Monsieur K fête 25 ans de carrière

Luc Biecq

Figure de proue du renouveau du cabaret interlope en France, Monsieur K se définit comme une créature. Artiste associé au Manège, scène nationale de Reims et au centre chorégraphique de Caen, il revient sur un parcours jalonné de succès, juste avant d’entamer sa tournée.

Vous parlez de votre personnage comme d’une créature, pourquoi ?
J'ai toujours dit que je n'étais ni travesti ni drag-queen. Le mot créature, ­— c’est celui de Jean-Marie Rivière qui était le directeur de l'Alcazar est le plus adapté. C'est celui que j'avais imposé chez Madame Arthur quand j'en étais le directeur artistique : il est à un endroit où se rejoignent l'étrangeté, le rêve et le cauchemar, ça peut être une chimère, monstrueuse ou non. J’aime aussi le mot interlope, parce que je suis plutôt dans la marge.

 

Vous souvenez-vous de ce qui vous a poussé à créer le personnage de monsieur K ?
Je faisais un spectacle autour de Karl Valentin et je m’étais interdit d’écouter Kurt Weill. Jusqu’au jour où j’ai tout écouté et je me suis pris une claque dans la figure monumentale : je voulais absolument chanter ça. Je me suis rappelé ce personnage que j'avais créé avec un chapeau haut de forme, ça a commencé comme ça. Puis, grâce à Tom de Pékin, j'ai rencontré les créatures du cabaret alternatif, à l'occasion des U.E.E.H. (Université d'été Euro-méditérannéenne des Homosexualités).

 

Vous avez participé à la relance de Madame Arthur, puis lancé des cabarets comme Le secret et aujourd’hui La barbichette, dans des lieux alternatifs et des scènes nationales. En quoi est-ce différent ?
C'est le public qui est l'endroit important pour faire du cabaret : c'est un partenaire très fort, un acteur même s’il est parfois plus passif qu’actif. Quel que soit le lieu, je veille à ce qu’il y ait une installation ou une résonance cabaret, pour que la soirée soit extraordinaire, c'est indispensable dans mon travail.


Les spectacles que vous proposez sont drôles, sexy, tendres et engagés. Que diriez-vous à quelqu'un qui n’en a jamais vu ?
Depuis le départ, j'ai toujours imaginé le cabaret comme une forme de divertissement très particulière. C’est un outil pour parler de choses peut-être un peu plus durs qui, avec les paillettes, le masque, le maquillage peuvent être un peu provocatrices mais aussi très belles. Faire du cabaret un divertissement intelligent, c'est provoquer, susciter, développer, démontrer des choses qui peuvent être de l'ordre de la critique sociale, du politique, de notre grande solitude sociétale. Le cabaret pose des questions au public, nous sommes toujours à sa disposition pour lui répondre à la fin du spectacle. Il utilise les règles et les codes du spectacle pour mieux les détourner, le cabaret est très très désobéissant.

Monsieur K. 25 Ans et toujours adorable...
Retrouvez toutes les dates de tournée sur : www.labarbichettecabaret.com

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