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  • Dans le Lobby transphobe, sorti le 9 octobre 2024, Maud Royer publie une enquête percutante qui met en lumière les structures et les acteurs derrière la montée de la transphobie dans notre société. À travers une analyse rigoureuse et des témoignages poignants, l’autrice dépeint un tableau inquiétant des mouvements qui s'opposent aux droits des personnes transgenres, révélant des stratégies de désinformation et de manipulation.

    Cette journaliste d'investigation reconnue, explore les ramifications politiques et sociales de ce phénomène, interrogeant les discours qui alimentent la haine et la stigmatisation. En dénonçant les faux arguments avancés par ce lobby, elle appelle à la vigilance et à la solidarité. Le lobby transphobe est un appel urgent à la résista nce face à la discrimination, une œuvre essentielle pour quiconque souhaite comprendre les enjeux contemporains des droits humains.

    Le Lobby transphobe de Maud Royer, Ed. Textuel, 160 pages, 17,90€.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Dans son nouveau film le Visiteur, le réalisateur canadien Bruce LaBruce offre une relecture audacieuse du chef-d'œuvre de Pasolini, Théorème, tout en intégrant ses propres obsessions cinématographiques.

    Au cœur de cette œuvre provocatrice se trouve Bishop Black, qui incarne le personnage principal, un visiteur mystérieux et queer, qui arrive à Londres dans de grandes malles. Le film débute lorsque ce visiteur, qui se fait passer pour le neveu d'une gouvernante, entre dans une maison bourgeoise. La famille qui l'accueille, vide de sens et de passion, est rapidement troublée par sa présence. Il faut avouer que l’acteur Bishop Black, plus puissant que jamais, incarne une sensualité complexe, faisant du « visiteur », un moment de transgression ludique et jubilatoire.

    Présenté au Porn Film Festival Berlin et au Festival Chéries Chéris, LaBruce ne se contente pas de revisiter Théorème ; il l'étoffe de scènes fétichistes et surréalistes, provoquant à la fois le dégoût et l'humour. Chaque membre de la famille est métamorphosé par l'influence du visiteur, dont le magnétisme est à la fois électrisant et déstabilisant.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La série à succès Arcane de Netflix, produite par le studio français Fortiche Productions, a subi des modifications pour sa diffusion en Chine. Des scènes mettant en avant une romance lesbienne entre les personnages Vi et Caitlyn ont été censurées.

    En effet, les baisers entre ces deux personnages ont été supprimés, et certaines interactions affectueuses, comme Caitlyn posant sa tête sur l'épaule de Vi, ont été altérées. Des internautes ont remarqué que la version chinoise avait effacé ces éléments pour masquer leur relation. D’autres films avaient par le passé subi des corrections similaires. Cette censure s'inscrit dans un contexte où le gouvernement chinois renforce sa surveillance sur des thèmes jugés « sensibles », tels que la sexualité, la violence et la politique.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Jusqu’au 9 février 2025, la Gaîté Lyrique explore Trans*Galactique, une exposition singulière et plurielle célébrant les identités trans et queer. Sous le commissariat de Superpartners, composé des artistes Smith et Nadège Piton, ainsi que de Frank Lamy et Balthazar Heisch, cette exposition s'inspire du numéro éponyme de la revue the Eyes, publié en 2020.

    Quinze artistes de renommée internationale, tels que Cassils et Zanele Muholi, y explorent des récits qui questionnent les normes de genre et portent un regard critique sur les relations humaines. À travers une sélection d'œuvres photographiques et vidéo, Trans*Galactique offre une réflexion sur la diversité des identités, tout en affirmant leur nécessité dans un contexte de montée des intolérances. Les commissaires soulignent l'importance de la visibilité : « il s’agit d’être visibles, de faire front et communauté ». Les œuvres présentées deviennent alors de véritables manifestes visuels, célébrant l'émancipation et la pluralité des récits trans. Cette exposition s'inscrit dans une démarche inclusive, où chaque image et chaque récit contribuent à redéfinir notre rapport aux autres.

    Dans un monde fragmenté, Trans*Galactique invite à repenser les alliances et à construire des ponts entre les identités. En se réappropriant les outils de représentation, les artistes offrent des visions nouvelles et émancipatrices des corps et des identités. En écho à l'histoire de la photographie, souvent marquée par une objectivation des corps, cette exposition propose un regard trans, questionnant la manière dont nous nous identifions et nous connectons au monde. Trans*Galactique devient ainsi un lieu de rencontre entre art, identité et résistance, où chaque visiteur est invité à s’évader dans un cosmos créatif et inclusif.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Disney a décidé de ne pas diffuser un épisode de sa série Moon girl et Devil le dinosaure intitulé the Gatekeeper, axé sur un personnage transgenre, Brooklyn, en raison de thèmes LGBT jugés sensibles. Il se concentrait sur Brooklyn, une camarade de classe trans du personnage principal Lunella Lafayette alias Moon Girl. Au cœur de l'intrigue, un entraîneur homophobe empêche Brooklyn de participer à un match de volley-ball, mettant en lumière les défis auxquels sont confrontées les personnes transgenres dans le sport.

