Sortir du chemsex par le soin, pas par la prison

Julien Claudé-Pénégry

L’association AIDES, via sa revue Remaides, vient de lancer un pavé dans la mare : la politique répressive actuelle face au chemsex est un échec total sur le plan sanitaire. Alors que ces pratiques se multiplient, la pénalisation de la consommation de drogue apparaît aujourd'hui comme le principal verrou bloquant l'accès à la prévention et au soin.

Le constat des acteurs de terrain est sans appel : la peur du gendarme tue. En criminalisant les usagers, on les pousse vers un isolement dangereux. Craignant des sanctions pénales ou le jugement des institutions, de nombreux « chemsexeurs » préfèrent fuir les structures de santé, retardant ainsi la prise en charge de complications graves comme les addictions, les overdoses ou les infections. Comme le rappelle fermement la publication, « punir ne prévient pas, cela fragilise ».

Il est temps de briser ce mur du silence et de changer de paradigme. L’objectif défendu est de substituer une logique sécuritaire inefficace par une véritable politique de réduction des risques. En dépénalisant l'usage, l'enjeu est de transformer le consommateur clandestin en un sujet de santé publique à part entière. Seul un accompagnement humain et médicalisé, débarrassé de la menace judiciaire, pourra garantir une protection efficace et digne pour tous les citoyens.

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