Romance SM
Colin, un jeune Anglais timide, tombe éperdument amoureux de Ray, un daddy motard taiseux, jusqu’à devenir son soumis. D’une histoire casse-gueule, Harry Lighton tire un premier long-métrage épatant où le drame côtoie la comédie avec une justesse rare. Sans oublier le formidable duo d’acteurs : Harry Melling, très touchant dans sa dévorante dévotion et Alexander Skarsgård qui transpire la sexyness. Jusqu’où peut-on aller par amour ? Quelle place pour les fantasmes dans nos vies ? Peut-on échapper aux rapports de pouvoir ? Pillion pose plein de questions sur les relations gays et ça fait du bien !
Pillion, d’Harry Lighton. En salles le 1er avril.
Vous reprendrez bien un shoot d’« Euphoria » ?
Les fans trépignaient depuis plus de quatre ans, ils vont être soulagés : Euphoria, la série culte qui brosse le portrait ébouriffant d’une Amérique teenage en proie à toutes les addictions signe enfin son retour pour une saison 3. Exit le lycée. Sam Levinson, le créateur, a décidé de plonger ses personnages dans la vie adulte. On va donc retrouver Rue, Jules, Nate et les autres cinq ans plus tard… mais pas complètement débarrassés de leurs névroses et relations toxiques. Même si Euphoria peut parfois agacer par ses effets de manche stylistiques, force est de constater qu’elle flirte souvent avec une virtuosité sidérante. Et puis Zendaya, Jacob Elordi, Hunter Schafer… quel casting !
Euphoria, saison 3, sur HBO Max, en avril.

Amsterdam deux fois plus rainbow
Au cœur de l’été, c’est dans la capitale des Pays-Bas qu’il faudra se rendre pour porter fièrement l’étendard de nos droits, à l’heure où ceux-ci connaissent une inquiétante régression dans une Europe gangrénée par la montée des populismes et de l’extrême droite. Amsterdam accueillera à la fois la WorldPride et l’EuroPride. Un double événement placé sous le signe de l’unité et chargé en symboles : c’est dans ce pays qu’a été légalisé pour la première fois le mariage entre personnes de même sexe. C’était il y a 25 ans. Au programme : marches, festivals, soirées sans oublier la célèbre parade sur les canaux.
Du 25 juillet au 8 août.
Infos : pride.amsterdam
Madonna de retour sur le dancefloor
L’icône, qui va souffler ses 68 bougies en août prochain, est très loin d’avoir dit son dernier mot. Un nouvel album (pas des reprises ou remixes, un vrai !), son premier depuis 2019 est attendu pour cette année. Et bonne nouvelle : elle a décidé de renouer avec la dance car c’est dans les clubs que tout a commencé pour elle à la fin des années 70, à New York. Pour l’occasion, elle retrouve aussi Warner, la maison de disques de ses débuts, mais aussi Stuart Price, le producteur derrière Confessions on a dancefloor en 2005, écoulé à plus de 12 millions d’exemplaires. Va-t-elle oser défricher de nouveaux territoires électroniques ou rester dans une veine mainstream ? Il est permis de rêver…
Infos : @madonna sur Instagram
Le diable s’habille (toujours) en Prada
Le premier teaser mis en ligne il y a quelques semaines (sur fond de Vogue de Madonna, encore elle) a mis les réseaux en émoi : Miranda est de retour ! L’intraitable papesse de la mode – largement inspirée d’Anna Wintour, lunettes noires comprises – magistralement interprétée par Meryl Streep retrouvera le chemin des salles obscures au printemps, 20 ans après le premier volet. Même casting (dont Anne Hathaway), même réalisateur, même scénariste et, cerise sur le gâteau, des guest-stars comme à un premier rang de défilé : Kenneth Branagh, Lucy Liu ou encore Lady Gaga. Si le mordant et le carnet à bitcheries bien rempli sont au rendez-vous, on vote pour !
Le Diable s’habille en Prada 2, de David Frankel. En salles le 29 avril.
La Global Black Pride met le cap sur Paris
Global Black Gay Men Connect, organisation américaine à but non lucratif fondée en 2018 à New York dans la foulée du mouvement Black Lives Matter, a pour objectif de « réunir les communautés noires LGBTQI+ de tous les continents afin de célébrer la culture et la diversité ». Elle œuvre également dans la santé et la prévention avec notamment des campagnes pour l’accès à la PrEP. Son événement le plus marquant, la Global Black Pride, aura lieu cette année à Paris et c’est une première. Au menu entre autres, une marche, un festival, des soirées, une conférence où l’on parlera « pouvoir, culture et innovation ». Be there !
