La culture et les fachos n’ont jamais fait bon ménage, ces derniers n’ayant pas le bagage intellectuel suffisant pour comprendre ce qu’est la culture et ce qu’est le sens de cette dernière. La culture servant d’abord à faire réfléchir… Alors imaginez le drame pour eux quand le metteur en scène Kristian Frédric a transposé dans la version moderne qu’il souhaitait proposer de l’œuvre de Puccini, le sida en lieu et place de la tuberculose… Une partie du public niçois, homophobe et sérophobe donc, s’est mis à siffler. Des sifflets et des huées vite couverts par des applaudissements beaucoup plus nombreux. Heureusement. En matière de culture et pas seulement, à Nice comme ailleurs, il nous faut rester vigilant.e.s contre les assauts des ultra-conservateurs et des fachos.

Deux comptes Twitter qui portent fièrement le même nom, Claire Underwood comme deux versants d’une même pièce. Une identité d’emprunt à l’héroïne de la série House of Cards qui annonce la couleur. Derrière les tweets et retweets, tout ce qui touche aux LGBTQIA+ est épluché, commenté. On ne sait que très peu de choses à propos de la personne à qui appartient ces profils. Tout ce que nous savons c’est que « Claire n’est pas une fille, mais peu de gens ont de doutes là-dessus », expliquait l’animateur du ParisPasRose, dans la rubrique CheckNews du quotidien Libération en 2019. Créé en 2013, il est vite devenu la coqueluche de Twitter, référence sur l’actualité communautaire. Il épingle toutes les sorties de routes qui vrillent vers l’obscurantisme porté par certains esprits étriqués et arriérés tout en félicitant les avancées sociales, la défense des droits et les prise de position franches. Il invective tout celles et ceux qui ne voit pas la vie en rose pour faire bouger les lignes. Son second compte plus récent présente « le côté obscur de la force ». Autant dire qu’il vogue sur les mêmes eaux partisanes mais sur un éventail de sujets plus varié.
« Être lesbienne est une fête ». Ces mots sont ceux d’une femme qui se présente comme "ordinaire, mariée à une femme formidable et fière maman". Mais à bien y regarder, cette phrase qui s’insère dans un tatouage en forme d’arc-en-ciel aux couleurs du rainbow flag à l’arrière de son coude droit est une véritable proclamation, un mode d’ordre, une philosophie de vie où se mêle visibilité, revendications et fierté. Elle clame haut et fort qu’être lesbienne n’est pas un sujet de discussion, de débat, de fantasme ou de haine, c’est un fait ! C’est aussi et surtout une lutte de tous les jours, le besoin d’exister, de vivre pleinement et de s’épanouuir sans crainte de l’autre. Voilà pourquoi, elle scrute l’espace public hétércisnormé et s’insurge. Ce compte remet les choses à leur place. Ce n’est pas de tolérance qu’il s’agit, mais uniquement de respect et de liberté. Photos de balades avec son épouse, écrits sur son coming out, attaque autour d’un patriarcat anxiogène, d’un sexisme latent, les coups de gueule pleuvent, les réflexions s’enchainent sur le féminisme, l’homosexualité, le racisme… Ici les combats sont intersectionnels, les témoignages des uppercuts. Ces partages sont les instantanés d’une lesbienne ordinaire.
Le projet a été lancé il y a plus de 20 ans et piétine depuis, sur fond de méprises et autres désaccords entre la mairie, le collectif porteur du projet et deux associations qui ont amassé une partie des archives. Récemment, un local de 600 m2 a été trouvé dans le 19ème arrondissement. Ce centre servira non seulement à recueillir et conserver les archives de la communauté et du mouvement LGBTQI+, mais aussi de lieu de pédagogie et d’accueil du public. Paris rejoindrait ainsi enfin de grandes métropoles comme New York ou Berlin, qui bénéficient de centres dignes de ce nom...
A nos enfants
Clara Sola
Un Tramway à Jérusalem
Certains d’entre-nous fantasment encore sur le duo Tom Cruise-Brad Pitt dans le film de 1994, et surtout leur relation ambiguë. 28 ans plus tard, une nouvelle version du livre d’Anne Rice arrive sur le petit écran, et si on regarde le trailer, ça risque d’être chaud entre les deux vampires (
FranceTV Slash lance une série baptisée Chair tendre en 10 épisodes. Nous sommes invité.e.s à suivre Sasha, une adolescence presque majeure, intersexe qui oscille entre les genres alors qu'elle doit s'intégrer dans la nouvelle ville dans laquelle elle vient d'arrivée suite au changement de travail de son père. Mais pour y parvenir, elle doit combattre un mal invisible qui la meurtrit.
Peut-être avez-vous eu la chance de regarder les premières saisons de First Kill de Victoria Schwab et The Wilds de Sarah Streicher respectivement sur Netflix et Amazon Prime Vidéo avant que leur avenir ne soit avorté. En effet, ces deux programmes ont été ôtés des plateformes par manque d'audience. Bien dommage il faut l’avouer, car ces histoires permettaient de remettre un juste équilibre sur la visibilité lesbienne à l’écran face au carton plein de l’adaptation du manga Heartstopper.
On l’attendait tou.te.s, le fameux second remake américain de la série britannique Queer As Folk est enfin disponible sur la plateforme StarzPlay. Bonne ou fausse idée, chacun y mettra son grain de sel, mais ce qui est certain c’est que cette nouvelle version va bien plus loin que les deux premières en terme de diversité et d’inclusion. S’attaquer à ce phénomène aurait pu être contre-productif d’autant que les premières minutes nous plongent dans un inventaire à la Prévert des LGBTQI+. C’est sans compter sur un évènement tragique qui fait passer cet écueil au second plan. Résilience, reconstruction, traumatismes et racisme sont les clés de voûtes de cette histoire. Tout y passe mais en juste dose pour ne laisser personne sur le côté. C’est dans un rythme soutenu avec une bonne touche d’humour, de réflexion, d’humanité et de sexe à gogo que l’on se prend d’affection pour ces personnages. Dunn a sû mettre son militantisme au service d’un Queer As Folk qui ne dénature pas la création originale.