Fascinée par l’espace, une jeune femme rêve de devenir astronaute. Dans Alice au-delà des étoiles, chez Glénat, Kiko Urino utilise la conquête spatiale comme point de départ pour explorer des thèmes intimes comme l’identité et la difficulté à trouver sa place.

Alice est une “hafu”, née d’un parent japonais et d’un autre étranger. Cette double origine la place constamment entre plusieurs repères, sans jamais lui donner le sentiment d’être totalement légitime. L’œuvre s’appuie sur cette sensation d’entre-deux pour construire son personnage et plus Alice doute d’elle sur Terre, plus l’espace devient une projection possible, un lieu où tout semble encore à définir.
L’histoire change de rythme lorsqu’un camarade l’encourage à envisager sérieusement le métier d’astronaute. À partir de là, le récit ne se limite plus à un rêve lointain, il devient un objectif concret, avec des étapes et des exigences strictes pour y arriver. Entraînement physique, pression mentale, sélection, apprentissage scientifique, le manga montre que ce rêve n’a rien d’une échappée poétique. Il demande une discipline constante, qui oblige Alice à se confronter à ses limites autant qu’à ses doutes. C’est dans ce cadre qu’elle évolue et qu’elle apprend à se définir au delà du regard des autres : « J’ai encore changé. Et je vais certainement continuer d’évoluer ! ».
Le dessin accompagne ce parcours intérieur sans exagérer les émotions. L’espace n’est pas seulement un décor, il devient un espace mental, qui reflète l’isolement du personnage, mais aussi son envie d’avancer malgré l’incertitude. Le volume alterne ainsi entre récit d’apprentissage, réflexion sur l’appartenance et approche plus scientifique de la conquête spatiale.
À travers cette trajectoire, Alice au-delà des étoiles dépasse la simple idée de “trouver sa place”. Le récit pose une question plus précise où comment se construire quand on a le sentiment d’être toujours entre plusieurs mondes ?
Alice au-delà des étoiles de Kiko Urino, Ed. Glénat à 7€90
© 2026 Kiko URINO / SHOGAKUKAN
