
Le 7 juillet 2026, le président de la République Emmanuel Macron a officiellement proposé de nommer le sénateur Les Républicains (LR) et ancien ministre François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits. Cette décision suscite une vague d'indignation inédite au sein du tissu associatif et de la société civile. À l'instar des associations LGBTI+ comme l'Inter-LGBT et de structures de santé engagées telles que le collectif TRT-5 et l’association AIDES, nous affirmons haut et fort notre opposition absolue à ce choix politique. Confier cette autorité constitutionnelle à une figure historique de la droite conservatrice représente un contresens moral et un recul majeur pour l'État de droit.
Le Défenseur des droits a pour mission fondamentale de protéger les citoyens face aux abus et de lutter activement contre toutes les formes de discriminations. Or, le parcours législatif de François-Noël Buffet démontre des prises de position constantes à l'opposé des luttes pour l'égalité des droits :
Opposition historique aux droits conjugaux et parentaux : le sénateur a milité activement contre la loi Taubira ouvrant le mariage pour tous (allant jusqu'à réclamer son abrogation dès 2013) et a voté contre la PMA pour toutes les femmes.
Votes hostiles aux transitions et à la santé : en 2024, il s'est illustré en votant en faveur de la loi dite « anti-trans ».
Freins aux libertés fondamentales des femmes : il s'est ouvertement opposé à la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
Dans un communiqué de presse incisif publié le 8 juillet 2026, l'Inter-LGBT fait part de sa vive consternation : « Le parcours de ce sénateur et ses précédentes positions en défaveur du mariage pour tous, de la PMA pour toutes les femmes, des personnes migrantes et roms, ou de constitutionalisation de l’IVG affaiblit la crédibilité du Défenseur des Droits et contribue à détruire la confiance des français en nos institutions. »
Un profil incompatible avec l'institution
Au-delà des questions purement LGBTQ+, le profil hautement sécuritaire et conservateur de François-Noël Buffet menace directement l’essence même de l'institution. En tant que spécialiste des questions migratoires au Sénat, il a soutenu des mesures de durcissement drastiques, notamment la restriction de l'Aide médicale d'État (AME), mettant en péril l’accès à la santé des plus démunis — une dérive fermement dénoncée par le monde de la santé communautaire et le collectif TRT-5 (via AIDES).
De plus, l'Inter-LGBT rappelle un calendrier particulièrement cynique, soulignant le risque majeur vis-à-vis des violences institutionnelles : « Nous rappelons également que le Défenseur des Droits est en charge de la déontologie des forces de l'ordre, ce qui constitue un autre signe délétère en matière d'état de droit le jour même du vote de la présomption de légitime défense pour les policiers et gendarmes faisant usage de leur arme. »
Pour l'Élysée, nommer une personnalité qui a combattu l’avancée des droits civiques est perçu comme une manœuvre purement politicienne, traduisant un « mépris que l’Élysée porte aux personnes LGBTQIA+ et au monde associatif en général ».
Faire pression de toute urgence
La nomination de François-Noël Buffet n'est pas encore gravée dans le marbre. En vertu de l'article 13 de la Constitution, le candidat proposé par le chef de l'État doit obligatoirement être auditionné, puis validé par les commissions des Lois de l'Assemblée nationale et du Sénat. Les parlementaires ont le pouvoir de bloquer ce projet si une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés s'y oppose.
C’est pourquoi une mobilisation générale et immédiate est indispensable :
Une responsabilité immense pour les parlementaires : les députés et sénateurs doivent rejeter cette candidature pour préserver l'indépendance de cette autorité administrative face au pouvoir exécutif.Accepter François-Noël Buffet reviendrait à affaiblir durablement la voix et la diplomatie de la France à l'échelle internationale en matière de droits humains.
Une urgence démocratique pour les citoyens : déjà, plus de 107 000 citoyennes et citoyens ont signé la pétition unitaire initiée par des dizaines d’organisations (parmi lesquelles la Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la magistrature, AIDES ou l'Inter-LGBT). Chaque citoyen doit interpeller ses élus locaux.
Le Défenseur des droits est le dernier recours gratuit et accessible pour les victimes de discriminations : nous ne pouvons pas laisser ses clés entre les mains de l'un de leurs opposants historiques.
Nous refusons de voir les droits des minorités et des personnes vulnérables sacrifiés sur l'autel des négociations politiques. Faisons bloc pour barrer la route à cette nomination.