    Bien qu’il ait été approuvé auparavant, il a été retiré, ce qui a suscité une réaction négative de la part de l'équipe créative et d'autres professionnels de l'animation, qui l'ont qualifié de décision lâche. Certains ont suggéré que ce retrait était en partie influencé par le climat politique actuel et de l’arrivée de Donald Trump à la Présidence. D’autres soulignent l'importance de présenter des récits variés et inclusifs, surtout dans un contexte où de nombreux jeunes peuvent se sentir invisibles ou incompris. Une source de Disney a affirmé que cette décision avait été prise avant les élections récentes, tout en soulignant l'importance de la discussion parentale sur ces sujets. Cette situation met en lumière les enjeux de représentation des minorités dans les médias pour enfants et la responsabilité des entreprises envers la diversité. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Du 12 décembre 2024 au 29 mars 2025, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé à Paris, vous entraîne dans une fascinante rétrospective plonge les visiteurs dans l'univers riche et varié des films d'Antiquité, explorant l'influence de cette période sur le septième art, des Frères Lumière à Ridley Scott.

    L'Antiquité, loin d'être un simple cadre historique, est un véritable réservoir d'imaginaires qui a inspiré de nombreux réalisateurs à travers les âges. En se basant sur la littérature classique, les récits bibliques et les mythes, le cinéma a su donner vie à des fresques épiques et des aventures inoubliables. Des péplums aux comédies, l'exposition met en lumière plus de 200 œuvres emblématiques, de Ben-Hur à Gladiator, en passant par les héros mythiques tels qu'Hercule et Cléopâtre.

    Au-delà des films, l'exposition s'intéresse aussi aux savoir-faire nécessaires à la reconstitution de ces époques lointaines, mettant en avant la création de décors, de costumes et d'accessoires. Les visiteurs pourront admirer des pièces issues de collections prestigieuses, notamment celles de la Cineteca di Bologna et de la Cinémathèque française. Parallèlement, un cycle de projections en ciné-concert, du 26 février au 8 avril 2025, permettra de redécouvrir des classiques du cinéma muet, tels que Quo vadis ? et Cabiria, offrant une expérience immersive inédite. Cette exposition nous embarque à travers le temps et l'imaginaire, célébrant le pouvoir évocateur de l'Antiquité au cinéma.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Ça sent le formol. Le 13 novembre, l’Académie française a publié la 9ème édition de son dictionnaire, définissant l’hétérosexualité comme « la sexualité naturelle entre personnes de sexe différent », tandis que l’homosexualité est simplement décrite comme une attirance pour les individus du même sexe, sans mentionner son caractère « naturel ». Ce choix a suscité de vives critiques, notamment du collectif des Linguistes atterrées, qui souligne l'absence de termes modernes tels que « coronavirus » et des définitions obsolètes, comme celle de « mail ». Les experts pointent une vision conservatrice et politique dans ces définitions, remettant en question la naturalité de l'homosexualité. Ils déplorent également que la définition de « femme » la réduise à sa fonction reproductive. L’Académie est accusée de ne pas refléter la langue vivante et d'être déconnectée des réalités contemporaines. La Ligue des droits de l’homme appelle à le « rectifier d’urgence ». Le caractère raciste, misogyne et homophobe de certaines définitions est consternante. La LDH a découvert « avec stupéfaction et consternation que nombre de définitions participent d’une vision au mieux archaïque de notre monde », explique l’organisation dans un communiqué. Les linguistes recommandent de se tourner vers d'autres dictionnaires plus actuels.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Lors de la projection d'un film au Festival international du film de Marrakech, une scène représentant une relation homosexuelle a provoqué un tollé. Des spectateurs, visiblement choqués, ont quitté la salle alors que deux hommes s'embrassaient dans un moment d'intimité. Cette réaction, filmée et relayée sur les réseaux sociaux, a enflammé les débats, suscitant des critiques virulentes. Des internautes marocains ont exprimé leur désapprobation, certains allant jusqu'à suggérer que la scène méritait une réaction plus violente.

