Tribune anti-GPA d’Aurore Bergé : l’APGL dénonce « de la com »

Xavier Héraud

En réponse aux propos de Gabriel Attal sur une éventuelle « GPA éthique », la secrétaire d'État Aurore Bergé a publié une tribune appelant à maintenir l'interdiction de la gestation pour autrui. Une prise de position que Dominique Boren, de l'APGL, juge avant tout politique et déconnectée des réalités vécues par les familles concernées.

 

C’est la réponse d’Aurore Bergé (photo ci-dessus) à Gabriel Attal. Dans Le Parisien, l’ancien Premier ministre, candidat à l’élection présidentielle, a déclaré qu’il ne fallait pas « occulter » le débat sur une GPA éthique.

Dans Ouest-France, l’actuelle secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations publie une tribune pour affirmer que la GPA éthique n’existe pas.

Parmi les signataires figurent des personnalités de droite comme Xavier Bertrand, Rachida Dati ou David Lisnard, opposants de longue date aux droits des personnes LGBT+. On y trouve également des personnalités issues de la gauche, comme Manuel Valls ou Laurence Rossignol, qui, lorsqu’ils étaient respectivement Premier ministre et ministre des Familles sous François Hollande, avaient contribué à l’abandon du projet d’ouverture de la PMA en 2014. Celle-ci sera finalement adoptée sous Emmanuel Macron en 2021.

La tribune se veut non jugeante à l’égard des familles ayant un désir d’enfant. « Nous ne disqualifions personne de la capacité à aimer un enfant, l’élever, en être le parent. Le sujet n’est pas de savoir quelles familles nous acceptons. Nous les acceptons toutes. » Mais... « La question est ailleurs : avons-nous le droit de mettre le corps des femmes à la disposition du désir d’autrui ? Notre réponse est non », poursuit le texte.

Pour justifier cette position, les signataires dénoncent un « système organisé autour d’une logique d’offre et de demande où prospèrent agences et intermédiaires, dans lequel les femmes qui portent les enfants des autres sont rarement celles qui détiennent le pouvoir »

Sur la protection des enfants nés par GPA à l'étranger le texte veut ménager la chèvre et le chou — du moins en apparence : « Leur protection n’est pas négociable. Mais protéger un enfant et ses droits ne signifie pas valider le contrat qui l’a précédé.» 

La tribune s’appuie notamment sur un rapport de Reem Alsalem, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la violence contre les femmes et les filles. Publié en juillet 2025, ce rapport recommande une interdiction mondiale de la GPA. Il n’a toutefois été adopté ni par l’Assemblée générale ni par une autre instance des Nations unies et ne saurait donc être considéré comme une position officielle de l’organisation. Les opposants à la GPA s’en sont néanmoins largement saisis.

« Des seconds couteaux »
Contacté par téléphone, Dominique Boren, de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), dénonce « de la com ».

Le militant ne se montre guère impressionné par la liste des signataires : « À l’exception d’Aurore Bergé et de Xavier Bertrand, ce ne sont que des seconds couteaux ou des gens qui ne sont plus dans la course. »

Sur le fond, estime Dominique Boren, « cette tribune ne ressasse que des préjugés et des idées reçues et jamais ne s’interroge vraiment sur les raisons pour lesquelles ces GPA ont lieu. Elle se contente de réaffirmer une interdiction de principe qui relève davantage d’une posture défensive que d’une position véritablement réfléchie ».

« Ce qui est choquant, poursuit-il, c’est qu’Aurore Bergé, en tant que ministre chargée de l’Égalité et de la Lutte contre les discriminations, alimente la machine anti-GPA, qui va forcément stigmatiser les parents qui y ont recours, et surtout les enfants. Dans sa fonction, elle est en faute. »

Le militant explique également que, concernant l’obtention des papiers pour les enfants nés par GPA, « la machine se crispe à nouveau » : « Personne dans ce gouvernement — Aurore Bergé la dernière en date — ne veut entendre que les enfants nés par GPA sont bloqués dans l’obtention de leurs papiers parce que l’administration demande à leurs parents des documents qui n’existent pas, qui sont impossibles à produire ou qui ne sont tout simplement pas nécessaires. »

Photo : Xavier Héraud

 

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