Et si la solution ne venait pas de l’extérieur, mais de nous-mêmes ? C’est la question que pose Thomas d’Ansembourg dans Te changer, toi, peut tout changer (HarperCollins). Un essai qui invite à examiner ce qui nous enferme au quotidien et à comprendre comment une transformation intérieure peut agir sur le monde qui nous entoure.
L’auteur part d’une idée simple : « Notre existence dépend davantage de notre état d’esprit que de nos conditions de vie. » Autrement dit, les événements comptent, bien sûr, mais surtout la façon dont on les vit, ce qu’on en fait et ce qu’on rumine parfois sans s’en rendre compte.
Thomas d’Ansembourg évoque notamment l’effet Semmelweis : ce réflexe humain qui consiste à rejeter toute idée nouvelle dès qu’elle bouscule nos habitudes. En clair, on préfère rester dans ce qu’on connaît, même si ça ne nous rend pas vraiment heureux. Dans ces conditions, difficile d’espérer une vraie évolution. Comme le rappelait Paul Watzlawick : « Si l’on fait toujours la même chose, on obtient toujours le même résultat ». Nos blocages ne tombent pas du ciel. Ils se construisent avec l’éducation, le milieu social, les discours ambiants, les normes que l’on intègre sans y penser. À force, ces schémas finissent par rétrécir notre façon de voir les choses et les autres.
La gratitude comme point de départ
Dans les pistes évoquées, la gratitude revient souvent. Pas comme une obligation à aller bien ou à voir le bon côté des choses à tout prix, mais comme quelque chose de simple. Il ne s’agit pas de faire semblant que tout va bien, ni d’ignorer ce qui fait mal. Juste de prendre le temps de voir aussi ce qui aide à avancer, même quand c’est discret.
Selon l’auteur, celles et ceux qui font cet effort se sentent mieux dans leur corps, récupèrent plus vite et tiennent davantage quand ça devient compliqué. Les relations avec les autres s’apaisent aussi, avec moins de tension. D’Ansembourg va même jusqu’à dire, sans exagérer, que cette habitude devrait être encouragée par la Sécurité sociale, tant ses effets sur la santé sont concrets.
« Notre vraie nature est la joie »
L’une des phrases clés du livre résume bien son esprit : « Notre vraie nature est la joie. » Il ne s’agit ni de positivisme naïf ni d’un refus de voir ce qui fait mal. Une situation difficile reste difficile. Mais, rappelle l’auteur, rien n’oblige à y ajouter une couche de souffrance supplémentaire.
La paix n’est pas une idée à laquelle croire, mais quelque chose à éprouver. Cela passe par une autre façon de gérer ses pensées : arrêter de tourner en boucle, de se refaire sans cesse le film de ce qui aurait dû être différent. Résister en permanence à ce qui est ne fait qu’alourdir les choses. Comme il l’écrit simplement : « N’ajoutons pas la souffrance à la peine. »
Changer commence par soi. Le message est limpide : si l’on souhaite que quelque chose bouge autour de nous, cela démarre à l’intérieur. Sans culpabilité, sans obligation d’être positif à tout prix. Juste en apprenant, peu à peu, à regarder autrement. Parfois, modifier son regard suffit à déplacer bien plus qu’on ne l’imagine.
Te changer toi peut tout changer de Thomas D'Ansembourg Ed. Harper Collins à 21,90 €
© Harper Collins / Thomas D'Ansembourg