    Au Maroc, l'homosexualité est illégale en vertu de l'article 489 du Code pénal, qui sanctionne les actes « contre nature », il est stipulé « qu’est puni de l’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 120 à 1000 dirhams, à moins que le fait constitue une infraction plus grave, quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ». Pour l'instant, les organisateurs du festival n'ont pas réagi à cette polémique. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La plateforme de streaming MUBI a annulé son festival de cinéma à Istanbul, prévu pour le 7 novembre, en raison de l'interdiction par les autorités locales de projeter le film Queer de Luca Guadagnino, mettant en vedette Daniel Craig dans un rôle gay. Le nouveau film du réalisateur de Call me by your name, qui a été présenté en avant-première au festival de Venise, aborde une relation amoureuse entre deux hommes et contient des scènes explicites.

    Les organisateurs ont été informés peu avant l'ouverture que cette décision était justifiée par un contenu jugé provocateur, menaçant l'ordre public. MUBI a dénoncé cette mesure comme une atteinte à la liberté d'expression, affirmant que les festivals doivent célébrer l'art et la diversité.

    Malgré la décriminalisation de l'homosexualité en 1858, l'homophobie d'État se renforce en Turquie, sous le régime de Recep Tayyip Erdoğan, qui stigmatise régulièrement la communauté LGBT+. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Plongez en 2025 avec le calendrier drag 2025, imaginée par Jean Ranobrac, le photographe emblématique de la scène drag. Ce calendrier, véritable ode à cette culture, met sous le feu des projecteurs notamment Kam Hugh, Moon, Afrodite Amour, et bien d'autres, qui à travers des portraits vibrants célèbrent l'art du drag. Chaque mois offre une immersion dans un monde coloré et inspirant, où la créativité et l'expression de soi brillent de mille feux. En plus d'être un régal pour les yeux, ce projet soutient l'ARDHIS, œuvrant pour les droits des personnes LGBTQIA+ en situation d'immigration. Offrez-vous une année 2025 délicieusement drag tout en faisant la différence !

    Calendrier Drag 2025, de Jean Ranobrac, Ed. First, coll. Pride, 25 pages, 19,95€.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Après le succès de Tomber des nu(e)s au printemps, le photographe Marc Martin et le comédien Mathis Chevalier en remettent une couche pour les fêtes : Deuxième round ! Un nouveau livre et une exposition à Paris (jusqu’au 25 janvier à la Galerie Obsession). Dans leur combat contre le puritanisme ambiant, aujourd’hui les deux compères vont plus loin. Ils ont décidé de lâcher les chiens. Pisse-froids et pudibonds, ne franchissez pas la porte de cet opus-là.

    Effronté et résolument camp, Deuxième round est une invitation à poursuivre les aventures débridées de ces deux irréguliers haut en couleurs. Si le travail de Marc Martin est bien connu par les amateurs d’audaces en tout genre, la personnalité du jeune Mathis Chevalier (Lire notre interview), d’abord identifié comme hétéro, semble de plus en plus s’acoquiner avec l’underground. Plus léger que le premier (en termes de poids), ce second ouvrage n’est pas moins fourni de références subversives. Il se lit comme une suite logique à Tomber des nu(e)s et s’en détache totalement. L’expo, elle, grouille d’inédits (notamment des polaroids uniques de Mathis à poil proposés à la vente). Parmi les nouveaux clichés, ceux avec Yassin Chekkouh (Drag Race France, Emily in Paris) qui forme avec Mathis un duo aussi sexy que militant puisque Yassin Chekkouh qui s’engage contre la sérophobie en parlant publiquement de sa séropositivité s’affiche aujourd’hui dans les bras de Mathis Chevalier, plus queer et débridé que jamais. Ensemble ils font front pour faire bouger les lignes. Cette nouvelle exposition de Marc Martin à Paris va donc nous réchauffer (elle dure jusqu’au 25 janvier). Allez vous rincer les mirettes et y faire vos emplettes pour les fêtes. 

    Marc Martin/Mathis Chevalier - Deuxième round !

    L’exposition (gratuite) à la galerie Obsession du 11 décembre au 25 janvier 2025, du mardi au samedi de 14h à 19h.
    5, passage Charles Dallery 75011 Paris, tél :  01 48 06 00 22/06 75 91 54 13
    Attention ! La galerie Obsession ferme du 22 décembre au 2 janvier ! www.galerie-obsession.com

    Le livre (39€) aux éditions Agua (www.elagua.eu), sur le site de Marc Martin (www.marcmartin.paris) et à la librairie les Mots à la Bouche, à Paris.

    Franck Desbordes
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