Artiste-plasticien parisien, « quinqua assumé », MÔH s’est imposé dans le pixel‑art en transformant un jeu vidéo oublié en terrain d’expérimentation intime.
« D’origine espagnole et plus précisément andalouse », il revendique une double culture et un parcours professionnel sans lien avec l’art, qui ne l’a « jamais empêché de dessiner », des grilles de Coloredo aux « dessins à la machine à écrire Lexikon 80 de 1948 ».
Dans les années 1980, sur son Atari, il crée un jeu maison où il remplace fusées et aliens par « mon premier garçon avec un minimum de pixels », matrice d’un univers qu’il ressuscite en 2009 sur PC avec un simple logiciel de dessin, qu’il utilise encore aujourd’hui.
Depuis 2017, ce personnage de base, sans cesse « habillé (et déshabillé) au gré des envies », nourrit une production très suivie sur Facebook et Instagram, qui lui vaut d’être repéré en 2018 par l’artiste Fullmano pour le fanzine Homothétie, s’ensuit des expos collectives, des solos à Paris et Bruxelles au sein du collectif P‑Arty.
Chez MÔH, le pixel‑art, longtemps associé aux jeux vidéo des débuts de l’art numérique, devient un langage charnel. Il y injecte « mignonnerie, charme, sensualité et érotisme (principalement masculin) » dans un style « plutôt naïf », aux poses académiques, décors soignés et couleurs vibrantes, traversés par « un brin de nostalgie des années 80 ». Le corps masculin y est « sublimé et magnifié », dans la lignée des artistes qui ont représenté la virilité « depuis l’Antiquité », sans militantisme revendiqué mais avec le désir de « rendre excitantes les images… sans tabou ». Si « ce sont essentiellement des garçons sexys et virils » qui peuplent ses compositions, l’artiste revendique aussi une parité totale dans son exposition Olympix‑L en 2024 et un bestiaire tendre où animaux et nature occupent une place importante.
Exposé dans des lieux LGBTQIA+ qu’il décrit comme « des espaces de liberté totale », MÔH cherche l’harmonie entre ses pièces et l’atmosphère des bars ou boutiques qui l’accueillent. Son travail repose sur « un long travail de minutie, de patience, de fatigue mais toujours avec un immense et réel plaisir », où chaque pixel devant trouver « sa bonne place » dans une image très pensée, laisse « très peu de place à la spontanéité ». Nourri par Rembrandt, De Vinci, Mucha ou Vasarely autant que par une constellation d’artistes suivis en ligne à l’instar de « 4nt_0n3 », « Alo_illustra », « Polleiro », « Marck Douglas » ou « Ego Rodriguez », il défend l’idée que « le Pixel‑Art n’est pas un art mineur », mais le digne héritier des mosaïques antiques, tapisseries médiévales ou premiers jeux vidéo.
En multipliant les supports, de l’impression classique aux clous sur cuir ou des strass sur du tissu, il dit vouloir « perpétuer cet Art magique » tout en « prônant toujours la Paix, l’Amour et la Fantaisie » et confie, amusé, que c’est grâce à lui qu’il « reste gamin ». A n’en pas douter !
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