Première femme trans à s’imposer derrière les platines, la DJ new-yorkaise milite pour les queers tout en nous faisant danser jusqu’au bout de la nuit.
L
a DJ et productrice Honey Dijon n’a jamais dévié de sa ligne : rendre hommage. À la club culture d’abord et des lieux devenus mythiques comme le Paradise Garage de Larry Levan, le Sound Factory de Junior Vasquez à New York, ou encore la Warehouse de Frankie Knuckles à Chicago. Des espaces où danser et militer ne faisaient qu’un. Mais aussi à la club music (soul, disco, house, techno) qui l’a façonnée autant socialement que spirituellement et politiquement.
Formée auprès de figures comme Derrick Carter ou Danny Tenaglia, Honey Dijon n’a jamais oublié ses années de galère, en tant que l’une des premières DJ femmes et trans. Avant de devenir aujourd’hui une artiste réclamée à corps et à cris par les plus grands festivals et les clubs les plus pointus du monde. On murmure même que ses cachets dépassent désormais ceux de Jeff Mills, légende de la techno de Detroit.
Passée à la production il y a quelques années, elle signe aujourd’hui The Nightlife, son troisième album, une déclaration d’amour à ses débuts dans la nuit new-yorkaise, ce refuge où elle s’est enfin sentie elle-même, libre, respectée, jamais jugée. Quatorze titres de house vocale pure, capables d’embraser un dancefloor comme d’accompagner une séance de gym à domicile, pensés comme un voyage à la fois onirique et politique dans la culture house et tout ce qu’elle doit aux queers.
Véritable star, et prodige, des platines, Honey Dijon étend désormais son aura bien au-delà des clubs. On la retrouve sur deux titres de Renaissance de Beyoncé, hommage incandescent à la club culture et ses racines queer. Elle apparaîtra bientôt dans un clip de Madonna, développe sa propre marque de mode inspirée par Keith Haring ou Robert Mapplethorpe. Égérie pour Calvin Klein, elle a aussi mixé pour le premier défilé de Matthieu Blazy chez Chanel, squatte les front rows, et a récemment été invitée par la Tate à Londres pour partager sa vision de la musique, de l’art et de la mode.
Honey Dijon, plus incontournable que jamais, n’oublie jamais de rendre hommage à ceux et celles qui ont lutté pour qu’elle puisse être l’idole qu’elle est aujourd’hui. Et c’est pour ça qu’on l’aime autant.
