Pourquoi la photographe Nan Goldin, célébrée au Grand Palais, parle autant aux queers ?

Julien Claudé-Pénégry

L’immense artiste américaine ne présente pas ses photos, mais pour une fois ses films, une plongée sans filer dans l’univers intime et sensible développé par Nan Goldin depuis les années 90.

Une photographie intime et autobiographique
Goldin ne photographie pas des inconnu.es, mais son entourage proche (ami.es, amant.es, elle-même). Son œuvre est un journal visuel brut et sans filtre, où elle capture la vie telle qu’elle est vécue : amour, sexe, disputes, fêtes et chagrins.

Son œuvre phare : The Ballad of sexual dependency (1986)
Ce diaporama de plus de 700 diapositives, accompagné d’une bande-son, est le cœur de son univers et l'œuvre qui l’a rendu célèbre. Il raconte la dépendance au sexe et aux drogues dans le New York et le Boston queer et underground des années 1970-80. Une ode à la vie doublée d’un chant funèbre.

Goldin et sa famille choisie
Drag queens, artistes, toxicomanes, personnes queer… Goldin documente avec empathie et tendresse les communautés invisibles et/ou stigmatisées. Ses images célèbrent la fluidité du genre, l’euphorie queer et la solidarité face à l’exclusion.

Un style cru mais vivant
Flash direct, couleurs saturées, flous assumés, cadrages désordonnés, Goldin rejette la perfection technique au profit de l’émotion et de la véracité. Ses photos, souvent mal éclairées et granuleuses, sont pleines de vérité et d’intensité.

L’engagement comme moteur principal
Addictions, violences domestiques (son célèbre autoportrait après une agression), sida (qui décime ses ami.es), morts et pertes traversent son travail. La photographie devient un outil de survie, de mémoire et d’activisme (notamment avec son combat sans merci contre les laboratoires pharmaceutiques responsables de la crise des opioïdes).

Nan Goldin : This will not end well, jusqu’au 21 juin 2026 au Grand Palais.

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