de son coude droit est une véritable proclamation, un mode d’ordre, une philosophie de vie où se mêle visibilité, revendications et fierté. Elle clame haut et fort qu’être lesbienne n’est pas un sujet de discussion, de débat, de fantasme ou de haine, c’est un fait ! C’est aussi et surtout une lutte de tous les jours, le besoin d’exister, de vivre pleinement et de s’épanouuir sans crainte de l’autre. Voilà pourquoi, elle scrute l’espace public hétércisnormé et s’insurge. Ce compte remet les choses à leur place. Ce n’est pas de tolérance qu’il s’agit, mais uniquement de respect et de liberté. Photos de balades avec son épouse, écrits sur son coming out, attaque autour d’un patriarcat anxiogène, d’un sexisme latent, les coups de gueule pleuvent, les réflexions s’enchainent sur le féminisme, l’homosexualité, le racisme… Ici les combats sont intersectionnels, les témoignages des uppercuts. Ces partages sont les instantanés d’une lesbienne ordinaire.
Le projet a été lancé il y a plus de 20 ans et piétine depuis, sur fond de méprises et autres désaccords entre la mairie, le collectif porteur du projet et deux associations qui ont amassé une partie des archives. Récemment, un local de 600 m2 a été trouvé dans le 19ème arrondissement. Ce centre servira non seulement à recueillir et conserver les archives de la communauté et du mouvement LGBTQI+, mais aussi de lieu de pédagogie et d’accueil du public. Paris rejoindrait ainsi enfin de grandes métropoles comme New York ou Berlin, qui bénéficient de centres dignes de ce nom...
A nos enfants
Clara Sola
Un Tramway à Jérusalem
Certains d’entre-nous fantasment encore sur le duo Tom Cruise-Brad Pitt dans le film de 1994, et surtout leur relation ambiguë. 28 ans plus tard, une nouvelle version du livre d’Anne Rice arrive sur le petit écran, et si on regarde le trailer, ça risque d’être chaud entre les deux vampires (