
Alors que se tient le Brussels international fantastic film festival (BIFFF), le dernier film de Rose Glass avec Kristen Stewart, intitulé Love lies bleeding, a été émaillé de propos misogynes et lesbophobes. L'événement est survenu le samedi 13 avril. Présenté dans le cadre de ce festival par le distributeur Searchers, ce film explicitement « lesbian friendly » a fait se déplacer un public féminin mais pas que. Parmi elles, des hommes qui sont venus voir un film lesbien mais avec de mauvaises intentions. On entend des « sales gouines », « elle aime ça la bite », « ta gueule sale pute », les insultes fusent et s’accompagnent de beurks lors des scènes d’amour, décrivent des spectatrices sur les réseaux sociaux. Des femmes lesbiennes quittent par dizaines la salle et essaient, choquées, de faire arrêter la projection du film. Mais rien n’y fait, le film reprend. Les organisateurs du BIFFF ont déclaré sur leur site internet que « les événements qui se sont déroulés lors de la séance sont inadmissibles et ne reflètent en aucun cas l’esprit libertaire du festival. Nous n’acceptons PAS les commentaires misogynes, homophobes, lesbophobes, transphobes, racistes, ni aucune autre forme de discrimination, de harcèlement, de honte ou de violence, physique ou verbale, ni aucune forme d’insulte. »

Papacito a été condamné à 5000€ d’amende pour injures homophobes et incitation à la violence le 26 avril. Le youtubeur avait pris part à un conflit de voisinage d’un petit village d’Occitanie dans deux vidéos, en s’en prenant au maire. Il avait décrit un arrêté municipal comme « un polycopié de tarlouzes ». Verbatim : « qu’est-ce qui leur arrivait aux déviants au Moyen-âge, je vais te dire. Ok Google, qu’est-ce qu’on leur fait aux déviants au Moyen-âge. Bûcher, écartèlement, pendaison, décapitation, catapultage ». Le maire de Monjoi a aussi obtenu 4 000 € de dommages et intérêts. La chaîne Youtube du condamné a par ailleurs été fermée.
Mi-mars, un jeune réfugié gay congolais a été violemment agressé dans une pizzeria de la capitale (le Bon Tivoli, 10ème). Alors qu’il était en train d’évoquer une relation homosexuelle avec des proches, un homme l’aurait pris a partie. Jets de verres, de bouteilles, coups de poing, mais surtout, alors qu’il tentait de fuir, un groupe lui a baissé le pantalon, publiant ensuite une vidéo sur TikTok. Une enquête a été ouverte pour « violences en réunion en raison de l’orientation sexuelle (…) atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image d’une personne présentant un caractère sexuel ». Pour l’heure, aucune interpellation, mais Amos a reçu le soutien de la maire du 10ème arrondissement et de plusieurs associations, dont SOS Homophobie. Belle manière d’accueillir un réfugié qui a fui son pays en raison de son orientation sexuelle.
En 2022, un homme d’origine iranienne avait ouvert le feu sur 2 bars lors de la Marche des Fiertés locale, faisant 2 morts et 9 blessés. Son procès, qui s’est ouvert en mars, doit déterminer s’il s’agit bien d’un acte terroriste, car l’homme avait fait allégeance au Groupe Etat islamique. D’autre part, des doutes planent encore sur sa santé mentale. Qui plus est, il a plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés.
Le groupe audiovisuel public a été condamné à 80000 € d’indemnités pour harcèlement moral et sexuel, ainsi que pour licenciement nul. Gaël Girodano, journaliste de France Info entre 2021 et 2023, a subi « des remarques sur son homosexualité, des contacts physiques intrusifs, des messages inappropriés » de la part de sa co-présentatrice, selon l’avocat du présentateur.
Saluons le parti pris de Zalando pour sa dernière campagne publicitaire, dans laquelle Bilal Hassani égraine un discours positif sur l’acceptation de soi-même et le rejet du harcèlement. Le choix est osé pour une marque grand public qui s’adresse en priorité aux 16-35 ans. Bien sûr, ça reste du marketing, tout comme la pub Sephora où des femmes, jeunes, plus âgées, racisées, des queers, des non genré.es se maquillent ensemble. Mais il faut aussi y voir le marqueur d’une époque et d’une société qui tente d’aller vers le mieux.
Depuis la saga Harry Potter, l’auteure JK Rowling ne fait entendre sa voix que dans un combat constant transphobe. Sa dernière sortie en date est le soutien financier à hauteur de 81000€ à For Women Scotland, une association transphobe qui a pour but de pousser la Cour Suprême à définir le mot « femme » selon son sexe uniquement biologique.
C’est une polémique qui déchire le paysage universitaire et intellectuel français :
Le 1er avril prochain, les terrasses estivales rouvriront pour un troisième été sous régime d’autorisation de la mairie de Paris. Celle-ci exige le respect du domaine public en définissant une emprise au sol qui ne peut être dépassée et le respect de la tranquillité publique, à savoir ne pas déranger le voisinage par des tapages, d’où cette heure limite d’exploitation à 22h.
Le 23 mars 2018, la France tremble à la suite d’un attentat djihadiste à Trèbes et Carcassonne. De cette histoire on retiendra l’héroïsme d'Arnaud Beltrame qui a donné sa vie. Dans cette déferlante de violence, l’homophobie s’est aussi invitée parmi les premières victimes du terroriste Redouane Lakdim. « J’ai tué des pédés. Sans pitié », déclare-t-il lors de la troisième journée d’audience qui a eu lieu en janvier 2024 comme le précise nos confrères de l’Indépendant. « J'ai tué des pédés là-haut aussi, je suis arrivé à l'improviste. Ils étaient cachés je leur ai mis deux balles dans la tête, sans pitié » balance-t-il à la caissière du Super U qu’il vient de prendre en otage comme l’explique le capitaine Desmidt, policier chargé des investigations. En fait, avant de s’en prendre au supermarché et à ses occupants, le djihadiste est passé par un parking où il abat Renato Silva et Jean Mazières.
Berne en Suisse sera à jamais un lieu de mémoire pour Jean-Luc Romero-Michel. En 2021, il y accompagnait pour son dernier voyage Alain Cocq, condamné à supporter d’atroces souffrances à la suite d’une maladie incurable, alors qu'il ne cessait de réclamer de partir en paix chez lui au lieu de devoir s'exiler pour partir sereinement. Pour cet activiste de la première heure pour le droit de mourir dans la dignité, la question d’une législation française pour la fin de vie est une urgence. Le serment de Berne, de la mort solitaire à la mort solidaire, n’est pas qu’une promesse faite à Alain Cocq, c’est un plaidoyer qui valide la nécessité pour la France d’avancer sur cette question si épineuse mais légitime et pressante. Pourquoi devoir se réfugier dans un autre pays pour pouvoir faire ses adieux. Dans cet ouvrage d’une incroyable humanité Jean-Luc Romero-Michel compare, analyse, fait le point sur l'histoire de cette requête à travers des témoignages, et des mises en perspectives de ces gouvernements qui ont sauté le pas. Quand on sait qu’en avril 2023, une Convention citoyenne s’est prononcée à 75% pour l’autorisation de l’euthanasie et du suicide assisté, on peut se demander ce qui bloque encore et toujours dans les hautes sphères. Alors oui « ce livre est un cri. Si notre vie nous appartient, il faut absolument en être de même pour notre mort », comme écrit dans la préface de Line Renaud, membre du Comité d’honneur de l’Association du Droit à Mourir dans la Dignité. Il est temps que les choses changent enfin en France, ce livre vous donne la preuve que c'est possible.