Du 9 au 13 septembre. Infos : globalblackpride.org/fr
A
YMCE : l'électron libre
Désolé maman j'aime les deux / Les te-cha autant que j'aime les…/ Désolé maman j'aime les deux ouais… les paroles du titre Les deux de AYMCE l’ont propulsé sur les réseaux sociaux comme l’un des artistes les plus innovants de sa génération. Visage de la « Raptech », originaire du Sud, AYMCE fusionne aujourd'hui l'énergie brute de la techno avec les codes du rap moderne. Ce qui fait vibrer TikTok et Instagram ? Son esthétique léchée et sa capacité à transformer chaque morceau en une expérience sensorielle. Loin des étiquettes, AYMCE incarne une liberté totale, tant musicale qu'identitaire. Il brise les barrières de genre. Plus qu'un musicien, il est le porte-parole d'une jeunesse hybride qui refuse de choisir. Un phénomène à suivre de très près.

Queers, riposter à l’injure
La réélection de Donald Trump agit comme un détonateur : avec Queer : riposter à l’injure, Julien Marsay signe, chez Payot, un bref essai-manifeste qui prend la mesure du backlash mondial visant les personnes LGBTQIAP+. Sur 144 pages, l’auteur dissèque la violence d’une internationale réactionnaire, cartographie les acteurs de la haine et redonne chair à une mémoire queer trop souvent occultée. En convoquant généalogies militantes, archives et luttes oubliées, l’auteur fait du mot « queer » une arme politique et collective, un rempart contre le « queericide » symbolique et réel qu’organisent les pouvoirs. Un texte urgent, pensé comme un manuel de survie et de résistance, pour ne plus subir l’injure mais la retourner en force de lutte. Simplement utile !
Queers, riposter à l’injure de Julien Marsay, Ed. Payot, 144 p., 5€.
L
es Fous Alliés 2
Plutôt deux fois qu’une ! Après cinq ans d’un triomphe ininterrompu, le duo Vincent Cordier et Fabrice Pannetier qui compose Les Fous Alliés frappe à nouveau ! A l’orée du Printemps, ils reviennent avec Alliance(s). Adieu la cellule familiale du premier opus, place au chaos d'un mariage, celui de Paul et Valery. Sous le vernis des sourires, les masques volent en éclats : jalousies, gaffes et secrets explosent entre le fromage et le dessert. Avec un humour acéré, rien n’est mis sous le tapis, ils osent tout : racisme et homophobie passent au gril de la plume acide mais bienveillante. Une célébration délicieusement cruelle et rythmée où l’humanité dérape pour notre plus grand plaisir. À ne manquer sous aucun prétexte !
Les Fous Alliés 2 ou Alliance(s), de Vincent Cordier avec Fabrice Pannetier, dès le 2 mars, les lundis à 19h30 (et mardis dès avril) au Théâtre du Marais.
L
a nouvelle érotique de Florian Bardou
On aime le lire dans Libération, on se délecte de ses recueils de poésie, mais Florian Bardou adore aussi les plans à trois. Dans Derrière le rideau noir du Puticlú, une nouvelle de 32 pages, il nous invite à vivre une nuit queer sous haute tension sensuelle dans un Buenos Aires futuriste. Sous une plume ardente, le lecteur s’offre une bouffée de plaisirs charnels partagés, où les regards se croisent, les corps se parlent et s’entremêlent, les envies se libèrent, quand les langues et les sexes se mélangent. Publiée dans la collection érotique Pédale, pédale !, cette histoire embrase affiche un érotisme libre, sans honte ni drame, célébrant l’utopie d’une sexualité affranchie, brute et terriblement jouissive. Trois autres titres sont aussi à découvrir, écrits respectivement par Mathieu Pineau, Christophe Pellet et Antonin Crenn, l’un des éditeurs de ces aventures. Moiteur assurée.
Derrière le rideau noir du Puticlú, de Florian Bardou, Ed. Pédale, Pédale !, 32 p., 4€. pedalepedale.org









